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KENYA
Parcourir des mètres au lieu des kilomètres pour puiser de l’eau
Protus Onyango

NAIROBI , 17 jan (IPS) - Au Kenya, à la fois dans les zones rurales et urbaines, des familles parcourent souvent 30 kilomètres ou plus pour collecter l'eau des rivières ou des puits. Mais grâce à des projets d'entraide soutenus par des organisations non gouvernementales, certaines communautés parviennent à des solutions.

Plus de 80 pour cent de la population de ce pays de 40 millions d’habitants n'ont pas accès à l'eau potable, selon l'Organisation mondiale de l'eau.

Ceux qui vivent dans les régions sèches du nord ou de l'est et dans des parties de la Rift Valley passent des jours à chercher de l'eau pour l’usage domestique et pour leur bétail, leur principal soutien économique. Des bagarres au niveau des points d'eau sont monnaie courante puisque les femmes, hommes, enfants et animaux luttent pour le peu d'eau disponible. Et les femmes, qui restent longtemps au dehors à chercher de l'eau, risquent de se faire violer.

"Le manque d'eau au Kenya est associé au fort taux de mortalité chez les enfants de moins de cinq ans, qui est principalement due aux maladies d’origine hydrique telles que la diarrhée, le paludisme et la dysenterie amibienne. La contamination par des matières fécales humaines et animales provoque aussi des maladies liées à l’eau", a expliqué à IPS, Dr Yoram Mwangi au 'Moi Teaching and Referral Hospital' (Centre hospitalier universitaire et de référence Moï) d’Eldoret.

La majorité des Kényans sont obligés de s'accrocher au peu d’eau dont ils disposent pour la cuisine, et se privent d'autres choses comme la lessive. "Se laver et faire la lessive constituent un problème. Nous passons même trois jours sans prendre une douche, parce que l'eau est chère. En fait, plus chère que la nourriture", a déclaré à IPS, Gaudensia Achieng, originaire du village de Kondele, non loin de la ville de Kisumu, sur les rives du lac Victoria.

Paradoxalement, le lac Victoria est le deuxième plus grand lac d'eau douce au monde.

Le ministère de l'Eau et de l'Irrigation a transféré la gestion et le fonctionnement des services d'eau aux 'Water Services Boards' (Conseils des services de l’eau) en 2005. Le ministère et le gouvernement dans son ensemble ont été accusés pour leur incapacité à résoudre le problème par l’adoption de politiques visant à fournir de l'eau potable.

"Le gouvernement devrait recueillir l'eau de pluie, qui est perdue pendant la saison des pluies, et l'utiliser à des fins domestiques et agricoles", a indiqué à IPS, Dr Martin Keya, qui enseigne la conservation à l'Université Jomo Kenyatta d'agriculture et de technologie. "Il devrait également conserver ses châteaux d'eau, qui sont quotidiennement érodés, et décourager le morcellement des terres qui épuise le sol et pousse la population à s'installer dans les forêts".

Il a ajouté que le gouvernement devrait former les personnes nomades en irrigation, leur fournir des intrants agricoles comme l’engrais et des semences pour embrasser l'agriculture, et travailler avec des organisations non gouvernementales (ONG), des organisations communautaires et d’autres groupes d'entraide pour creuser des puits artésiens à travers le pays afin de résoudre le problème.

Un puits artésien communautaire change des vies

C'est grâce à l'intervention d'une de ces ONG, 'ActionAid-Kenya', que toute une division de la région de la Rift Valley a de l'eau et ses habitants ont embrassé l'agriculture. La joie qui se lit sur le visage de Loice Kitilil, l'un des habitants de la division, montre que sa vie a changé pour le mieux.

Finie l'époque où elle devait parcourir jusqu'à 20 kilomètres pour chercher de l'eau avec son enfant perché sur son dos. Fatiguée des dures conditions auxquelles sont confrontées les femmes dans la division de Tangulbei à 'East Pokot', Kitilil s’est associée avec 27 autres femmes et 22 hommes pour fonder le projet d’eau communautaire de Kadokoi en 2009. Tangulbei est une zone aride dans la région de la Rift Valley au Kenya, à environ 350 km de Nairobi, la capitale.

La division de Tangulbei abrite 40.000 habitants. Les divisions et les districts sont des unités administratives au Kenya.

Une sécheresse dans la région a récemment tué des gens et le bétail. Les habitants sont des pasteurs nomades qui dépendent du bétail pour leurs moyens de subsistance. Les femmes ne sont pas autorisées à posséder des biens et sont censées rester à la maison pour mettre au monde des enfants et effectuer des travaux domestiques.

C'était les conditions de vie difficiles ainsi que l'incapacité du gouvernement à mettre en œuvre des politiques de l'eau et agricoles solides qui ont poussé le groupe, à travers son comité présidé par Philemon Akwija, à contacter 'ActionAid-Kenya' et lui demander de l'assister à résoudre leur problème d'eau en les aidant à creuser un puits artésien.

'ActionAid' a répondu en leur creusant un puits artésien et en leur fournissant un réservoir d'eau et des panneaux solaires, tandis que les membres du groupe ont fourni des pierres, du sable et du ballast pour la construction. Puis, comme une manne tombée du ciel, plus de 3.000 familles étaient toutes souriantes lorsqu’elles étaient en mesure de puiser de l'eau potable, en 2009.

"C'était comme un miracle pour moi. Je ne pouvais pas croire que désormais, je pourrai marcher sur 20 mètres pour aller chercher de l'eau, au lieu des 20 km que j’avais l'habitude de parcourir plus tôt", a affirmé Julia Motii, directrice du groupe.

Cultiver des produits agricoles frais au goutte-à-goutte

Mais les "miracles" ne se sont pas arrêtés là. Au début de 2011, des agents de 'Farming System Kenya' (Système agricole au Kenya), une ONG locale spécialisée dans l'agriculture, sont venus avec d’autres bonnes nouvelles. Ils ont dit au groupe qu'il pouvait également utiliser l'eau en s'engageant dans l'irrigation.

"Nous ne savions rien sur l'agriculture, mais les agents de 'ActionAid' et de 'Farming System Kenya' nous ont enseigné des notions agricoles de base et nous ont conseillé d'adopter l’irrigation goutte-à-goutte qui, selon eux, était adaptée à notre région. Nous avons ensuite réuni des fonds pour louer un tracteur pour labourer trois hectares à proximité du puits artésien. Nous avons maintenant embrassé l'agriculture", a déclaré à IPS, William Akeno, vice-président du groupe.

Les membres du groupe ont ensuite reçu des semences du gouvernement pour créer une pépinière de semences. Leur ferme renferme aujourd’hui du chou, des tomates et des oignons frais.

"Nous avons commencé à récolter nos cultures le mois dernier. Nous sommes les seuls fournisseurs d'oignons, de tomates et de chou dans toute la division. Nous nous faisons en moyenne Ksh700 (8,25 dollars) par jour. Alternativement, nous vendons ou donnons gratuitement des légumes à nos membres", a indiqué Motii. (FIN/2012)

 

 

 

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