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OUGANDA
Le Nil fournit lentement de l’énergie
Fred Ojambo

KAMPALA, 30 oct (IPS) - L'Ouganda est confronté à la possibilité indésirable d’une augmentation des coûts d’un projet de développement d'une centrale hydroélectrique de 600 mégawatts aux chutes de Karuma, sur le Nil Victoria, à cause des retards dans la construction.

Ce pays d'Afrique de l’est n'a pas encore désigné un entrepreneur pour ce projet de deux milliards de dollars, qui est situé à 220 kilomètres au nord-est de la capitale, Kampala. La construction a été initialement prévue pour commencer en avril, avec l'inauguration attendue dans quatre à cinq ans.

Ce retard dans l’augmentation de la production énergétique peut entraîner des pannes de courant futures puisque la demande peut dépasser l'offre, selon Dickens Kamugisha, le directeur général de l'Institut pour la gouvernance de l'énergie en Afrique, une organisation non gouvernementale basée en Ouganda.

La demande pour l’énergie dans le pays augmente de 10 pour cent en moyenne par an, selon l'Autorité ougandaise de régulation de l'électricité (ERA). La demande maximum du pays est actuellement de 509,4 MW, alors que la demande aux heures creuses est de 366,4 MW, a déclaré à IPS, Julius Wandera, porte-parole de l’ERA.

"Chaque jour qui passe, lorsque le projet ne démarre pas, est coûteux pour les sociétés qui l’entreprendront et le pays, et les retards augmenteront finalement le coût de la construction", a indiqué Kamugisha à IPS.

Cette situation entraînera des révisions des coûts à la hausse, et la demande sera supérieure à l'offre si plus d’énergie n'est pas générée à temps, a ajouté Kamugisha.

Mais en raison du retard dans la nomination d'un entrepreneur pour la centrale hydroélectrique de Karuma, les coûts de construction du projet ont été déjà révisés pour passer des 1,3 milliard de dollars, initialement annoncés par le président Yoweri Museveni en février 2010, à deux milliards de dollars.

"Avec le besoin croissant pour l'énergie, la demande peut dépasser l'offre dans environ trois ans si davantage d'investissements ne sont pas faits dans la production", a souligné Kamugisha. Mais si les retards dans le démarrage de la construction peuvent débarrasser le projet des irrégularités, alors ce retard serait utile, a-t-il dit.

Des retards similaires dans la construction de la centrale hydroélectrique de Bujagali avaient entraîné la hausse des coûts finaux à 900 millions de dollars, à partir d'une projection initiale de 580 millions de dollars, selon Kamugisha.

La capacité de production énergétique dans ce pays enclavé d'Afrique orientale est passée à 810 MW après l'inauguration du Projet hydroélectrique de Bujagali sur le Nil, une infrastructure de production d’énergie de 250 MW, en janvier.

Bujagali a permis d’éliminer le rationnement quotidien de l'électricité dans le pays. Il a commencé à fournir 50 MW d'électricité au réseau national en janvier et a atteint sa pleine capacité, 250 MW, en juin.

La fourniture insuffisante de l’énergie a nui à la croissance économique de un à 1,5 pour cent au cours du dernier exercice financier, selon le gouvernement ougandais.

La croissance économique du pays a connu, au cours des 12 mois finissant en juin 2012, un ralentissement de 3,2 pour cent contre 6,7 pour cent un an plus tôt en partie du fait de l'insuffisance des fournitures énergétiques et de la crise économique dans la zone euro, selon le ministère des Finances.

"L'entrée en fonction de Bujagali a été un atout majeur pour mon entreprise puisque j'ai une fourniture énergétique régulière", a déclaré à IPS, Richard Ssemanda, un soudeur à Kampala.

"Au début, je passais une journée entière sans travailler ou j’étais même obligé d’aller loin pour travailler la nuit si c'était le moment où l’électricité était disponible", a-t-il indiqué.

"Je suis heureux qu'il existe une fourniture énergétique régulière, mais je l'utilise seulement pour l'éclairage parce que je ne peux pas l'exploiter pour la cuisson en raison des coûts élevés", a expliqué à IPS, James Senfuka, un tâcheron à Kampala.

Les tarifs douaniers restent élevés, limitant la consommation des ménages à l'éclairage et au repassage, selon certains utilisateurs. En janvier, l'ERA a approuvé une augmentation moyenne de 47 pour cent des taux afin de réduire les subventions au secteur.

Mais le ministre d'Etat à l'Energie est enthousiaste à éviter une répétition de la perte de la croissance économique survenue en 2011.

"Par expérience, nous avons vu les coûts pour Bujagali monter à cause des retards, et si nous retardons ce processus, nous pouvons être sûrs que le prix de soumission augmentera", a déclaré à IPS, Simon D'Ujanga, le ministre d'Etat à l'énergie.

"Nous sommes préoccupés par les retards dans le projet (Karuma) et nous voulons que ces questions soient résolues rapidement afin que nous ne souffrions pas de nouvelles coupures de courant qui ralentiraient la croissance économique", a souligné D'Ujanga.

La demande d'électricité peut passer de son maximum actuel de 509,4 MW à plus de 700 MW dans deux à trois ans, a indiqué D'Ujanga. Le pays a une capacité de production installée de 810 MW, mais cette capacité peut tomber à un peu plus de 600 MW lorsque les niveaux d'eau baisseront, a-t-il dit.

"De petits projets peuvent commencer à fournir de l’énergie au réseau électrique national, mais nous sommes préoccupés par le fait que si Karuma ne démarre pas tôt, nous serons confrontés à de futures pénuries d'énergie", a déclaré D'Ujanga.

"C’est bon de toujours se préparer au pire en commençant le projet tôt", a-t-il ajouté. (FIN/2012)

 

 

 

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