Inter Press Service News Agency
00:42 GMT    
   Accueil
   Afrique Australe
   Afrique Centrale
   Afrique de l'Est
   Afrique
            de l'Ouest
   Droits de
            l'homme
   Développement
   Environnement
   Population
   Santé
   Education
   Finance
   Politique
   Energie
   Culture
 
 
   ENGLISH
   ESPAÑOL
   FRANÇAIS
   ARABIC
   DEUTSCH
   ITALIANO
   JAPANESE
   NEDERLANDS
   PORTUGUÊS
   SUOMI
   SVENSKA
   SWAHILI
   TÜRKÇE
RSS / SML
PrintSend to a friend

OUGANDA
Des écologistes demandent d’arrêter de manger les chimpanzés
Henry Wasswa

ALBERTINE RIFT REGION, Ouganda, 30 oct (IPS) - Les écologistes qui luttent pour protéger la population restante des chimpanzés ougandais ont soulevé des inquiétudes selon lesquelles les gens vivant autour des réserves de faune dans l'ouest du pays se sont mis à manger les primates.

"Il y a maintenant un problème de consommation de la viande de brousse. Nous ne pensions pas que les Ougandais mangeaient la viande de primate, mais nous commençons à observer que les singes et les chimpanzés sont consommés. C'est effrayant. La menace à leur survie ne cesse d’augmenter", a déclaré Lily Ajarova qui dirige le Sanctuaire des chimpanzés de Ngamba, situé sur une île du même nom dans le lac Victoria, dans la région de 'Albertin Rift'.

Ce sanctuaire, qui abrite 48 primates sauvés de la captivité humaine, a été créé avec l'aide de l'Institut Jane Goodall et est géré par l'Association pour les sanctuaires des chimpanzés et la préservation de la faune.

Il y a des décennies, des dizaines de milliers de chimpanzés erraient dans les forêts tropicales denses qui couvraient alors une vaste étendue de terre dans la région de 'Albertine Rift' en Ouganda. Cette zone couvre le bras-ouest de la grande 'Rift Valley' d'Afrique de l’est depuis le nord-ouest de l'Ouganda à l'extrême sud-ouest, le long de la frontière avec la République démocratique du Congo (RDC).

Mais selon le Fonds mondial pour la nature, les chimpanzés ont déjà disparu de quatre pays africains, et sont en voie d'extinction dans bon nombre d’autres, essentiellement du fait de la déforestation et la chasse aux primates pour la viande de brousse. Actuellement, il existe seulement environ 5.000 chimpanzés en Ouganda, indiquent les responsables de la conservation.

La plupart des chimpanzés restants dans ce pays sont protégés dans six principales réserves forestières dans la région de 'Albertine Rift', tandis que d'autres sont pris au piège dans des forêts appartenant à des particuliers.

Ajarova a dit à IPS que bien que son équipe d’écologistes ait d'abord remarqué des gens en train de manger de la viande de primate dans l'ouest de l'Ouganda il y a deux ans, ceux qui s’engageaient dans la pratique étaient pour la plupart des immigrants ou des réfugiés de la RDC voisine. C’était rare que les habitants de cette nation d'Afrique de l’est mangent la viande de primate, a-t-elle souligné.

"Il existe plusieurs autres parties du monde où l'on mange la viande de primate, mais cela ne se produisait pas en Ouganda. Nous avons commencé à assister à cette pratique avec le temps. Elle se développe lentement et nous mêmes en avons seulement eu vent lorsque nous étions sur le terrain il y a deux ans", a-t-elle déclaré, ajoutant que c'est désormais "un problème émergent".

Les récentes arrivées d'immigrants en provenance de la RDC ont créé un changement dans l'équilibre démographique de la région et ont eu un effet sur la culture locale, a-t-elle expliqué. En juillet, le ministre de l’Assistance, de la Préparation aux Catastrophes et des Réfugiés, Musa Ecweru, a affirmé que l'Ouganda avait du mal à nourrir le grand nombre de Congolais qui fuient les combats dans la province du Nord-Kivu, en RDC voisine. Il y a environ 16.000 réfugiés congolais dans l'ouest de l'Ouganda.

"Il y a beaucoup de réfugiés congolais dans la région et ils peuvent avoir influencé la population locale à manger les singes et les chimpanzés", a souligné Ajarova.

"Cela ne faisait pas partie de la culture ougandaise dans le passé, mais aujourd’hui, c’est devenu un problème. Nous avons constaté que cette habitude est désormais fréquente dans toute la région (de l'ouest). Elle est monnaie courante dans presque tous les villages que nous visitons".

"Nous avons de temps en temps vu des villageois transporter des carcasses de singes et, parfois, des chimpanzés", a-t-elle dit.

Les autorités croient également que les gens se sont mis à manger les primates parce que la région de 'Albertine Rift' est pauvre et que les gens dépendent essentiellement des ressources forestières pour leur survie, puisqu’ils ne peuvent pas s'acheter de la viande.

"Les gens sont désespérés, ils sont pauvres parce que c'est une région sous-développée. Ils dépendent essentiellement des ressources forestières, y compris la viande de gibier, et cela peut les avoir forcés à recourir à la consommation de la viande de primate", a expliqué Ajarova.

Les experts s’inquiètent maintenant de ce que la nouvelle tendance ne conduise à une éventuelle épidémie d'Ebola, une fièvre hémorragique qui est souvent mortelle, et qui est censée être transmise à l'homme par contact avec un animal infecté.

"Il s'agit d'un problème grave. Toute viande qui est consommée doit subir une inspection vétérinaire appropriée, même si elle provient des fermes. Les gens qui mangent la viande de primates risquent d'être infectés par des maladies zoonotiques, notamment le virus Ebola", a déclaré Andrew Seguya, le directeur exécutif de l'Autorité ougandaise de la protection de la faune. (FIN/2012)

 

 

 

  Dernières Nouvelles
News in RSS
ILES DU PACIFIQUE: L’égalité des sexes préoccupe les dirigeants de la région
BRESIL: Le "Dalaï Lama de la forêt tropicale" confronté à des menaces de mort
SYRIE: Le TNT et la ferraille vident la capitale industrielle du pays
OUGANDA: Aider les femmes séropositives à éviter des grossesses non désirées
INDE: Les droits fonciers et l’éducation peuvent-ils sauver une ancienne tribu?
CAMEROUN: La récurrence de l’épidémie de choléra souligne des écarts de développement
KENYA: Une femme se bat pour trouver le vrai contraceptif
AFRIQUE: Contraception, le maillon le plus faible de la prévention du VIH
SANTE: Le Nigeria prend conscience de la menace du SIDA dans le pays
KENYA: L’extraction de sable, un travail dangereux, attire les jeunes
More >>