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CONGO
Des élèves sinistrés des explosions du 4 mars ont du mal à retourner à l’école
Arsène Séverin

BRAZZAVILLE , 22 oct (IPS) - «Je n’ai pas encore repris l’école; ma tante n’a toujours pas l’argent pour m’acheter les cahiers», déclare Judicaëlle, une collégienne de 13 ans, sinistrée des explosions du 4 mars à Brazzaville. Elle vit au site Félix Eboué où sont hébergées 108 familles sous des tentes.

Judicaëlle ajoute à IPS d’une voix entrecoupée: «Mes parents ont trouvé la mort dans ces explosions, et ma tante n’a toujours pas touché son allocation de trois millions de francs CFA (environ 6.000 dollars) que le gouvernement donne à chaque famille sinistrée». Les explosions avaient fait quelque 280 morts, selon des chiffres officiels, avec 1.500 blessés graves et des milliers de sans abri.

Nancy, 18 ans, une élève sinistrée hébergée au stade Marchand, ne va plus à l’école. «Nous sommes une vingtaine d’élèves ici, mais on ne sait pas comment commencer. Les parents se donnent déjà assez du mal à nous nourrir, et quand on leur parle de l’école, c’est à peine s’ils nous regardent», affirme-t-elle.

La rentrée scolaire 2012-2013 a eu lieu le 1er octobre au Congo Brazzaville.

Après les explosions du camp militaire des blindés de Mpila, un quartier-est de Brazzaville, la capitale congolaise, le gouvernement a accordé une allocation de subsistance de 6.000 dollars aux familles sinistrées. Mais tous les sinistrés n’ont pas encore reçu cet argent.

La situation de certains sinistrés est extrêmement précaire. «J’ai perdu mon travail suite aux explosions, et ma femme a vu toute sa marchandise voler en éclats. Personne ne nous vient en aide. Comment allons-nous soutenir l’école des enfants?», demande Michel Bobenda, un menuisier qui a perdu son atelier.

A la Cité des 17, un site où vivent 337 familles sinistrées, 400 kits scolaires ont été distribués par le Fonds des Nations Unies pour l’enfance (UNICEF). Mais, le contenu de ces kits ne satisfait pas certains élèves.

«Je suis au lycée, et l’UNICEF donne de petits cahiers destinés au préscolaire et au primaire. Je ne sais pas quoi faire», se plaint Jonas Doungou qui a pu commencer ses cours au lycée technique grâce à une personne de bonne volonté. «D’ici au lycée technique, c’est le calvaire, il faut au moins 900 FCFA (environ deux dollars) par jour pour le transport. J’aurai ça où?», ajoute-t-il.

Le cas de Doungou est comparable à des dizaines d’autres élèves du Lycée technique du 5 Février, tous transférés aujourd’hui au Lycée technique du 1er Mai, au centre-ville. «Il y a ce problème de transport qui se pose. Mais l’Etat ne fait rien, c’est curieux!», s’exclame Juste Iniambe, élève en classe de première.

Le sinistre de Mpila touche 22.000 élèves, du préscolaire au lycée. Au lendemain du drame, le gouvernement avait accordé une «prime de transport» de 20 dollars par mois à chaque élève. Mais, cette modique somme ne suffit pas, notamment pour des enfants qui doivent traverser toute la ville sur une longue distance.

Les autorités ont pourtant multiplié des actions pour que les élèves ne subissent pas deux fois ce drame. Des écoles voisines, jadis insalubres, ont pu être réhabilitées. Leur capacité d’accueil a même été doublée pour accueillir des élèves sinistrés. L’école Fleuve Congo a vu ses 25 salles de classe rénovées, de même que celles de l’école primaire Pierre Ntsiété et de l’école Leyet Gaboka.

«Nous avons des salles de classe en surnombre. Mais c’est regrettable qu’il fallait attendre mort d’hommes pour aménager les structures», déplore Lucie Georgette Nguekoua, directrice de l’école Pierre Nsieté.

Par contre, les écoles détruites par les explosions, comme celles du 31 Juillet, Gampo Olilou ou le Lycée de la Révolution, demeurent des ruines. De même, plusieurs écoles privées sont encore sous les décombres et les promoteurs attendent d’être indemnisés par l’Etat.

Certaines écoles en reconstruction ne pourront pas être opérationnelles sous peu. «Nous allons refaire tous les deux bâtiments dont celui en étage, et construire un troisième (à l’école du 31 Juillet). Nous commençons à élever les murs», indique à IPS Abdramane Batcheli, un ingénieur des travaux.

Le Lycée de la Révolution, avec ses 1.400 élèves, a été délocalisé vers le Lycée Agostino Neto. Plusieurs élèves transférés vers d’autres écoles viables, sont encore malheureusement absents aux cours. «Nous avons deux salles de classe pour les élèves sinistrés du 31 Juillet, mais ils ne sont presque pas là», constate Georges Otaha, directeur de l’école Fleuve Congo.

Par ailleurs, 480 enseignants ont été formés pour la prise en charge psychologique des élèves victimes des explosions. «Nous allons mettre en place des cellules ou groupes d’études psychosociales au niveau des écoles», affirme Jean Clotaire Tomby, directeur général des affaires sociales.

Les organisations de la société civile estiment que l’Etat devrait assumer ses responsabilités en soutenant tous les élèves sinistrés.

«L’Etat est responsable de ce qui est arrivé, il doit donc réparer. Les fournitures scolaires, les primes de déplacement et le soutien moral constituent les nouveaux droits de ces élèves sinistrés que l’Etat doit garantir», déclare Roch Euloge N’zobo, directeur exécutif de l’Observatoire congolais des droits de l’Homme, une organisation non gouvernementale basée à Brazzaville. (FIN/2012)

 

 

 

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