Inter Press Service News Agency
22:04 GMT    
   Accueil
   Afrique Australe
   Afrique Centrale
   Afrique de l'Est
   Afrique
            de l'Ouest
   Droits de
            l'homme
   Développement
   Environnement
   Population
   Santé
   Education
   Finance
   Politique
   Energie
   Culture
 
 
   ENGLISH
   ESPAÑOL
   FRANÇAIS
   ARABIC
   DEUTSCH
   ITALIANO
   JAPANESE
   NEDERLANDS
   PORTUGUÊS
   SUOMI
   SVENSKA
   SWAHILI
   TÜRKÇE
RSS / SML
PrintSend to a friend

DEVELOPPEMENT
De Doha à Dakar, l’insécurité alimentaire est la norme
Mantoe Phakathi

DOHA, 5 déc (IPS) - Le Qatar peut être l'un des pays les plus riches au monde, mais il a quelque chose en commun avec ses homologues africains - l'insécurité alimentaire.

Cette nation du Moyen-Orient, productrice de pétrole, importe 90 pour cent de ses aliments parce que c'est un pays aride.

"Les aliments sont très chers ici", a déclaré à IPS, un Ghanéen immigrant, conducteur de taxi, qui a préféré garder l’anonymat.

"Ici, un litre d'essence coûte moins cher que l'eau", a indiqué ce chauffeur qui a passé la dernière semaine à conduire les délégués à la 18ème Conférence des parties (COP 18) à la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (CCNUCC) sur leur lieu de réunion.

Alors que les problèmes de l’insécurité alimentaire au Qatar sont dus à son sol, les pays africains sont aux prises avec l'insécurité alimentaire à cause de la pauvreté et des conditions météorologiques irrégulières qui ont considérablement réduit la production agricole au fil des années, a expliqué à IPS, Emmanuel Seck, directeur de programmes à 'Environnement et développement du tiers-monde', une organisation non gouvernementale (ONG) basée à Dakar, la capitale sénégalaise.

Alors que les pays africains ont du mal à utiliser leurs vastes ressources en terre pour améliorer la production alimentaire en raison des changements climatiques, le Qatar, comme d'autres Etats du Golfe et des économies émergentes telles que la Chine, loue et achète des terres en Afrique, a indiqué Seck. Selon un rapport publié en 2012 par 'Oakland Institute', les investisseurs américains et européens sont les leaders dans l'acquisition de terres étrangères.

Mais des pays en développement tels que le Swaziland alignent déjà leurs politiques vers la production et la fourniture de denrées alimentaires au Qatar, et les deux monarchies ont établi des relations diplomatiques.

"Nous avons de vastes terres vierges dans notre pays et nous pouvons les utiliser pour produire des vivres pour le Qatar afin de renforcer notre économie", a déclaré à IPS, Mbuso Dlamini, chef de la mission technique du Swaziland à la COP 18.

Cependant, le Swaziland ne produit pas assez d’aliments de base pour ses citoyens, important une grande partie d'Afrique du Sud voisine. Le sucre constitue la plus grande source de devises pour le Swaziland.

Selon le dernier rapport du 'Worldwatch Institute', sur les 70,2 millions d'hectares de terres mises en bail ou achetées à travers le monde au cours de la dernière décennie, 34,3 pour cent se trouvent en Afrique. Le Qatar et d'autres Etats du Golfe ont acquis au total 6,4 millions d'hectares de terres dans des pays en développement.

Bruce Campbell, directeur de programmes au Programme de recherches sur les changements climatiques, l'agriculture et la sécurité alimentaire (CCAFS) du Consortium des centres internationaux de recherches agricoles (CGIAR), a indiqué qu'un équilibre doit être trouvé afin d'assurer que les communautés pauvres qui dépendent de l'agriculture de subsistance ne soient pas expulsées de leurs terres pour laisser place aux projets agricoles des gouvernements étrangers et des entreprises multinationales.

"Les pays doivent mettre en place des mécanismes qui garantissent que la mise en bail des terres ne prive pas les communautés de leurs droits", a souligné Campbell à IPS.

Il a affirmé que la mise en bail des terres pourrait ne pas être nécessairement une mauvaise idée puisque certaines personnes abandonnent l'agriculture de subsistance pour trouver un emploi. Campbell a déclaré que les directives sur un Bail responsable des terres, de la pêche et des forêts, dans le Contexte de la sécurité alimentaire, conduit par l'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture, aideraient les pays à trouver cet équilibre.

Emma Limenga, une chercheuse à l'Université de Dar es Salaam, en Tanzanie, a prévenu les gouvernements africains contre la mise en bail des terres pour de longues périodes. Normalement, les contrats de bail de terre durent 99 ans, ce qui, selon Limenga, mettrait en danger la sécurité alimentaire des générations futures.

"Rappelez-vous, les générations futures ne sont pas responsables des décisions que nous prenons aujourd'hui", a souligné Limenga dans une interview accordée à IPS. "Un contrat de bail de 10 à 20 ans est raisonnable".

Elle a estimé que mettre en bail des terres et justifier cette pratique en affirmant que cela créerait des emplois, n'était ni bon ni mauvais. Elle a souligné que bien que les communautés pauvres puissent avoir accès à la terre, elles pourraient ne pas être en mesure d'acheter de la nourriture à cause du chômage.

"Certaines communautés ne cultivent même pas la terre en raison des conditions météorologiques irrégulières... L'accès à des emplois aide les gens à être en mesure d'acheter de la nourriture", a déclaré Limenga.

Patrice Burger, directeur exécutif de l'ONG 'Centre d'actions et de réalisations internationales, a indiqué à IPS que la pauvreté en Afrique ne devrait pas être une excuse pour "l’accaparement des terres".

Burger a expliqué que la réhabilitation des terres arides était la solution à l’accaparement des terres et à l'insécurité alimentaire.

"Les terres arides sont dues aux variations climatiques sur plusieurs années", a-t-il dit. "Il est moins coûteux de réhabiliter les terres grâce à l'utilisation des engrais et de l'agriculture écologique que de les laisser continuer à se détériorer".

"Il est dans l'intérêt des pays comme le Qatar de commencer à produire leurs propres aliments parce qu'à un certain moment, ils n’auront plus de pétrole et ne pourront pas supporter les coûts élevés de l'importation de ce besoin fondamental", a déclaré Burger.

Il a indiqué que bien que la terre ait connu le plus grand impact des changements climatiques, les négociations à Doha, la capitale du Qatar, ont ignoré cet aspect. Et il a soutenu que la Convention des Nations Unies sur la lutte contre la désertification est le cousin pauvre dans le système des Nations Unies parce que la terre ne bénéficie pas de la place qu'elle mérite. (FIN/2012)

 

 

 

  Dernières Nouvelles
News in RSS
ILES DU PACIFIQUE: L’égalité des sexes préoccupe les dirigeants de la région
BRESIL: Le "Dalaï Lama de la forêt tropicale" confronté à des menaces de mort
SYRIE: Le TNT et la ferraille vident la capitale industrielle du pays
OUGANDA: Aider les femmes séropositives à éviter des grossesses non désirées
INDE: Les droits fonciers et l’éducation peuvent-ils sauver une ancienne tribu?
CAMEROUN: La récurrence de l’épidémie de choléra souligne des écarts de développement
KENYA: Une femme se bat pour trouver le vrai contraceptif
AFRIQUE: Contraception, le maillon le plus faible de la prévention du VIH
SANTE: Le Nigeria prend conscience de la menace du SIDA dans le pays
KENYA: L’extraction de sable, un travail dangereux, attire les jeunes
More >>