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NIGERIA
Un lauréat du Prix Nobel demande une intervention armée
Becky Bergdahl

NATIONS UNIES, 25 sep (IPS) - Le lauréat du Prix Nobel, Wole Soyinka, s'est rendu aux Nations Unies, à l’occasion de la Journée internationale de la paix, et a appelé à une intervention armée contre le groupe terroriste 'Boko Haram' dans son pays d'origine, le Nigeria.

"C'est une organisation violente", a déclaré Soyinka à IPS. "Que faites-vous d’eux? Je suis désolé, mais vous devez les combattre".

Le 21 septembre 2012, la Journée internationale de la paix a été célébrée avec un débat sur la façon de construire une culture de la tolérance à travers le monde. Des superstars comme l'acteur Forest Whitaker, l'économiste Jeffrey Sachs, et l’écrivain Wole Soyinka, qui a reçu le Prix Nobel de Littérature en 1986, étaient invités à participer à l’évènement.

Après son discours, Soyinka a parlé à IPS de la situation dans son pays natal, le Nigeria, où le groupe islamiste militant 'Boko Haram' est responsable de milliers de morts et d’attentats à la bombe contre plusieurs églises au Nigeria ces dernières années. Ce groupe cherche à établir la charia dans le pays. Leur présence est particulièrement forte dans le nord du pays.

"Nous avons une organisation qui ferme les écoles, fusille les enseignants du supérieur, malmène les enfants et transforme une grande partie du nord en un désert éducatif. Comment pouvons-nous atteindre les enfants là-bas? Nous devons d'abord nous débarrasser de 'Boko Haram'", a affirmé Soyinka.

"Nous avons une contradiction", a-t-il reconnu. "Comment pouvons-nous nous débarrasser de 'Boko Haram'? La violence doit s'impliquer. C'est un dilemme".

Demander une intervention armée à l’occasion de la Journée de la paix peut certes paraître paradoxal. Mais l'appel de Soyinka pour attaquer 'Boko Haram' afin de stopper les attaques du groupe sur les écoles a eu plus de sens après le débat du vendredi, 21 septembre, où les intervenants qui se sont succédé ont souligné l'importance de l'éducation pour permettre un accroissement de la culture de la paix à travers le monde.

Comme il est stipulé dans la Déclaration de 1999 et le Programme d'action sur une culture de la paix, l’objectif principal des Nations Unies est de "créer et d’entretenir la paix à travers le monde" par des accords économiques, sociaux et politiques, et dans le pire des cas, à travers une intervention militaire.

Pour qu’un tel cadre réussisse, une fondation pour la paix et une culture de la tolérance doivent être construites. Une pierre angulaire dans la construction de cette culture, c’est d’inculquer aux enfants le respect de l'autre.

"La véritable arme de destruction massive, c'est l'ignorance", a indiqué Nasser David Khalili, un philanthrope britannique-iranien, et l'un des intervenants lors de l'événement à mettre en lumière l'importance de l’enseignement de la construction d'une culture de la paix. "La solution doit être l'éducation".

Un autre point important est venu de Jeffrey Sachs, professeur du développement durable à 'Columbia University'. "En tant qu'économiste, il me semble... que la faim et la pauvreté sont des éléments incendiaires de la guerre", a déclaré Sachs. Au Mali, dans la région du Sahel, cet été par exemple, une famine a déclenché des conflits entre des nomades et des agriculteurs sur l'accès à l'eau.

Sachs a attiré l'attention sur le fait que des questions cruciales telles que celles-ci bénéficient de trop peu d'attention, décrivant la grande frustration qu'il a ressentie lorsqu’il n'a pas réussi à obtenir des fonds auprès de la Banque mondiale au nom du Mali. "Criez Al-Qaïda, et vous obtenez des millions pour des missiles. Mais essayez de faire quelque chose de préventif, et vous ne recevez rien".

Il a exhorté les dirigeants du monde à investir dans le "développement plutôt que dans l’armée". Au niveau mondial, "nous dépensons plus de 10 fois plus sur l'armée que sur le développement", a expliqué Sachs. "Aux Etats-Unis, le taux est de 30 pour un".

La directrice exécutive adjointe de l’ONU Femmes, Lakshmi Puri, a poursuivi avec le thème de la justice sociale pour parvenir à la paix, soulignant l'importance d'inclure les femmes dans les programmes d’éradication de la pauvreté. "Les femmes sont les premières victimes de la pauvreté", a-t-elle déclaré.

Après son discours, Lakshmi a dit à IPS qu'il est important de se rappeler que même la liberté religieuse a ses limites, en référence à l'utilisation de la religion comme une excuse pour des actes de violence. "Nous croyons qu'aucune religion ne sanctionne, ou de toute façon ne justifie, les violations des droits humains et de la femme", a-t-elle souligné.

La star du cinéma et ambassadeur de bonne volonté de l'Organisation des Nations Unies pour l’éducation et la culture (UNESCO), Forest Whitaker, a conclu l'événement. "Nous ne devons jamais croire que c'est bien d'infliger la douleur aux autres, même si nous ne sommes pas d'accord avec eux", a-t-il indiqué. (FIN/2012)

 

 

 

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