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NIGERIA
Un couvre-feu militaire étrangle lentement une ville
Ahmed Usman

KANO, Nigeria, 7 nov (IPS) - Un récent couvre-feu militaire imposé à la ville de Potiskum, dans le nord-est du Nigeria, ravagée par la violence, a non seulement rendu la vie insupportable pour les habitants, mais également réduit leurs chances de survie.

Des centaines de civils vivent dans la peur dans cette ville de l'Etat de Yobe après que le groupe islamiste extrémiste 'Boko Haram', une secte qui veut imposer la charia au pays, y a mené une attaque le 18 octobre, entraînant la mort de plus de 30 personnes.

Cette attaque a poussé le gouvernement à imposer un couvre-feu sur la ville qui laisse aux habitants seulement neuf heures de la journée pour être au dehors. Depuis le 22 octobre, les gens ne sont pas autorisés à quitter leurs maisons de 16 heures à sept heures du matin.

Dr Bawa Abdullahi Wase, chercheur principal sur l'appartenance ethnique, l'inégalité et la sécurité humaine, a déclaré à IPS que dans un pays en développement comme le Nigeria, un grand nombre de personnes doivent sortir tous les jours pour chercher de la nourriture dans les marchés et autres lieux.

"Sept personnes sur 10 doivent aller chercher de la nourriture tous les jours et le couvre-feu pourrait réduire leurs chances de survie... Bien sûr, il y aurait une pénurie de nourriture. Et si quelqu'un est gravement malade ou si des catastrophes naturelles comme un incendie surviennent, il serait difficile d'obtenir de l'aide auprès des voisins avant que les pompiers n’arrivent", a indiqué Wase au téléphone depuis Jos, dans l'Etat du Plateau.

Kabiru Sulaiman, un habitant de Potiskum, a rapporté que la ville, qui est le plus grand centre commercial de l'Etat de Yobe, a complètement changé depuis que le couvre-feu a été imposé.

"Tous les magasins et les marchés sont fermés même avant 16 heures. Le déplacement a été restreint, et nos vies sont vraiment dans un état lamentable", a indiqué Sulaiman à IPS.

Selon un autre habitant, Zakari Adamu, qui est également le directeur de l’organisation non gouvernementale 'Nigeria Fight for Justice' à Yobe, la vie des gens à Potiskum devient difficile puisqu’elle a commencé à se dégrader depuis la mise en œuvre du couvre-feu.

"La ville est redevenue calme; il est temps pour le gouvernement de Yobe d’assouplir ce couvre-feu", a déclaré Adamu à IPS par téléphone.

Abubakar Mohammed est un homme d'affaires originaire de Potiskum qui a fui vers l'Etat de Kano parce qu’il ne pouvait pas supporter les difficultés causées par le couvre-feu et les combats entre 'Boko Haram' et les forces nigérianes.

"J'ai emménagé à Kano parce que la vie était misérable à Potiskum. Les affaires ne marchent pas bien, les revenus baissent et les gens vivent toujours dans la crainte des attaques provenant de 'Boko Haram' ou de l'armée", a expliqué Mohammed à IPS à Kano.

Les civils pris dans les combats ont accusé le Corps expéditionnaire interarmes (JTF) de les attaquer. C'est une déclaration qui a été soutenue par 'Amnesty International', qui a publié un communiqué le 1er novembre accusant les forces nigérianes de violations des droits humains.

"Chaque injustice faite au nom de la sécurité ne fait qu’alimenter le terrorisme, créant un cercle vicieux de meurtres et de destruction", a affirmé le secrétaire général de l'organisation, Salil Shetty, dans une déclaration faite à la presse.

Dans un communiqué envoyé par courriel, le porte-parole du JTF, le lieutenant-colonel Sagir Musa, a nié ces allégations.

En attendant, les enfants de Potiskum sont incapables d’aller à l'école, puisque l'Ecole primaire Sabon Layi, l'Ecole primaire King Abdulaziz et le collège 'Senior Science Secondary School' figurent parmi les écoles incendiées lors de la récente attaque dans une guerre qui semble être menée contre l'idée d’une éducation occidentale. 'Boko Haram' signifie "l'éducation occidentale est un péché".

Adamu a visité les lieux et a signalé que plusieurs écoles ont été touchées par les attaques des islamistes.

"J'ai vu environ cinq écoles incendiées à Potiskum", a-t-il dit.

Alors que les habitants de Potiskum se plaignent du couvre-feu, le gouvernement de Yobe a déclaré qu'il ne serait pas levé de si tôt.

"Le couvre-feu est toujours là de 16 heures à sept heures du matin et il est destiné à protéger les personnes et les biens", a expliqué à IPS, Abdullahi Bego, conseiller spécial du gouverneur de Yobe aux affaires de la presse et de l'information, dans une interview téléphonique.

Des analystes de la sécurité affirment que le gouvernement n'a pas pris la mesure appropriée par rapport aux rapports des services de renseignements sur 'Boko Haram' avant qu'ils ne deviennent si influents dans le pays. S'il l’avait fait, il aurait pu chasser les islamistes ou réduit leurs activités depuis des années, a déclaré à IPS, James Kura Garba, un analyste de la sécurité et ancien chef des Services de sécurité d’Etat à la retraite, basé dans l'Etat de Kaduna dans le nord.

"Avant que le désordre de 'Boko Haram' ne commence, il y a eu des rapports des services de renseignements selon lesquels ces hommes armés suivaient une formation dans des camps à l'extérieur du Nigeria. Mais le gouvernement n'a pas réagi", a indiqué Kura.

"Le gouvernement a commis une erreur en n'utilisant pas les rapports des services des renseignements en temps opportun; il aurait pu empêcher les activités de 'Boko Haram' ou réduire (le groupe) à sa plus simple expression", a déclaré Garba. (FIN/2012)

 

 

 

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