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SENEGAL
Des villages aspirent à l’autosuffisance en riz
Souleymane Faye

DAKAR, 29 oct (IPS) - Des habitants de cinq villages situés aux alentours de la vallée de Boyard, dans le centre-ouest du Sénégal, essaient de s’affranchir petit à petit de la "tyrannie du riz importé" dans le pays en intensifiant la culture locale du riz.

"Ici, l’agriculture s’est intensifiée depuis quelques années, grâce à la relance de la riziculture", déclare fièrement à IPS, Marie Sagne, une habitante de Boyard Ndiodiome.

Le Projet d’appui à la petite irrigation locale (PAPIL), financé par la Banque africaine de développement (BAD) et la Banque islamique de développement (BID), a construit une digue anti-sel dans ce village, rendant une bonne partie des terres, jadis salées, maintenant propices à la riziculture.

En 2004, les habitants de Boyard Ndiodiome sont retournés à la riziculture qu’ils avaient longtemps abandonnée, à cause de la salinité des terres. Depuis 2006, le PAPIL intervient dans la zone en leur fournissant des semences de qualité, des engrais et un encadrement technique.

Le projet a encadré la création du Comité inter-villageois pour la gestion de la vallée (CIVG) de Boyard 'Mbin jam' (qui signifie 'maison du bonheur' en sereer, une langue locale), qui dispose d’un compte bancaire.

Ce comité dirigé par Ibrahima Faye, regroupe des riziculteurs des villages de Boyard Ndiodiome, Boyard Tock, Sing Boyard, Ndiagamba et Dack. Il compte 420 membres, dont 336 femmes - 80 pour cent de l’effectif. De 10 hectares en 2006, les surfaces emblavées sont passées à environ 25 hectares depuis 2007.

Chacun des membres du comité s’acquitte d’une contribution de 5.000 francs CFA (10 dollars) par an, qui lui donne droit à des semences et des engrais.

"En 2004, un hectare avait été emblavé pour produire un peu moins de 500 kilogrammes de riz. En 2006, nous étions à 3,5 tonnes à l’hectare et à quatre tonnes à l’hectare en 2008, grâce à l’encadrement technique de nos partenaires", affirme Faye.

L’Agence nationale de conseil agricole et rural (ANCAR) et la Direction régionale du développement rural (DRDR) de Fatick (centre du pays) sont des partenaires du PAPIL et, par conséquent, participent à l’encadrement des riziculteurs.

"Depuis quelques années, certains foyers ne consomment plus du riz importé ou cultivé ailleurs au Sénégal. Les récoltes (locales) couvrent les besoins de consommation. Sauf en 2011 où les 23 hectares emblavées par le CIVG n’avaient produit qu’environ 250 kilos par hectare à cause d’un déficit hydrique, qui avait empêché les cultures de bien mûrir", explique Faye à IPS.

En 2010, le CIVG avait récolté 140 tonnes de riz sur un périmètre exceptionnel de 35 hectares, avec un rendement moyen de quatre tonnes à l’hectare, indique-t-il.

Mais, la production pourrait baisser en 2012 à cause des parasites 'mille-pattes' et du riz sauvage signalés dans les 23 hectares emblavés par le CIVG, s’inquiète Faye, même s’il attend des rendements de quatre tonnes à l’hectare.

"Nos prévisions pour 2012 sont de quatre à six tonnes à l’hectare, dans la vallée de Boyard Ndiodiome", déclare Mamadou Camara, chef de l’antenne régionale du PAPIL à Fatick. Le riz était au stade de maturité dans la seconde quinzaine d’octobre.

"Dans d’autres foyers, la production n’est pas assez suffisante pour couvrir les besoins de consommation. Mais, quand nous arriverons à éliminer le riz sauvage, nous augmenterons largement la productivité", affirme Faye, président du CIVG 'Mbin jam'.

Ibrahima Ndiaye, un agent du PAPIL, souligne que "beaucoup de foyers consomment leur production de riz pendant neuf ou 10 mois".

Maï Niakh, l’une des 336 femmes du comité, en est fière: "Nous consommons même du riz local 12 mois sur 12".

"L’autosuffisance en riz est presque atteinte. Elle le sera davantage avec les deux ouvrages que nous réhabiliterons en 2013. Ils permettront d’emblaver 200 hectares complémentaires", déclare Camara.

Le CIVG 'Mbin jam' mise beaucoup sur la réhabilitation de 'la grande vallée' de Boyard - l’un des chantiers du PAPIL pour 2013. L’acquisition d’un tracteur, la construction d’une piste rurale de 10 kilomètres et d’un magasin (pour stockage et transformation) sont prévues par le PAPIL, pour booster la production de riz, explique Faye.

"Si ces projets sont réalisés, nous allons nous consacrer davantage à la riziculture parce qu’il y aura de l’eau tout au long de l’année", affirme Sagne.

La BAD a décidé de financer le PAPIL jusqu’en 2013 pour ses "bons résultats", alors qu’elle s’y était engagée pour la période 2006-2010, affirme Camara. Et la BID continuera à financer le projet jusqu’en 2015, ajoute-t-il.

"Ce qui nous manque, c’est le matériel agricole. Lorsque nous aurons acquis un tracteur par exemple, nous allons produire assez de riz pas pour consommer seulement, mais pour en vendre aussi", assure Mame Mor Ndiaye, du village de Dack.

La DRDR, l’ANCAR et le PAPIL ont modernisé les techniques culturales. Par exemple, les semis à la volée sont abandonnés au profit des semis à la ligne, réalisés à l’aide d’un semoir tiré par un animal.

"Les réalisations techniques et la production augmentent progressivement. Les producteurs se sont approprié les techniques que nous leur apportons. Ils savent maintenant construire des digues, par exemple", explique Jean-Paul Bampouky, chef de la DRDR à Fatick. (FIN/2012)

 

 

 

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