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ANGOLA
Des entreprises chinoises et brésiliennes construisent le nouveau pays
Mario Osava

LUANDA , 5 déc (IPS) - "A Luanda il n'y a pas d’allumettes". C'est ce que disait la première ligne d'un rapport rédigé par le lauréat du Prix Nobel de littérature, Gabriel García Márquez dans la capitale angolaise en 1977.

Le savon, le lait, le sel et l’aspirine étaient d'autres produits qui étaient difficiles à trouver dans une ville qui, avait-il écrit, "a surpris" les visiteurs avec "sa beauté moderne et éclatante", bien que ce soit en réalité "une coquille vide éblouissante".

L'accent que cet écrivain colombien a mis sur les pénuries qu’a connues ce pays déchiré par la guerre, a nui à la fierté des Angolais qui avaient lu son rapport. Mais il avait effectivement décrit le chaos hérité de la colonisation portugaise et de la guerre d'indépendance, un an et demi après que l'Angola est devenu indépendant en 1975.

Aujourd'hui, 35 ans plus tard, ce sont les excès et les contrastes criants qui choquent le visiteur de cette ville en Afrique australe. De nouvelles voitures luisantes sur des routes et autoroutes toutes neuves bordées par des milliers d'immeubles de bureaux encore vides ou à moitié construits, des blocs d’appartements et des tours résidentielles sont en contraste frappant avec les bidonvilles tentaculaires autour de la ville.

Des panneaux de signalisation écrits en chinois sur des chantiers de construction reflètent clairement le niveau élevé de la participation du géant asiatique à la construction du nouvel Angola aujourd’hui.

Le projet le plus ambitieux, mené par des entreprises chinoises, est la 'Nova Cidade de Kilamba' (la nouvelle Cité de Kilamba), un énorme projet conçu pour abriter un demi-million de personnes, située à 20 kilomètres au sud du centre-ville de Luanda, la capitale du pays.

Quand il sera achevé, le nouveau quartier aura plus de 80.000 appartements construits pour des familles de grande taille - la norme en Angola - dans des immeubles de cinq à 13 étages. Cette cité doit être également dotée de dizaines d'écoles, de garderies, de centres de santé et de commerces.

Près d'un quart des bâtiments ont été achevés. Mais la quasi-totalité d'entre eux sont vides, bien que plus de 3.000 appartements soient déjà disponibles lors de l’inauguration du projet en juillet 2011.

Des entreprises brésiliennes sont également impliquées dans la construction de la nouvelle cité, en particulier le géant de la construction 'Odebrecht', qui est chargée des projets clé comme les réseaux d'électricité et d'eau, et la construction de routes.

La présence des entreprises étrangères dans les nouveaux projets massifs "n'est pas quelque chose à admirer, parce qu’elle montre qu'il n'existe aucune société nationale ayant la capacité de les construire", a déclaré l'un des écrivains les plus célèbres de l'Angola, Artur Pestana, mieux connu sous le nom Pepetela, qui est également professeur de sociologie.

"Les Chinois construisent plus vite, ils travaillent 24 heures sur 24, et ils offrent des prêts à long terme presque sans intérêt", a-t-il indiqué. Mais ils emploient peu d’ouvriers angolais et "il y a beaucoup de plaintes au sujet de la qualité de leurs travaux de construction", a-t-il ajouté.

Pendant ce temps, les entreprises brésiliennes "ont apparemment tiré leur leçon de quelques fiascos initiaux qui ont fait d’elles la cible de blagues nationales, et aujourd’hui elles se distinguent par la qualité de leur travail", ce qui leur permet de rivaliser avec les Chinois, a affirmé l'auteur, qui a publié plusieurs romans historiques qui sont critiques à l’égard du gouvernement de José Eduardo dos Santos, président depuis 1979.

Odebrecht, un consortium brésilien qui opère dans 35 pays, est devenu un leader dans les travaux d'infrastructures en Angola après 1984, lorsqu’il a signé un contrat pour la construction du barrage hydroélectrique de Capanda sur le fleuve Kwanza, à 360 km de la capitale, construit pour approvisionner Luanda.

La guerre civile, qui a éclaté après l'indépendance, a entraîné de longs retards dans la construction de ce barrage, qui n'a pas commencé à produire de l'électricité jusqu'en 2004.

La fin du conflit armé en 2002 a déclenché une vague d'investissements dans la reconstruction et la modernisation de l'Angola, alimentées par les recettes pétrolières du pays et les crédits chinois.

Outre la construction d'autres barrages hydroélectriques de grande puissance, Odebrecht est impliqué dans la production du sucre, de l'éthanol et de l'électricité à partir de la canne à sucre, et étend les travaux d'adduction d'eau et d'assainissement à Luanda, tout en construisant des immeubles en copropriété, des routes et des autoroutes.

Il est également spécialisé dans l'extraction de diamants, et contrôle 29 supermarchés de la chaîne 'Nosso Super'.

C’était la première compagnie brésilienne non-pétrolière à commencer à opérer en Angola avec une "perspective à long terme", a déclaré Victor Fontes, directeur général de la société angolaise Elektra, qui est spécialisée dans la construction des réseaux d’électricité et d'eau. Il a indiqué que cela avait eu l’effet positif d'attirer d'autres entreprises également intéressées par le long terme, plutôt que par des opportunités à court terme seulement.

Le directeur des relations institutionnelles de 'Odebrecht Angola', Alexandre Assaf, a déclaré à IPS que le consortium est engagé dans la "continuité" en Angola, au-delà des effets des guerres ou de la crise économique mondiale.

Il y a cinq ans, seulement neuf pour cent des "postes stratégiques" dans la société étaient occupés par des Angolais - une proportion qui est passée à 41 pour cent, a-t-il noté, pour illustrer l'engagement de l'entreprise pour le développement local. (FIN/2012)

 

 

 

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