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CHANGEMENT CLIMATIQUE
L’Afrique doit gagner son financement pour l’adaptation
Busani Bafana

HARARE, 1 août (IPS) - Avec la Conférence des Nations Unies sur les changements climatiques dans moins de quatre mois, les pays africains doivent présenter des arguments convaincants et des projets d'adaptation réussis afin d’attirer un financement concurrentiel pour s'adapter aux changements des tendances climatiques mondiales, estiment des experts en financement climatique.

"L'Afrique a besoin de se concentrer sur le développement de solides arguments pour la COP 18 et au-delà sur la base de preuves claires", a déclaré à IPS, Belynda Petrie, une experte en financement climatique et des changements climatiques, et directrice de l’alliance OneWorld. La 18ème Conférence des parties (COP 18) aura lieu à Doha, au Qatar, à la fin de novembre.

Les progrès réalisés dans les négociations sur les changements climatiques ne seront mesurés qu’en fonction du poids de la pression que les pays en développement peuvent exercer sur les nations développées pour s'accorder sur un résultat contraignant au Qatar.

Les dernières négociations sur les changements climatiques tenues à Durban, en Afrique du Sud, en novembre 2011, ont pris fin sur un Fonds vert vide pour le climat, qui est destiné à diriger le financement pour les pays en développement afin de faire face aux changements climatiques.

Selon la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques, les pays pauvres auront besoin d'environ 60 milliards de dollars par an d'ici à 2030 pour s'adapter aux changements climatiques. Même si la Banque mondiale estime que le montant doit être compris entre 20 et 100 milliards de dollars.

Le Fonds vert pour le climat était convenu à Copenhague en 2009 et s'engage à rendre disponibles 100 milliards de dollars par an d'ici à 2020 pour les activités d'atténuation et d'adaptation dans les pays en développement. Toutefois, il n'est toujours pas clair de savoir d’où viendra l’argent pour ce fonds.

"La COP 18 seule est peu susceptible de produire des résultats importants sur le financement climatique. Il n'y a simplement pas assez de temps entre les décisions prises lors de la COP 17 à Durban et la COP 18 pour voir des progrès importants d'ici-là", a indiqué Petrie à IPS. La réponse à la question du financement est particulièrement pertinente pour les pays en développement, notamment ceux du continent africain.

Le Groupe d'experts intergouvernemental des Nations unies sur les changements climatiques a déclaré que le continent "est très vulnérable aux diverses manifestations des changements climatiques".

En conséquence, le groupe affirme que l'Afrique est confrontée à l'insécurité alimentaire du fait de la baisse de la production agricole et d’un climat incertain; des maladies d’origine hydrique et des maladies vectorielles, en particulier dans les zones ayant des infrastructures sanitaires inadéquates; elle est vulnérable à la montée du niveau des mers et verra l'aggravation de la désertification.

Le groupe a prédit que la tendance au réchauffement de l'Afrique serait 1,5 fois plus forte que celle au niveau mondial, avec l'Afrique australe censée être d'environ trois à quatre degrés plus chaude vers la fin du siècle à cause des changements climatiques. En outre, le groupe a prédit que le continent africain connaîtrait un stress accru de l’eau d'ici à 2020.

Le résultat du sommet de la Conférence des Nations Unies pour le développement durable (Rio+20), tenu récemment au Brésil, a déclenché des réactions mitigées, puisqu’il n'avait aucune pertinence pour les négociations sur les changements climatiques, ni pour les effets des changements climatiques à travers l'Afrique.

Le 'Africa Progress Panel' (Panel des progrès réalisés en Afrique) a indiqué que le manque d'engagement pour des objectifs définis et mesurables de développement durable est une issue profondément troublante. Ce panel est composé de 10 éminentes personnalités du secteur privé et public, qui plaident pour des questions globales d'importance pour l'Afrique et le monde. L'ancien secrétaire général de l’ONU, Kofi Annan, en est le président.

"Le scénario pour le financement de l'adaptation paraît sombre", a admis Harjeet Singh, coordonnateur de Justice internationale pour le climat de ActionAid.

"(L’initiative) 'Fast Start Finance' prend fin en 2012 et aucun fonds nouveau et supplémentaire pour l'adaptation post-2012 n’a encore été engagé", a-t-il dit à IPS.

Mais les groupes africains de la société civile ne s’assoient pas les bras croisés. Actuellement, des experts de l’Alliance panafricaine pour une justice climatique (APJC), un réseau de groupes de la société civile du continent, rédigent une réponse politique aux résultats de la conférence de Rio+20.

"Il y a beaucoup de choses dans le document de Rio avec lesquelles nous ne sommes pas d'accord parce qu'elles ne sont pas favorables aux pauvres", a déclaré Mithika Mwenda, le coordinateur de l'APJC. L'alliance envisage d'exercer de pression sur les dirigeants politiques africains lors de la Conférence ministérielle africaine sur l'environnement qui se tiendra à Arusha, en Tanzanie, en septembre.

Saleemul Huq, un enseignant principal dans le groupe sur les changements climatiques de l'Institut international pour l'environnement et le développement, a reconnu que le document final de Rio+20 "signifie très peu pour les changements climatiques ou spécifiquement pour l'Afrique".

"Je pense que les pays en développement en Afrique et ailleurs pourront obtenir plus de financements internationaux auprès des fonds mondiaux, tels que le Fonds vert pour le climat, s’ils commencent à entreprendre des mesures d'adaptation. Plus ils sont en mesure de prouver qu'ils peuvent vraiment le faire, plus ils sont susceptibles d'attirer des financements internationaux".

** Cet article fait partie d'une série appuyée par le Réseau de connaissances sur le climat et le développement. (FIN/2012)

 

 

 

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