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MAURITANIE
L’insémination artificielle pour accroître la production laitière
Mohamed Abderrahmane

NOUAKCHOTT, 29 nov (IPS) - "Grâce au croisement de cinq vaches avec des races européennes hautement productives, je réalise une production journalière de 80 litres de lait", déclare à IPS, Mohamed Ould Bouthiah, un éleveur de bovins à Rosso, dans le sud de la Mauritanie.

Propriétaire de 15 vaches hybrides, Bouthiah, 50 ans, qui dirige un groupement laitier, affirme qu’avec 150 vaches de race locale, il ne peut produire que 320 litres de lait par jour. Par contre, il dit qu’avec seulement 20 têtes de race croisée, il peut obtenir la même quantité avec moins de fourrage.

"L’amélioration génétique est le moyen approprié pour promouvoir l’élevage bovin, car avec un nombre réduit de vaches et moins de fourrage, on réalise une production rentable", indique Bouthiah, souriant.

La Mauritanie dispose d’un potentiel d’élevage bovin évalué à plus d’un million de têtes, mais importe 70 pour cent de ses besoins en lait, selon le ministère du Développement rural (MDR).

Commentant ce paradoxe, Mohamed Lemine Ould Hakky, chef du service chargé de l’amélioration de la production animale au MDR et responsable d’une ferme pilote pour l’insémination artificielle des vaches, explique à IPS que les bovins locaux présentent des inconvénients d’ordre génétique. Cette ferme a été créée en 2011 par le gouvernement mauritanien pour traiter, nourrir et inséminer, pendant environ trois mois, quelque 300 vaches à Idini, à 50 kilomètres à l’est de Nouakchott, la capitale.

"Pour surmonter les insuffisances en question, les services du MDR ont opté, entre 2006 et 2009, pour la mise en œuvre d’un système d’amélioration génétique et de promotion de la santé animale à travers des campagnes ciblant 1.000 vaches laitières dans les régions du Trarza (sud-ouest), Brakna et Gorgol (sud-est)", souligne Hakky.

Ces opérations ont rehaussé la production qui est passée à 16 litres de lait par jour pour une vache de race croisée, alors que les espèces locales ne produisent pas plus de trois litres par jour, selon Dr Mohamed Ould Hacen, vétérinaire à la direction de l’élevage au MDR.

Zeindine Diallo, éleveur à la ferme de Gorgol, réclame une meilleure protection des bovins inséminés pour aller d’une ancienne génération vers une nouvelle afin de s’éloigner de la race locale et de rehausser davantage la production.

S’agissant de la production en viande, Hacen indique que le poids du veau à la naissance est passé de 16 kilogrammes pour la race locale à 28 kg pour la race croisée.

"Les opérations d’insémination artificielle, réalisées avec l’appui technique de l’Ecole inter-Etats des sciences et médecine vétérinaires de Dakar n’ont donné d’effet qu’après trois ans..., après que la génisse hybride a mis bas. Ainsi, sur 1.000 vaches inséminées, un taux de réussite de 40 pour cent était atteint", souligne Hacen.

Selon Hakky, la consommation globale de lait en Mauritanie est de quelque 52.000 tonnes par an, alors que la production nationale est de 12.000 tonnes, ce qui représente 30 pour cent des besoins nationaux, alors que le secteur de l’élevage contribue pour 14 pour cent au produit intérieur brut national.

Les statistiques de la douane évaluent le coût annuel des importations mauritaniennes de lait à 50 millions de dollars, selon El Hacen Ould Taleb, éleveur et président du Groupement national des associations de coopératives pastorales (GNAP).

Selon Moktar Fall, conseiller au MDR, chargé de l’élevage, la ferme pilote d’insémination artificielle du gouvernement vise à lutter contre la pauvreté et la malnutrition par l’amélioration des espèces et l’augmentation de la production laitière et de la viande.

Les Mauritaniens sont de gros consommateurs de lait, avec une moyenne de 0,9 litre par habitant et par jour, contre un taux de 0,08 litre pour les pays de l’Afrique subsaharienne, indique Hakky.

Le ministre du Développement rural, Brahim Ould M’Bareck, a annoncé, en novembre, la création prochaine de deux autres fermes d’insémination artificielle au niveau du lac de Kankossa (sud du pays) et de la marre de Mahmouda (sud-est).

Des cultures fourragères seront réalisées dans ces deux zones avec l’expertise chinoise, ajoute le ministère.

Le GNAP réclame une recherche scientifique approfondie sur la pérennité et la rentabilité du produit issu de cette expérience, indique Taleb à IPS, affirmant qu’il ne pense pas que la Mauritanie soit capable de produire actuellement le fourrage nécessaire pour un élevage intensif.

Une étude de la Banque mondiale réalisée en 2004 montrait déjà que le secteur de l’élevage, s’il est valorisé, pourrait satisfaire 70 pour cent des besoins du pays en lait.

Basées dans la capitale, les quatre sociétés nationales de production de lait pasteurisé n’absorbent que cinq pour cent de la production nationale, affirme Hakky. Le reste de la production est, dit-il, utilisé pour la consommation locale dans les campements, les villages et les autres villes, mais aussi pour nourrir les veaux, les petits chamelons et les petits ruminants.

"Nous demandons la réalisation d’une usine de lait de longue conservation et des unités de tannerie et de production fourragère pour permettre au pays d’économiser les 50 millions de dollars destinés à l’importation et, pourquoi pas, à terme exporter le lait mauritanien", souligne Taleb, président du GNAP. (FIN/2012)

 

 

 

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