Inter Press Service News Agency
13:28 GMT    
   Accueil
   Afrique Australe
   Afrique Centrale
   Afrique de l'Est
   Afrique
            de l'Ouest
   Droits de
            l'homme
   Développement
   Environnement
   Population
   Santé
   Education
   Finance
   Politique
   Energie
   Culture
 
 
   ENGLISH
   ESPAÑOL
   FRANÇAIS
   ARABIC
   ČESKY
   DEUTSCH
   ITALIANO
   JAPANESE
   MAGYAR
   NEDERLANDS
   POLSKI
   PORTUGUÊS
   SRPSKI
   SUOMI
   SVENSKA
   SWAHILI
   TÜRKÇE
RSS / SML
PrintSend to a friend

SANTE
Le cancer, une maladie qui décime la femme africaine
Leevy Frivet*

PORT-LOUIS, 16 mai (IPS) - Le cancer tue plus que toutes les autres maladies en Afrique, et il tue notamment les femmes. La faute revient au manque de médecins, à l’absence de campagnes de prévention, de structures pour le dépistage, sans compter les rites ancestraux et traditionnels qui s'opposent aux traitements.

Elles sont des milliers de femmes à mourir de cancer sur le continent africain. Les organes les plus touchés sont le sein, le col de l'utérus, mais aussi le pancréas. Le cancer du sein est l'un des cancers les plus mortels en Afrique. Le cancer est l’une des premières causes de mortalité chez l’Africaine et est plus fréquent chez la femme que chez l’homme. Il sévit généralement chez les femmes de plus de 45 ans.

En Côte d’Ivoire, le cancer affecte 34 pour cent de femmes. Selon les statistiques officielles dans ce pays, deux femmes sur huit en sont atteintes. Au plan mondial, de toutes les femmes ayant présenté un cancer du sein, 10 pour cent seulement consultent un médecin dès les premiers symptômes. D’après une étude menée entre 1993 et 1998 aux Etats-Unis, sur 100 femmes présentant un cancer du sein, 20 pour cent survivent après cinq ans alors que 70 pour cent décèdent des suites de la maladie.

A Madagascar, le système de santé laisse grandement à désirer, notamment le dépistage qui y est pratiquement inexistant. Beaucoup de femmes malgaches qui vivent dans la brousse et dans les provinces loin des infrastructures de santé, meurent du cancer sans savoir quel mal les ronge. Anny est une journaliste qui a perdu des proches et des amies qui luttaient contre cette maladie. Elle met l'accent sur la nécessité d'un dépistage précoce.

«Le cancer à Madagascar est souvent diagnostiqué trop tard. On n’explique pas assez aux femmes malgaches comment faire une palpation mammaire par exemple. On ne leur dit pas assez l’importance de la mammographie ou du frottis vaginal», dit-elle. «Dans le privé, ces examens coûtent cher. De l’autre coté, sur le plan culturel, écarter ses cuisses devant un ou une gynécologue est impensable pour la femme malgache. Il faudrait vraiment que le ministère de la Santé fasse des campagnes d’information à ce sujet», ajoute-t-elle.

L’autre problème est que les Malgaches n’aiment pas savoir ce dont ils souffrent et préfèrent se voiler la face. «Savoir qu’on a le cancer après un bilan, et après? Lorsqu’on n’a pas d’argent pour se payer les traitements, on n’a pas le courage pour affronter la nouvelle. Il vaut mieux ne pas le savoir».

Pour les soins, la chimiothérapie ou la radiothérapie relèvent de la pratique privée et coûtent cher. Et même s’ils existent en centre hospitalier public, les appareils de radiothérapie sont insuffisants pour les cas dépistés. Ceux qui ont les moyens et qui veulent connaître leur état de santé ont l’avantage de pouvoir se faire soigner à temps. Et ils font tout pour trouver le financement requis. Autrement, pour le Malgache, le cancer reste le «homamiadana» ou «celui qui tue à petit feu».

Pourtant, le Protocole de la SADC sur le genre et le développement, signé et ratifié par Madagascar, demande à tous les Etats membres de rendre accessibles et moins coûteux les soins pour les femmes comme pour les hommes.

