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RD CONGO
Des rivalités tribales menacent la paix au Sud-Kivu
Baudry Aluma

UVIRA, RD Congo , 20 déc (IPS) - La chefferie de la Plaine de la Ruzizi est le théâtre de violences à caractère identitaire entre Bafuliru et Barundi, deux groupes ethniques de la province du Sud-Kivu, dans l’est de République démocratique du Congo (RDC).

La chefferie est située dans la partie-est du territoire d’Uvira, dans le Sud-Kivu, le long de la rivière Ruzizi servant de frontière entre le Burundi et la RDC. Dans cette chefferie dirigée par un chef coutumier, des affrontements récurrents entre les communautés Bafuliru et Barundi menacent la paix dans cette province alors que le Nord-Kivu voisin n’est pas encore pacifié après l’attaque des rebelles du M23, en novembre.

Une délégation venue de Kinshasa, la capitale congolaise, conduite par le député national Norbert Basengezi, est en tournée dans la région depuis le 18 décembre pour appeler les deux communautés rivales à la paix.

Des affrontements avaient opposé du 11 au 15 décembre un groupe de Bafuliru aux agents de sécurité, dans lesquels cinq militaires et trois Bafuliru ont été blessés, indique à IPS, l’administrateur du territoire d’Uvira, Samuel Lunganga.

Selon Lunganga, des militaires des Forces armées de la RDC (FARDC) avaient arrêté, le 10 décembre, 14 Bafuliru pour tentative de meurtre après un conflit foncier ayant opposé des Barundi aux Bafuliru à Kabunambo, une localité de la région.

Des Bafuliru en colère perturbent la circulation sur une route nationale, durant les cinq jours d’affrontements, et aucun véhicule de transport en commun ne pouvait circuler entre Bukavu et Uvira, les deux principales villes du Sud-Kivu. Des banderoles hostiles au Barundi avaient été déployées: «Non au règne des Barundi chez-nous. Nous voulons la libération de nos frères arrêtés illégalement. Nous exigeons des réponses à nos revendications».

Chaque communauté a son chef, mais les Bafuliru ont toujours considéré la terre des Barundi comme la leur et les appellent à rentrer au Burundi «leur pays d’origine».

Le 15 décembre, après les affrontements, le président de l’Assemblée provinciale, Emile Baleke, et le gouverneur du Sud-Kivu, Marcellin Cishambo ont séjourné à Uvira pendant 48 heures. Ils ont fait libérer les personnes arrêtées et rouvrir la route à la circulation, le 16 décembre.

En fait, tout avait basculé le 26 avril 2012 lorsque le chef coutumier des Barundi, Floribert Ndabagoye II, a été assassiné à son domicile. Le ministère de l’Intérieur organise vite la succession par son fils Richard Nijimbere, 24 ans. Au moins cinq personnes présumées auteurs du meurtre du chef défunt ont été arrêtées.

Entre mai et juin, les Bafuliru manifestaient pour réclamer la libération de leurs "frères", illégalement arrêtés, selon eux, dans l'affaire de l'assassinat du chef.

Le 30 juillet, les suspects ont été relâchés, occasionnant des troubles, cette libération des Bafuliru étant jugée illégale par les Barundi. Le même jour, cinq personnes sont tuées, plusieurs autres blessées et des maisons incendiées. Pour les Barundi, les Bafuliru ont tout fait pour que les présumés assassins de leur chef soient relâchés sans le moindre procès.

D’autres affrontements ont opposé les deux communautés. Et le ministre provincial de l’Intérieur, Etienne Babunga, fait un bilan depuis le début des affrontements en juillet: une trentaine des morts, militaires et civils confondus, plus d’une centaine de blessés, une cinquantaine de maisons incendiées...

Dans la nuit du 16 au 17 septembre, le magasin d’armements et munitions du camp des FARDC de Luberizi a été pillé par des gens armés non-identifiés. Et le 11 octobre, deux militaires ont été grièvement blessés. Les victimes étaient tombées dans les filets des manifestants qui se rendaient au bureau de la chefferie de la Plaine de la Ruzizi où ils avaient brûlé tous les documents administratifs.

Les questions de la nationalité et de la terre divisent toujours les deux communautés. Les Bafuliru considèrent les Barundi comme des envahisseurs immigrés du Burundi et venus occuper les terres de leurs ancêtres.

Mais, selon Jean-Baptiste Bikubakuba, un conseiller du chef des Barundi, leurs ancêtres occupent ces terres depuis la Conférence de Berlin en 1885, qui avait partagé des régions entières de l’Afrique entre les grandes puissances coloniales européennes.

Après ce partage, explique-t-il à IPS, certaines de leurs familles se sont retrouvées dans ce qui est devenu le Congo et d'autres au Burundi par le fait du tracé de la frontière. Il cite également la succession de leurs rois ici depuis le 18ème siècle jusqu'à ce jour.

Faux, rétorque Silimu Kifara, le secrétaire du conseil des sages des Bafuliru, indiquant que les Bafuliru demandent l’abolition du pouvoir coutumier détenu par les Barundi qui, selon eux, doivent rentrer au Burundi.

Contacté par IPS, Nijimbere, le nouveau chef des Barundi, invite les différentes tribus à enterrer la hache de guerre et à développer leur région.

Le président de la communauté Bafuliru et ministre provincial du Plan, Patrick Somora, partage cette opinion et appelle tout le monde à conjuguer des efforts pour que leur région soit un havre de paix et un pool de développement.

Des réunions mixtes de sensibilisation sont régulièrement organisées pour faire tomber la tension. La société civile et le gouvernement provincial multiplient des messages de paix et de tolérance mutuelle.

Le 29 septembre, le ministre national de l’Intérieur, Richard Muyej, était venu dans la région pour installer un cadre de concertation. Les autorités traditionnelles des deux communautés ont signé devant lui un acte d’engagement prônant la non-violation des limites traditionnelles de chaque chefferie, la tolérance, le pardon, la convivialité et le respect mutuel.

«Nous n’allons pas accepter des attitudes qui tendent à faire faillir l’autorité de l’Etat», avait averti le ministre de l’Intérieur. (FIN/2012)

 

 

 

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