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SOMALIE
Grands défis dans la politique étrangère pour la "dame de fer"
Abdurrahman Warsameh

MOGADISCIO, 22 nov (IPS) - Fauzia Yusuf Haji Adan, une politicienne peu connue, a prêté serment en tant que première femme ministre des Affaires étrangères de la Somalie et vice-Premier ministre lundi. Cette femme d’Etat qui vient de la République autoproclamée non reconnue du Somaliland est pressentie pour devenir la "dame de fer" du pays.

C’est l’avis de Mohamed Daahir Omar, un allié politique d’Adan, qui travaillait étroitement avec elle dans la politique locale du Somaliland, dans laquelle il est actuellement actif.

"Nous connaissons Fauzia comme une personne ayant une forte détermination et comme un individu accessible qui aime à trouver le consensus. Mais quand elle doit prendre une décision, elle y va tout droit et travaille à convaincre les autres de sa façon de voir. Elle réussissait la plupart du temps, et pour cela elle peut être considérée comme la dame de fer de la Somalie", a déclaré Omar à IPS, depuis Hargeisa, capitale du Somaliland, faisant allusion à la forte volonté d'Adan.

Adan, qui est rentrée de sa première visite d'Etat au Djibouti voisin le 18 novembre et qui a raté la cérémonie officielle de prestation de serment du gouvernement le 15 novembre, prend les rênes de leadership dans un pays ayant un certain nombre de défis difficiles dans la politique étrangère.

Bien que les renseignements sur Adan et sa formation soient incomplets, et qu’elle se soit montrée réticente à accorder des interviews à la presse, Omar a dit qu'en raison de ses aptitudes de bâtisseuse de consensus, la nouvelle ministre des Affaires étrangères pourrait jouer un rôle dans l’élimination de la division entre ce pays de la Corne d'Afrique et le Somaliland.

L’une de ses premières tâches sera de faire avancer les négociations timides et délicates entre le gouvernement somalien et les politiciens dans cet Etat du nord. Le Somaliland a déclaré unilatéralement son indépendance à l’égard du reste de la Somalie suite à l'effondrement du gouvernement du pays en 1991.

"Les négociations entre la Somalie et le Somaliland seront une épreuve décisive pour Adan parce que, en tant que nordiste, elle devra démontrer à son peuple qu'elle ne veut pas le forcer dans une union [avec la Somalie] dont il ne veut pas".

"Mais au même moment, en tant que ministre clé du gouvernement fédéral, elle doit représenter les points de vue du gouvernement - le caractère sacré de l'unité nationale et la souveraineté", a expliqué à IPS, Garaad Jama, un analyste du Centre pour la paix et la démocratie, un groupe de réflexion en Somalie.

Adan, qui est la seule des deux femmes dans ce gouvernement de 10 membres nommée par le Premier ministre Abdi Farah Shirdon, devra également faire face à la friction croissante entre le Kenya et la Somalie au sujet de la création de zones d'administration locale dans le sud de la Somalie.

L'armée kényane a pris la ville portuaire de Kismayo, dans le sud de la Somalie, contrôlée par Al-Shabaab, à la fin de septembre. Ce port était l'un des bastions clé de ce groupe islamiste radical lié à Al-Qaïda.

Mais le Kenya serait en train de faire pression pour que la région sud de la Somalie appelée Azania ou Jubaland - où Kismayo est la ville principale - bénéficie du statut d'un Etat autonome, pour servir de zone tampon entre le Kenya et le chaos en Somalie.

Le gouvernement somalien a exprimé à plusieurs reprises son opposition à la création d'un tel Etat, craignant qu’il devienne un satellite du Kenya plutôt qu'une administration locale qui tomberait sous son contrôle.

Bien que le Kenya ait nié avec véhémence ces accusations, ses soldats au contrôle de l'aéroport de Kismayo ont empêché une délégation du gouvernement somalien d'entrer dans la ville le 7 novembre, après que le chef d’une milice locale s'est opposé à leur arrivée.

"Les signes ne sont déjà pas bons, avec la détérioration des relations entre le Kenya et le nouveau gouvernement somalien ainsi que d’autres défis difficiles et pressants", a indiqué à IPS, Maryan Muumin, une activiste des droits des femmes de l'Organisation nationale des femmes de la Somalie (SNWO) à Mogadiscio.

"Il semble que la tâche difficile pour la nouvelle ministre des Affaires étrangères est claire et il revient à Adan de faire face aux défis auxquels elle est confrontée, non seulement en tant que ministre des Affaires étrangères de la Somalie, mais aussi comme la première femme à occuper ce poste", a-t-elle déclaré.

Adan aura également à faire face à Al-Shabaab, qui constitue encore une menace pour le gouvernement dans plusieurs régions du sud et du centre de la Somalie.

Al-Shabaab, qui est opposé à ce que les femmes jouent des rôles en dehors de la maison et qui a imposé une charia stricte dans certaines parties du pays qu'il contrôle, a menacé de cibler les dirigeants du gouvernement somalien soutenu par les Nations Unies. Ce groupe militant a mené une tentative ratée visant à assassiner le nouveau président du pays, Hassan Sheikh Mohamud, le 12 septembre, deux jours après sa prise de pouvoir.

"Bien qu’Al-Shabaab ne soit plus maintenant en position de force, le groupe constitue la plus grande menace pour tout gouvernement en Somalie", a déclaré Jama. "La façon dont ce nouveau gouvernement fait face à ce groupe militant, qui a assassiné plusieurs ministres et d'autres hauts cadres du gouvernement, sera un test majeur pour les ministres, y compris la première femme ministre des Affaires étrangères".

Adan a qualifié sa nomination d’un précédent qui ouvrira les portes pour les femmes somaliennes.

"C'est un jour historique non seulement pour les femmes somaliennes, mais aussi pour toute la Somalie", a déclaré Adan après l'annonce de sa nomination le 4 novembre.

Haliam Elmi de la SNWO a confié à IPS que la nomination d'Adan était "un cadeau non seulement pour les femmes somaliennes, mais aussi pour l'Afrique et le monde en général parce que les situations des femmes sont similaires dans plusieurs parties du monde". (FIN/2012)

 

 

 

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