Bien que la santé soit gratuite sur l’Ile Maurice, qu’il y ait des campagnes encourageant le dépistage précoce et que les soins les plus sophistiqués soient proposés, les patientes rencontrent d’autres types de problèmes. Et malgré toutes les facilités mises en place par le ministère de la Santé, le nombre de décès dus au cancer ne fait que s'accroître dans ce pays.

L'hôpital Victoria à Candos, dans la ville de Quatre Bornes, est dépassé par le nombre de patientes qui viennent faire soit de la radiothérapie ou de la chimiothérapie. La salle d'attente est bondée de femmes maigres, abattues, qui ont perdu leurs cheveux.

Le plus gros problème à Maurice est l’absence de décentralisation des traitements contre le cancer car il n'y a que cet hôpital à offrir le traitement par radiothérapie et chimiothérapie. De ce fait, les patientes sont obligées de voyager, parfois de très loin, pour s’y rendre. C’est le cas de Rose-Marie qui habite Rivière des Galets, un village situé dans le sud de l’île.

«J'ai subi une mastectomie (ablation du sein). J'ai perdu mes forces, mes cheveux et ma joie de vivre. Tous les mois, je dois venir par autobus à l’hôpital Victoria qui est loin de mon village et faire la queue pour faire ma chimio. Lorsque je regagne mon domicile, je suis lessivée. J'avoue que parfois, j’ai l’impression que survivre au cancer est plus douloureux que d’en mourir», affirme Rose-Marie.

Même à Maurice, le cancer tue plus de femmes que d’hommes. Comme quoi, même la maladie fait de la discrimination. Vendredi sera la Journée mondiale du cancer.

*(Leevy Frivet est journaliste à Maurice et a écrit cet article pour 'Gender Links', une ONG d’Afrique australe qui lutte pour l’égalité de genre. Cet article est publié en vertu d'un accord de coopération entre Gender Links et IPS). (FIN/2012)

 

 

 

  Dernières Nouvelles
News in RSS
KENYA: Des femmes pour briser le plafond de verre dans le gouvernement
RD CONGO: La réintégration des déserteurs du M23 dans l’armée divise l’opinion
ETATS-UNIS: Des réformes pourraient réduire énormément l’immigration africaine
SOMALIE: Accorder aux extrémistes une seconde chance
NIGER: La scolarisation des filles confrontée aux croyances socioculturelles
DEVELOPPEMENT: Des leçons d’intégration économique pour l’Union africaine
TANZANIE: Préserver le sol pour obtenir des récoltes plus grandes
ZIMBABWE: Les vieux doivent céder la place aux jeunes en politique
SOUDAN: Des rebelles préparent la guerre
Q&R: Maîtriser le plan de reboisement pour sauver Haïti
A lire également >>
 
  Actualité internationale
MALI: Urgence d’une réforme politique alors que la France se retire, selon un rapport
LIBYE: Le trafic de drogue est en hausse
KENYA: Au Kenya, des hommes contre les mutilations génitales féminines
JUSTICE-INDE: Viol en Inde : les uns réclament la mort, les autres la justice
MOYEN-ORIENT: Creuser pour l’eau, mais découvrir du pétrole
MOYEN-ORIENT: Un sommet de l’eau pour résoudre les pénuries
ENVIRONNEMENT-SPORT: Les archéologues chiliens soulignent les dégâts écologiques du rallye Dakar
FEMMES-ETATS-UNIS: Les Etats-Unis pressés de ratifier un important traité sur les ...
SAHARA OCC.-MAROC: "Le Sahara Occidental est la Palestine du Maroc"
CLIMAT-ANTIGUA: L'île se prépare pour les conséquences de la super-tempête Sandy
A lire également >>
 
 More News
News in RSS
Can South Africa Help Nigeria to Industrialise?
U.S. Strategy on Water, Development a “Major Advance”
Stressed Ecosystems Leaving Humanity High and Dry
Organic Cooperative Proves that Agriculture Can Prosper in Cuba
Indigenous Brazilians Learn to Fight for the Right to Food
More >>