Inter Press Service News Agency
16:24 GMT    
   Accueil
   Afrique Australe
   Afrique Centrale
   Afrique de l'Est
   Afrique
            de l'Ouest
   Droits de
            l'homme
   Développement
   Environnement
   Population
   Santé
   Education
   Finance
   Politique
   Energie
   Culture
 
 
   ENGLISH
   ESPAÑOL
   FRANÇAIS
   ARABIC
   ČESKY
   DEUTSCH
   ITALIANO
   JAPANESE
   MAGYAR
   NEDERLANDS
   POLSKI
   PORTUGUÊS
   SRPSKI
   SUOMI
   SVENSKA
   SWAHILI
   TÜRKÇE
RSS / SML
PrintSend to a friend

CHANGEMENT CLIMATIQUE
Des efforts vains sans volonté politique en RD Congo
Raissa Muadi*

KINSHASA, 12 mai (IPS) - Comme tous les pays au monde, la République démocratique du Congo (RDC) n’est pas épargnée par les changements climatiques. Et cela, bien que le pays ait la chance d’avoir sur son sol une forêt considérée comme l’un des deux poumons de la planète: la forêt tropicale dite vierge.

Il y a généralement deux saisons en RDC: la saison sèche, caractérisée par l’absence générale de pluie et de basses températures; et la saison pluvieuse, qui dure plus longtemps. Ce pays est désormais confronté aux inversions de températures pendant la saison sèche. Contrairement à une décennie, il y fait beaucoup plus chaud.

De multiples facteurs causent ces mutations climatiques dont la déforestation. La division de la climatologie de l’agence nationale de météorologie et de télédétection par satellite (Mettelsat) estime que le déboisement est une des principales causes du changement climatique en RDC.

L’administrateur directeur technique de la Mettelsat, M. Mavakala, pense aussi que le charbonnier a sa part de responsabilité dans cette situation. Mais il affirme qu’il est irréaliste de demander au charbonnier d’arrêter de couper les arbres parce que c’est son gagne-pain. Et comme il ne se trouvera personne pour le former à un autre métier ou pour lui trouver un autre emploi, il continuera à fabriquer du charbon, malgré les interdits et les conséquences sur l’environnement. Et ce n’est pas seulement par nécessité, mais c’est aussi un acte culturel.

Si les Congolais semblent ignorants du phénomène de changement climatique, ils savent néanmoins qu’il fait plus chaud. Justin Ray, un habitant de la commune de Bandalungwa dans la capitale Kinshasa, se plaint de l’atroce chaleur et déclare ne plus pouvoir la supporter. Et partout, c’est la même rengaine. D. Saïdi, une fonctionnaire se dit improductive au travail car elle somnole du fait qu’elle dort mal la nuit à cause de la canicule.

Le service de climatologie de la Mettelsat relève aussi des inondations ça et là dans le pays, dus à la déforestation et à l’érosion subséquente. Mavakala essaie de mener campagne pour rappeler aux Congolais que les arbres sont importants car ils absorbent l’eau de pluie. «Il serait souhaitable que chaque individu verdisse le terrain qu’il occupe. Même les feuilles mortes retiennent l’eau», souligne-t-il.

Adèle Edundu, directrice financière au Fonds forestier national, déclare qu’il est possible de changer la mentalité congolaise. «S’il est vrai que l’on ne peut vivre sans bois, quand on coupe un arbre, il faut en planter un autre. C’est faisable et ce n’est pas là que réside le problème», dit-elle. «Bien que notre mission soit de financer le reboisement et de prendre des actions menant à la reconstruction du capital forestier, nous n’avons pas suffisamment de fonds pour le faire. De ce fait, intégrer le citoyen congolais à notre action restera toujours théorique», déplore-t-elle.

La volonté politique fait également défaut dans cette lutte contre les effets du changement climatique. La Mettelsat collabore certes avec le ministère de l’Environnement. Mais les efforts pour vulgariser des informations importantes semblent sans grande portée dans le public.

La population accuse aussi les dirigeants de mal gérer le secteur énergétique, grandement alimenté par l’eau. Les perturbations du cycle hydraulique entraînent des délestages qui empêchent les Congolais de vivre décemment. A cela, il faut ajouter une hygiène rendue pauvre en raison du manque d’eau.

De nombreux Congolais se plaignent d’allergies tandis que les asthmatiques souffrent davantage en raison de l’instabilité et des variations de températures. Face à cette situation, la Mettelsat s’avoue pratiquement impuissante.

La Mettelsat tente d’influencer les décideurs sur les mesures à prendre pour stopper toutes ces souffrances, soit par la construction de grands caniveaux pour absorber les averses torrentielles et les inondations, soit en se remettant à planter des arbres là où c’est possible de le faire pour lutter contre le déboisement.

Toutefois, tenter de remédier aux effets des changements climatiques en RDC devrait être l’affaire de tous les Congolais. Des efforts peuvent être fournis individuellement, mais ils n’aboutiront à rien sans une volonté politique effective.

*(Raissa Muadi est journaliste en RD Congo et a écrit cet article pour 'Gender Links', une ONG d’Afrique australe qui lutte pour l’égalité de genre. Cet article est publié en vertu d'un accord de coopération entre Gender Links et IPS). (FIN/2012)

 

 

 

  Dernières Nouvelles
News in RSS
OUGANDA: Ramener à l’école les enfants engagés dans le travail
KENYA: Une fille qui ne pouvait pas être bergère sauve désormais des vies
RD CONGO: Un exil de 20 ans oublié pour les réfugiés congolais au Rwanda
ETHIOPIE: Saisir des terres pour fournir de l’électricité à la Corne de l’Afrique
AFRIQUE: Les paysans réclament leurs terres à la multinationale Bolloré
CUBA: Le changement climatique cause la propagation de plantes envahissantes
KENYA: Les champs de fleurs ne sont pas une partie de plaisir
SWAZILAND: Des semences qui combattent la sécheresse
DEVELOPPEMENT: La sécurité alimentaire sous le feu des projecteurs pour l'après 2015
Q&R: Des émeutes et le riz en Afrique
A lire également >>
 
  Actualité internationale
MALI: Urgence d’une réforme politique alors que la France se retire, selon un rapport
LIBYE: Le trafic de drogue est en hausse
KENYA: Au Kenya, des hommes contre les mutilations génitales féminines
JUSTICE-INDE: Viol en Inde : les uns réclament la mort, les autres la justice
MOYEN-ORIENT: Creuser pour l’eau, mais découvrir du pétrole
MOYEN-ORIENT: Un sommet de l’eau pour résoudre les pénuries
ENVIRONNEMENT-SPORT: Les archéologues chiliens soulignent les dégâts écologiques du rallye Dakar
FEMMES-ETATS-UNIS: Les Etats-Unis pressés de ratifier un important traité sur les ...
SAHARA OCC.-MAROC: "Le Sahara Occidental est la Palestine du Maroc"
CLIMAT-ANTIGUA: L'île se prépare pour les conséquences de la super-tempête Sandy
A lire également >>
 
 More News
News in RSS
Leasehold Forestry Brings a New Lease on Life
FAO Highlights Inseparable Links Between Food and Water
The Great Water Challenge
Border Weakens Between Bombs and Cherries
Rebuilding Zimbabwe’s Health System
More >>