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AFRIQUE
Le commerce régional, la clé de la sécurité alimentaire, selon la Banque mondiale
Carey L. Biron

WASHINGTON, 31 oct (IPS) - La Banque mondiale exhorte les pays africains à renforcer le commerce régional des vivres, estimant que la sécurité alimentaire pourrait être grandement améliorée simplement en permettant aux fermiers de commercer plus facilement à travers le continent.

Actuellement, en dépit d'une grande insécurité alimentaire, seulement cinq pour cent des céréales importés en Afrique proviennent d'autres pays du continent.

Dépendre plutôt de vastes importations auprès des pays d’Europe ou d’Asie du sud-est, ou des approvisionnements en vivres d'urgence venant des donateurs internationaux, entraîne à la fois des prix élevés et des déséquilibres commerciaux, avec des impacts sur les plus pauvres en particulier.

Avec des prix internationaux des aliments de base de nouveau élevés près du record, suite à une sécheresse aux Etats-Unis cet été et en pleine demande internationale continue pour les biocarburants, beaucoup de pays africains ont été contraints d'augmenter les niveaux de vivres importés.

Pourtant, concrétiser et en harmoniser les règles sur le commerce des denrées alimentaires à travers les blocs africains, estime la Banque mondiale, basée à Washington, pourrait augmenter les revenus des petits fermiers et amener les agriculteurs à la fois à augmenter l’exploitation des terres arables disponibles et accroître considérablement les rendements.

"L'Afrique a la capacité de produire et de fournir des aliments de bonne qualité à mettre sur les tables à manger des familles du continent", a déclaré le 24 octobre, Makhtar Diop, vice-président de la Banque mondiale pour l'Afrique. "Cependant, ce potentiel n'est pas atteint parce que les agriculteurs sont confrontés à plus de barrières commerciales pour amener leurs vivres vers le marché que nulle part ailleurs dans le monde".

Dans la préface d'un nouveau rapport, Diop indique que seulement un dixième des terres arables en Afrique sont actuellement cultivées. L'augmentation de ce chiffre, suggère-t-il, pourrait beaucoup aider non seulement à faire face au besoin croissant et crucial à l’intérieur du continent, mais encore à permettre des ventes au reste du monde également.

Toutefois, des problèmes structurels demeurent des obstacles importants pour atteindre cet objectif. Bien que la banque souligne en particulier la possibilité de faciliter la vente des produits agricoles à travers les frontières, les problèmes connexes comprennent le partage des connaissances agricoles entre les pays sur le continent et l'accès aux technologies potentiellement utiles.

"Les fermiers en Afrique sont plus confrontés aux obstacles à accéder aux intrants dont ils ont besoin et à amener leurs produits vers les consommateurs dans les villes africaines que ne le sont les fournisseurs du reste du monde", écrit Diop. "Si les agriculteurs africains devaient atteindre les rendements que des fermiers obtiennent dans d'autres pays en développement, alors la production des aliments de base doublerait, voire triplerait facilement".

Notant que les sources de demande les plus proches sont souvent au-delà des frontières nationales, il rejette la responsabilité des marchés stagnants sur la fragmentation des marchés régionaux des aliments et les règles obsolètes et imprévisibles ainsi que sur les politiques commerciales nationales.

"Le concept de sécurité alimentaire a été trop souvent déformé par des visions nationalistes limitées et souvent détourné par des intérêts particuliers qui profitent de la situation actuelle", indique Diop. "C'est maintenant un moment opportun d’en sortir et de rechercher des marchés régionaux intégrés de vivres qui offriront la sécurité alimentaire de manière plus efficace et permettront en même temps aux agriculteurs d'obtenir plus de rendements de leurs labeurs".

Se rappeler de l’essentiel

"Cela est tellement évident: il doit y avoir plus de commerce régional de denrées alimentaires sur le continent africain - si le Malawi connaît une terrible sécheresse, l'Afrique du Sud peut fournir des vivres au lieu que (le pays) dépende de l'aide ou de l'importation de vivres qui ne font pas partie des valeurs culturelles ou des régimes alimentaires locaux", a affirmé à IPS, Danielle Nierenberg, directrice du projet 'Nourishing the Planet' (Nourrir la planète), à Washington.

"Cela offre une importante forme d'assurance, si les fermiers ont un rendement trop élevé et n’ont nulle part où l'envoyer. De cette façon, ils peuvent dépendre les uns des autres et non des Etats-Unis ou de l’Europe occidentale".

Au même moment, Nierenberg prévient contre toute approche qui dépend trop fortement des marchés et des intrants modernes tels que les semences hybrides et les engrais chimiques, bien qu’elle s’empresse d’indiquer que chacun de ces éléments joue un rôle critique dans une utilisation prudente et limitée.

"Les petits fermiers ne vont jamais faire partie du marché, alors nous devons plus globalement nous concentrer sur le fait d’assurer que les petits agriculteurs sont capables de se nourrir et disposent d’un peu d’aliments à vendre", explique-t-elle.

Cela signifie qu’il n’existe pas de solutions miracles, indique Nierenberg, soulignant la nécessité d'une variété de systèmes qui, ensemble, créent la résilience et protègent les agriculteurs contre les chocs.

"Je noterai, cependant, que je n'ai pas vu, de la part de la Banque mondiale ou d’autres gros donateurs, une nouvelle attention importante quelconque sur des solutions agro-écologiques, même si toutes les données sont disponibles", dit-elle. "Nous nous concentrons toujours sur les semences hybrides et les engrais chimiques. Nous devons reconnaître, par exemple, que comme les prix du carburant fossile augmentent, les engrais vont devenir impossibles pour les petits fermiers".

Des infrastructures beaucoup plus essentielles, indique Nierenberg, feraient une grande différence, en particulier pour faire face au problème de gaspillage des aliments – des stations de réfrigération, des centres de collecte et, plus généralement, des installations modernes de stockage.

"Même si les agriculteurs utilisent des semences hybrides et produisent davantage de cultures, si celles-ci moisissent ou sont mangées par des insectes avant qu'elles ne puissent être vendues ou échangées, tout ce travail et tous ces intrants ne servent à rien". (FIN/2012)

 

 

 

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