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DROITS
Retourner aux enfants soldats soudanais leur enfance
Andrew Green*

JUBA, 17 avr (IPS) - Comme le processus de réintégration des enfants soldats du Soudan du Sud dans leurs vies anciennes commence bientôt, le renouvellement de l’engagement caduc de l'Armée de libération du peuple soudanais (SPLA) à libérer tous les enfants de ses rangs en mars, pourrait signifier que dans deux ans les enfants ne feront plus partie des groupes de milices dans le pays.

La SPLA, qui est l'aile militaire du parti politique sud-soudanais, le Mouvement populaire de libération du Soudan, est l'une des quelques forces armées nationales restantes au monde, sur la liste des parties en conflit des Nations Unies, qui recrutent et utilisent des enfants soldats.

Le Fonds des Nation Unies pour l'enfance (UNICEF) estime qu'ils sont 2.000 enfants soldats au Soudan du Sud. Bien qu'aucun ne soit au sein de la SPLA officielle, ils sont affiliés à des groupes de milices qui ont obtenu des amnisties du gouvernement et sont en train d’être intégrés dans l'armée nationale.

Si la SPLA suit le plan d'action qu'elle a élaboré et signé - retirer tous les enfants soldats des milices et œuvrer à leur donner des possibilités d'éducation et de formation - le pays pourrait être rayé de la liste dans deux ans.

Toutefois, pour les enfants soldats, le processus de réintégration pourrait prendre beaucoup plus de temps, puisqu’ils fréquentent des écoles ou acquièrent des compétences qui fourniront d'autres opportunités pour refaire leur vie en dehors des casernes.

Le processus débutera, selon Fatuma H. Ibrahim, le chef de l'unité de protection des enfants à l'UNICEF, au Soudan du Sud, par l’identification et l’assurance d’une libération formelle de tous les enfants soldats. Sur leur chemin de sortie, ils recevront des vêtements civils, parce que "ce qui est militaire reste avec l'armée", a-t-elle indiqué.

Ces jeunes, dont l’âge est compris entre 12 et 18 ans, subiront quelques séances de thérapie de groupe avec des personnes travaillant dans l’assistance sociale pour essayer de comprendre comment ils sont arrivés à rejoindre les milices et pour parler de toutes les violences qu’ils ont connues.

Elle a indiqué qu'ils seront environ un pour cent qui "auront vraiment besoin d'une prise en charge clinique", bien que leurs options soient limitées dans un pays ayant peu de ressources psychiatriques. "C'est un très gros problème. La plupart reçoivent des comprimés, et c'est tout".

Les membres de la famille rencontreront également les personnes travaillant dans l’assistance sociale pour discuter de la réintégration et garantir que les enfants seront accueillis et découragés de rejoindre de nouveau des milices.

"Les parents doivent être prêts à les recevoir", a déclaré Ibrahim. Dans certaines communautés au Soudan du Sud, cela comprend une cérémonie de transition symbolique.

Dans un pays qui connaît la guerre depuis plus de deux décennies, l'armée est souvent l'une des quelques opportunités économiques viables pour les jeunes hommes. Bon nombre des enfants que l'UNICEF et ses partenaires retirent des rangs ont suivi ce modèle – en quête d'un poste auprès d’une milice pour assurer une certaine sécurité financière pour eux-mêmes et leurs familles.

L’un des grands défis de l'UNICEF, c’est la fourniture d’opportunités qui dissuadent les enfants soldats retirés des rangs de milices d’y retourner. Après les nouvelles séries de libération, les jeunes auront l'occasion de choisir entre aller à l'école, pour lequel bon nombre des plus jeunes opteront, a expliqué Ibrahim, ou apprendre un métier.

Les limites du marché d'emplois du pays signifient que les jeunes plus âgés sont encouragés à acquérir des compétences comme la menuiserie, qui est de plus en demandée dans les villes à croissance rapide. Dans l'avenir, ils seront formés dans deux métiers, au cas où le premier ne se révèle pas vendable.

L'UNICEF et d'autres organisations s'emploient également à fournir des incitations afin d’éviter aux enfants soldats d’être enrôlés de nouveau. Ibrahim a indiqué un projet d'élevage, dans lequel d’anciens enfants soldats reçoivent une chèvre à élever.

Pour que le programme marche, a-t-elle affirmé, les incitations doivent "être significatives".

Le nouveau plan d’action du Soudan du Sud a été officiellement signé le 16 mars par le ministère de la Défense du pays, la Mission des Nations Unies au Soudan du Sud (UNMISS), l'UNICEF et la représentante spéciale du secrétaire général pour les Enfants et les conflits armés, Radhika Coomaraswamy.

Depuis son indépendance l'année dernière, le Soudan du Sud voit des violences sporadiques éclater à travers le pays. Dans le nord, il y a des hostilités en cours avec le Soudan. Et différentes parties du pays - en particulier l'Etat de Jonglei - ont connu un conflit intertribal constant par rapport aux droits fonciers et au bétail.

Coomaraswamy a déclaré que la plupart des enfants soldats du pays se trouvent dans le nord, où les violences ont été plus constantes.

Le Soudan du Sud a été mis sur la liste de l'ONU bien avant son indépendance en juillet 2011. Incarnation première de la SPLA – le Mouvement populaire de libération du Soudan - était l'un des groupes originaux inclus lorsque la liste a été dressée en 2002.

*Andrew Green a fait ce reportage depuis le Soudan du Sud grâce à une bourse de 'International Reporting Project', un programme indépendant de journalisme basé à Washington, D.C. (FIN/2012)

 

 

 

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