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MALI
L’armée engagée dans un combat contre un groupe armé au nord
Soumaila T. Diarra

BAMAKO, 17 jan (IPS) - Des affrontements ont opposé l’armée malienne à des hommes armés, mardi à Menaka, dans le nord-est du Mali. Ces combats surviennent dans un contexte de violences que certains attribuent à Al Qaïda au Maghreb islamiste (AQMI), qui détient cinq Occidentaux en otage dans cette zone.

Mais, d’autres sources attribuent les attaques de ce mardi contre l’armée malienne à un groupe de rebelles touaregs revenus de Libye avec des armes. Le gouvernement malien n’a fait aucune déclaration officielle, pour l’instant, sur ces affrontements.

La bataille de Menaka a été confirmée à IPS par Oumar Touré, un habitant de Gao, une ville du nord du pays. «Les affrontements ont commencé vers 5 heures du matin selon plusieurs témoignages. Nous avons peur ici car nous ne pouvons pas joindre nos proches qui sont à Menaka, et d’autres localités peuvent être attaquées», a déclaré Touré.

Depuis décembre 2011, le nord du Mali connaît des actes sporadiques de violences. La destruction récente de plusieurs bâtiments - en construction dans certaines localités - était imputée à AQMI.

Cette situation dans la région s’ajoute à la naissance d’un mouvement jihadiste touareg appelé «Ansar Eddin», né dans l'Azawad (nord du Mali) sous la direction d’Iyad Ag Ghali, un ancien diplomate qui revendique l’application de la charia (loi islamique).

Selon Chahana Takiou, un journaliste basé à Bamako, la capitale malienne, Ag Ghali, qui était consul général adjoint du Mali en Arabie Saoudite, a été expulsé par les autorités saoudiennes en raison de ses relations avec des groupes terroristes.

La naissance de ce mouvement jihadiste malien pourrait renforcer AQMI. Cette organisation islamiste armée d'origine algérienne était, avant le 25 janvier 2007, connue sous le nom de Groupe salafiste pour la prédication et le combat. Son affiliation au réseau Al-Qaida aurait obtenu l'approbation de l’ancien chef Oussama Ben Laden.

Grâce à l’aide extérieure, le Mali a entrepris d’investir depuis août 2011 quelque 32 milliards de francs CFA (environ 64 millions de dollars) pour la construction de 11 sites de sécurité, de justice et de centres commerciaux dans les régions de Kidal, Tombouctou et Gao. Mais, ces investissements qui entrent dans le cadre du Programme spécial pour la paix, la sécurité et le développement du nord (PSPSDN), n’est pas le bienvenu dans ces zones instables où les prises d’otages sont courantes.

Interrogé par IPS au téléphone, Ahmed Yattara, un habitant du village d’Abeïbara, dans le nord du Mali, se dit convaincu que ces chantiers sont détruits par AQMI. «Ce sont les militants d’Al Qaïda qui ont détruit le chantier de la construction de la caserne d’In Halil, le 30 décembre dernier», a affirmé Yattara.

Pourtant, la destruction de ce chantier, qui a fait suite à d’autres actes de sabotage du même genre, n’a pas été revendiquée, selon les autorités. «Deux pick-up à bord desquels se trouvaient des éléments non encore identifiés ont chassé les travailleurs qui se trouvaient sur le chantier et ont, avec des dynamites, fait sauter plusieurs bâtiments», a déclaré le commandant Abdoulaye Macalou, chargé de la communication du PSPSDN.

Une partie de la presse locale aussi soutient qu’AQMI est derrière les attaques contre les chantiers. «Tant que le PSPSDN n’impliquera pas les porteurs d’uniformes, les chantiers continueront à sauter», a écrit le journaliste Takiou dans un article publié le 9 janvier, dans le journal "22 Septembre".

En dehors du chantier attaqué à la dynamite à In Halil, le PSPSDN a de sérieuses difficultés avec les proches d’AQMI, notamment à Abéïbara. «Même les élus locaux, qui ont voulu mettre tout leur poids dans la balance en faveur du chantier, ont vu leurs propositions rejetées par les plus radicaux des islamistes qui résident dans cette localité», a souligné Takiou.

A Abeïbara, le projet prévoit la construction d’une caserne militaire, d’une compagnie de la Garde nationale et d’une brigade de la gendarmerie. Il est également prévu la réalisation d’un marché, une aire de vaccination pour le bétail, une banque de céréales, un barrage de retenue d’eau, la rénovation des locaux du cercle et la clôture de l’école.

Les sites de sécurité en construction entrent dans le cadre de la politique nationale de lutte contre l’insécurité et le terrorisme dans le nord du Mali. «Depuis de longues années, nos insuffisances en matière de développement et de gouvernance ont été exploitées par des sources opportunistes et nuisibles», a déclaré le président malien, Amadou Toumani Touré, lors du lancement du programme en août dernier.

Face à toutes ces menaces, l’armée malienne a récemment renforcé sa présence dans la région. Selon le commandant Macalou, pour compléter le dispositif de sécurisation des populations et des activités de développement, il sera réalisé un régiment de l’armée de terre, un groupement et six compagnies de la Garde nationale, quatre brigades de gendarmerie, deux commissariats de police et une maison d’arrêt et de correction. (FIN/2012)

 

 

 

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