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BURKINA FASO
La scolarisation des enfants des réfugiés maliens, un autre défi
Brahima Ouédraogo

OUAGADOUGOU, 2 nov (IPS) - Debout devant sa tente du camp des réfugiés maliens de Mentao, dans la région du Sahel, dans le nord du Burkina Faso, Ali Ag Abidin, déclare être préoccupé par un gros souci: la scolarisation de ses quatre enfants.

"C’est la scolarisation des enfants qui nous chagrine, les enfants sont là, on ne peut pas les inscrire à l’école, regardez-les", se lamente, désemparé Abidine, 50 ans environ.

A côté d’Abidin, se tient Hama Ag Allassane, 14 ans, qui demande pourquoi il n’y a pas d’école sur les sites. "Au mali on était à l’école, mais ici nous n'avons rien à faire. Pourquoi ne pas organiser des cours de rattrapage pour les élèves? Car si nous perdons tout, ce n’est pas bon", déclare Hama qui était en septième année quand la crise a éclatée à Gao, dans le nord du Mali.

Ousmane Ag Dalla, président de la Coordination pour l’assistance des réfugiés en provenance du Mali (CAREM), se dit également inquiet, pour n’avoir rien vu comme salles de classe à Gandafabou et Férrério, deux autres sites de réfugiés dans la région du Sahel. Environ 10.000 réfugiés maliens vivent sur ces deux sites.

"Il n’y a pas de rentrée à l’école pour la plupart des enfants. J’ai fait un tour il y a environ dix jours dans les camps de réfugiés du nord; ils étaient encore au stade de construction des classes sous forme de hangar, mais uniquement pour la maternelle et le primaire...", explique Ag Dalla à IPS.

"Envoyer à l’école des enfants qui ont été témoins des tragédies indicibles avant de quitter leur pays, a une signification immense. Cela signifie rétablir un sentiment de normalité dans la vie des enfants et les aider à surmonter les effets psychologiques et de détresse que génèrent les conflits", confie à IPS, Paul Ramdé chargé des réponses d’urgence à l’ONG 'Plan International'.

Georges Kafando, chargé de l’éducation et qui coordonne la mission de l’UNICEF avancée dans le Sahel, reconnaît qu’il y a beaucoup d’enfants dans les camps: environ 4.000 à Mentao et 1.500 à Damba, indique-t-il pour ces deux sites de la province du Soum, dans cette région.

"Ici, il faut qu’on construise quelque chose de solide pour accueillir ces enfants. Au minimum, il faut quatre écoles sans oublier la prise en charge des enfants du secondaire. Les gaps sont énormes, mais pas insolubles", affirme Kafando à IPS.

"Si la situation se stabilise au Mali, l’année prochaine on pourra résoudre les problèmes, mais si d’aventure beaucoup de réfugiés arrivent encore, ce sera plus grave", avertit Kafando.

Selon le Fonds des Nations Unies pour l’enfance (UNICEF), sur les 35.000 réfugiés maliens vivant au Burkina, le nombre d’enfants qui ont besoin d’être scolarisés ne cesse de grossir.

Arianna Barindelli, déléguée de l’ONG 'Terres des Hommes' au Burkina, qui a déjà construit 20 paillottes dans le Sahel pour accueillir plus de 1.600 élèves en partenariat avec 'Plan International', admet qu’il y a une vague d’arrivée de réfugiés ces dernières semaines.

La Stratégie de l’éducation en situation d’urgence, mise en place au Burkina, a évalué ses besoins financiers à 3,264 millions dollars; mais le financement disponible est de 564.132 dollars, soit un gap de 2,700 millions dollars, indique Ramdé.

Au total 11.443 enfants de réfugiés doivent être scolarisés au Burkina, indique 'Plan International'.

Cette ONG qui est l’une des organisations chargées par l’UNICEF de mettre en œuvre les programmes d’éducation en faveur des réfugiés, a construit au Burkina 15 écoles semi-permanentes (45 salles de classe), 16 latrines séparées pour filles et garçons, et sept cuisines pour des cantines scolaires qui permettent aux enfants d’avoir un repas à l’école.

"Quand un apprenant se trouve dans un environnement d’apprentissage en milieu sûr, il risque moins d’être exploité sexuellement ou économiquement ou d’être exposé à d’autres dangers, comme un mariage précoce ou forcé, le recrutement dans des groupes armés ou... dans le crime organisé", ajoute Ramdé.

Pour Ouagadougou et Bobo-Dioulasso, les deux principales villes du Burkina, 'Terre des Hommes' prévoit des tentes pour pallier l’insuffisance de classes dans les écoles surpeuplées. A Bobo-Dioulasso, l’ONG a installé six tentes dans la cour d’un centre d’éducation non-formelle pour accueillir quelque 230 enfants.

"Au-delà des classes saturées, les écoles sont souvent éloignées des domiciles des enfants et cela pourrait empêcher leur scolarisation", souligne Barindelli à IPS.

Selon Ag Dalla, de CAREM, la situation est si grave qu’il "harcèle presque les autorités burkinabè" qui, reconnait-il, "font de leur mieux pour résoudre cette question de l’éducation" des enfants réfugiés. (FIN/2012)

 

 

 

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