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AFRIQUE
Le Canada lorgne les ressources alors que l’aide étrangère baisse
Fawzia Sheikh

TORONTO, 16 nov (IPS) - Avec une attention particulière sur le Nigeria, producteur de pétrole, et le Ghana, riche en minéraux, Ottawa renforce sa stratégie commerciale en Afrique, mais certaines personnes au sein des communautés économiques et de développement international ont exprimé leurs inquiétudes au sujet de l'approche du Canada.

Le gouvernement canadien a été critiqué pour avoir réduit l'aide étrangère il y a quelques années, et en particulier lorsque l'Afrique enregistrait certains des plus grands succès.

L'Agence canadienne de développement international a arrêté des programmes bilatéraux dans les pays où les efforts d'aide sont entravés par des coûts d'opération élevés, notamment le Rwanda, la Zambie, le Zimbabwe, le Malawi et le Niger. L'agence a également décidé de réduire et de concentrer ses programmes bilatéraux dans cinq Etats, dont le Mozambique, l'Ethiopie et la Tanzanie.

Pourtant, en octobre, après des années d’observation du continent comme étant surtout un bénéficiaire de l'aide étrangère, le gouvernement conservateur a annoncé une mission commerciale prévue pour janvier 2013, englobant les industries des ressources extractives et les secteurs des infrastructures liées à l'énergie, à la production de l'électricité et à l’exploitation minière.

Cette attention retrouvée n'est pas surprenante, étant donné que l'Afrique semble être en train de reprendre.

Entre 1995 et 2010, la croissance moyenne annuelle du produit intérieur brut de l’Afrique était de 4,3 pour cent, faisant du continent l’une des régions ayant la croissance la plus rapide au monde, a écrit dans un courriel adressé à IPS, Rudy Husny, porte-parole d’Ed Fast et ministre canadien du Commerce international. Cette forte croissance économique devrait se poursuivre cette année et en 2013, a-t-il indiqué.

Environ 100 entreprises canadiennes opèrent au Ghana, qui offre un climat politique stable pour les affaires et respecte l’Etat de droit, selon le ministère du Commerce. Les deux pays ont annoncé 321 millions de dollars dans le commerce bilatéral de marchandises en 2011, soit une augmentation de 61 pour cent par rapport à 2010, a souligné Husny.

En 2011, le commerce bilatéral de marchandises entre le Canada et le Nigeria, le plus grand partenaire commercial du Canada en Afrique subsaharienne et le pays le plus peuplé du continent, s’élevait à plus de 2,7 milliards de dollars, soit une augmentation de 44 pour cent depuis 2010, indique le ministère.

La jeune Association Nigeria-Canada des affaires vise à aider les entreprises canadiennes et nigérianes à doubler les échanges commerciaux pour atteindre six milliards de dollars d’ici à 2015.

Les échanges commerciaux, et non l’aide, constituent-ils la réponse en Afrique?

Sans doute, il y a une attention croissante pour les taux très intéressants de croissance économique en Afrique et aussi pour la richesse des ressources naturelles qui attire beaucoup les entreprises canadiennes", a reconnu Sylvie Perras, la coordinatrice du Forum Afrique-Canada au Conseil canadien pour la coopération internationale (CCCI) à Ottawa.

Le gouvernement du premier ministre, Stephen Harper, passe de l'aide aux échanges commerciaux, a déclaré Perras à IPS, admettant que les stratégies de développement du secteur privé du Canada pour l'Afrique sont importantes mais qu’elles doivent être compatibles avec la réduction de la pauvreté et les objectifs de développement des pays africains eux-mêmes.

Au total, a-t-elle indiqué, un pays en développement est contraint de renforcer les potentiels avantages sociaux, économiques et environnementaux de l'investissement extérieur et des échanges commerciaux, ainsi que de réduire au minimum les dommages potentiels que ce financement peut causer.

C'est pourquoi, a-t-elle affirmé, son organisation fait pression pour l'inclusion d'une évaluation de l'impact sur les droits humains dans tous les accords de commerce et d'investissement qu’Ottawa conclut avec les gouvernements étrangers.

En octobre, le Canada a conclu un accord de promotion des investissements avec la Tanzanie, un pays qui verra une augmentation des investissements du Canada dans plusieurs secteurs, notamment l’exploitation minière, le pétrole, le gaz et les transports. Ottawa a également développé des initiatives commerciales et d'investissement avec le Bénin, le Burkina Faso, le Cameroun, la Côte d’Ivoire, le Ghana, la Tunisie, la Zambie et le Sénégal.

Comme le ministre canadien du Commerce et sa délégation se rendront en Afrique de l’ouest au début de l'année prochaine pour dénicher des opportunités dans les secteurs des industries extractives et des infrastructures, le CCCI, le groupe de Perras, continue également de chercher à renforcer les politiques de responsabilité sociale des entreprises canadiennes, en particulier concernant les activités minières en Afrique.

"Cela a été très rarement bénéfique pour les pays africains", a estimé Perras. "Nous disons que cela crée des emplois, ou il crée des revenus, mais quand nous y voyons de plus près, ce n'est pas forcément le cas".

Les pays riches en minéraux n'ont pas favorisé le développement économique de leurs populations locales, selon un document d'information du CCCI, puisque les taux de chômage élevés, la dette et la pauvreté sont largement répandus dans les communautés minières.

Selon un rapport de l'Organisation de coopération et de développement économiques, publié au début de cette année, la baisse de l'aide publique au développement du Canada depuis 2011, ainsi que la décision de zéro aide publique au développement dans certains pays qui sont essentiellement à revenu intermédiaire, "peuvent saper le soutien [que le Canada a] accordé ces dernières années aux pays pauvres ayant de faibles capacités, en particulier en Afrique subsaharienne". (FIN/2012)

 

 

 

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