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Q&R
Comment des financements innovants combattent le VIH/SIDA
Julia Kallas interviewe PHILIPPE DOUSTE-BLAZY, sous-secrétaire général des Nations Unies chargé des financements innovants et président du Conseil d'administration de l'UNITAID

NATIONS UNIES, 3 déc (IPS) - Au moment de la Journée mondiale de lutte contre le SIDA, le fait que le nombre d'enfants nouvellement infectés par le VIH continue de baisser est une bonne nouvelle pour l'UNITAID, le mécanisme international d'achat de médicaments abrité par l'Organisation mondiale de la santé.

Mais l’UNITAID est également bien consciente du fait que beaucoup reste à faire pour les enfants qui vivent déjà avec la maladie.

Philippe Douste-Blazy, un Français, est un conseiller spécial qui fait la promotion de l’UNITAID et d'autres sources de financements innovants pour la réalisation des Objectifs du millénaire pour le développement (OMD).

"Il y a eu quelques progrès, mais il reste encore beaucoup à faire par la communauté internationale", a déclaré Douste-Blazy à IPS concernant la lutte contre le VIH/SIDA. "Malheureusement, nous n'avons pas assez d'argent pour atteindre les OMD d'ici à 2015", a-t-il ajouté.

Douste-Blazy a parlé à la correspondante de IPS à l'ONU, Julia Kallas, des progrès qui ont été faits dans la prévention de la transmission du VIH de la mère à l'enfant, mais aussi de comment la communauté internationale doit continuer à fournir aux pays en développement des traitements du VIH pour l'enfant.

Voici quelques extraits de l'interview.

Q: Quel est le scénario actuel de financement pour le traitement du VIH chez les enfants dans les pays en développement?

R: Environ 3,3 millions d'enfants vivent aujourd'hui avec le VIH. Malheureusement, nous n'avons pas assez d'argent pour atteindre les Objectifs du millénaire pour le développement en général, mais en particulier pour atteindre les OMD liés à la santé - le VIH, la tuberculose et le paludisme.

Nous devons trouver des financements maintenant parce qu’avec la crise économique actuelle, nous assistons à une diminution spectaculaire de l'Aide publique au développement (APD). Ce sera difficile pour tous les pays d’apporter une aide. Nous ne pouvons pas demander au gouvernement grec, par exemple, de donner trois milliards de dollars pour les pays en développement parce que le pays même voit une augmentation de la pauvreté. Alors, nous verrons une augmentation de la mortalité infantile.

Nous devons créer des financements innovants pour le développement. Par exemple, l’UNITAID a placé une petite taxe sur les billets d'avion. Ce financement aide à combattre le VIH chez les enfants.

Les enfants sont rarement nés avec le VIH dans les pays riches parce que les mères vivant avec le VIH sont soignées pendant la grossesse pour s'assurer que leurs bébés naissent sans le VIH. Pourtant, plus de 1.000 enfants naissent séropositifs tous les jours - 99 pour cent d'entre eux en Afrique. Seulement 28 pour cent sont soignés.

Nous avons analysé ce qui intéressait les entreprises à produire des médicaments anti-rétroviraux. Notre financement à long terme a incité les fournisseurs à fabriquer des médicaments adaptés aux enfants, alors nous avons pu acheter des pilules pendant cinq ans. Plusieurs fournisseurs de médicaments génériques qui sont entrés sur le marché ont diminué le prix des pilules de 70 pour cent.

Avant, aucun enfant n'était soigné par des anti-rétroviraux périodiques, mais avec un sirop d'adulte, 18 fois par jour. Maintenant, avec seulement deux pilules par jour, les enfants peuvent être traités.

Q: Le 1er décembre, c’est la Journée mondiale de lutte contre le SIDA. Devrions-nous célébrer de grands progrès?

R: Oui. Nous pouvons voir que certains progrès ont été accomplis, mais il reste encore beaucoup à faire par la communauté internationale. Pour la première fois, plus de 50 pour cent des 15 millions de malades qui ont besoin d'un traitement anti-rétroviral y ont accès.

Ce sont également d'énormes progrès que nous ayons moins de sept millions de nouvelles infections au VIH à travers le monde, en particulier en Afrique subsaharienne. Cependant, malheureusement en Europe de l'est, en Russie et en Indonésie, l'infection a augmenté.

Q: Pouvez-vous parler du développement de la dose fixe de combinaison de médicaments de trois en un seul contre le SIDA pour les enfants?

R: Depuis sa fondation, l’UNITAID travaille sur la lutte contre le VIH pédiatrique en créant un marché pour des traitements anti-rétroviraux de qualité adaptés aux enfants. Avant, il n'y avait aucune incitation pour les sociétés pharmaceutiques à investir dans des médicaments anti-rétroviraux adaptés aux enfants. Les traitements du VIH pour les enfants dans les pays à faible revenu étaient des sirops destinés aux adultes - jusqu'à 18 doses d’un goût infect par jour.

Alors la dose fixe de combinaison de médicaments de trois en un seul contre le SIDA pour les enfants constitue une innovation majeure, de 18 doses par jour à un comprimé deux fois par jour. C'est un énorme progrès. Chaque année, l’UNITAID finance les traitements de plus de 100.000 enfants. Il est maintenant temps de suivre notre travail avec le VIH pédiatrique.

Q: Comment le nouvel agenda d’un développement durable post-2015 aborde-t-il le VIH/SIDA, et qu’est-ce qui peut être fait plus efficacement?

R: Nous ne pouvons pas continuer si nous n'avons pas d'argent. Tous les chefs d'Etat, chefs de gouvernement ou députés affirment que nous allons atteindre les OMD. Ce n'est pas vrai.

Pour lutter contre le VIH, nous avons besoin de trois choses. Premièrement, la prévention. Nous devons aider à éviter que les personnes très exposées telles que les prostituées et les homosexuels deviennent infectées. Deuxièmement, nous devons assurer l'accès universel au traitement. Seulement 54 pour cent d’adultes et 28 pour cent d’enfants bénéficient d’un traitement aujourd'hui.

Enfin, nous devons collecter des fonds pour atteindre les OMD - nous avons besoin davantage de financements innovants. Avec l’UNITAID, nous avons prouvé que cela est possible. (FIN/2012)

 

 

 

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