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COTE D’IVOIRE
La libération de prisonniers pro-Gbagbo conduira-t-elle à la décrispation?
Fulgence Zamblé

ABIDJAN, 25 déc (IPS) - La liberté provisoire accordée, par la justice ivoirienne, à huit prisonniers politiques est perçue en Côte d’Ivoire comme le début d’une décrispation de l’atmosphère politique et sociale, même si le climat sécuritaire reste tendu par des attaques répétées contre des cibles militaires.

Les personnes mises en liberté, le 20 décembre, et proches de l’ancien régime, étaient détenues dans le nord du pays depuis la chute de l’ancien président Laurent Gbagbo, le 11 avril 2011.

Ce sont l’ex-Premier ministre Gilbert Aké N’Gbo, les anciens ministres Désiré Dallo (Finances) et Christine Adjobi (Lutte contre le SIDA), ainsi que le journaliste Norbert Gnahoua, le syndicaliste Basile Mahan, l’ex-chef de milice Maho Gloféï, l’homme politique Jean-Jacques Béchio et l’ancien aide de camp de Gbagbo, le commandant Norbert Kouassi.

Selon Félix Bobré, un des avocats des détenus pro-Gbagbo, aucune caution n’a été payée par leurs clients. "Nous avons un sentiment mitigé. Certains de nos clients sont encore détenus alors que notre souhait, c’était de les voir tous en liberté. Nous allons donc déposer de nouvelles demandes de mise en liberté", a-t-il déclaré aux médias.

"C’est une avancée notable pour la réconciliation", affirme Eric Semian, président d’Action pour la défense des droits humains, une ONG basée à Abidjan, la capitale économique ivoirienne. "Cet acte va décrisper l’atmosphère. Pour nous, c’est un signal fort parce qu’on ne peut pas justifier une détention illimitée", dit-il à IPS.

"Nous demandons au gouvernement de faire un effort pour libérer tous les prisonniers politiques. Le problème en Côte d’Ivoire est politique. Il faut aller loin en permettant le retour apaisé des exilés", déclare Richard Kodjo, porte-parole du Front populaire ivoirien (FPI), le parti de Gbagbo aujourd’hui dans l’opposition.

Kodjo estime que ce sont des conditions minimales pour aborder de façon sereine la réconciliation nationale.

Pour le Rassemblement des républicains (RDR), le parti au pouvoir, cette libération favorisera notamment un climat d’apaisement. "Mais nous souhaitons qu’il puisse avoir un procès afin qu’ils soient écroués pour leurs actes s’ils sont coupables, et libérés définitivement s’ils sont innocentés", indique Joël N’Guessan, porte-parole du RDR.

Lamine Kourouma, un politologue basé à Abidjan, soutient que la mise en liberté des huit personnes verra les choses s’améliorer, à la différence de la libération des premiers prisonniers pro-Gbagbo, survenue en septembre 2011, dans un contexte très tendu, qui n’avait rien changé au climat politique. Il dit croire à une participation du FPI aux élections municipales et régionales de février 2013, après leur boycott des législatives de 2011.

"Avec la médiation de certains chefs d’Etat, on devrait aboutir à des gestes de conciliation de part et d’autre, entre les partis impliqués dans la crise ivoirienne", affirme Kourouma à IPS.

Lors d’une visite en France début-décembre, Sylvain Miaka Oureto, le président par intérim du FPI, avait plaidé la cause des détenus proches de Gbagbo auprès des conseillers du président François Hollande. Il a été reçu plus tard à Dakar par Macky Sall, le président sénégalais, à qui il avait soumis également la question de la libération de leurs camarades, selon le parti.

"Cette libération ne doit pas être perçue comme l’émanation d’une volonté politique, mais il s’agit plutôt d’une action judiciaire en bonne et due forme", déclare le ministre ivoirien de la Justice et des Droits de l’Homme, Mamadou Coulibaly, dans une interview parue le 22 décembre au quotidien pro-gouvernemental, 'Fraternité Matin'.

"Nous avons souhaité que ces procédures-là connaissent des avancées notables afin...que l’exception qui est la détention, demeure effectivement une exception", ajoute-t-il.

Pour sa part, Timothée N’dabian, juriste à Abidjan, souligne qu’il ne faudrait pas que l’aspect politique prenne le pas sur la justice, afin d’éviter une frustration des victimes de la crise postélectorale de 2010. "Ils sont en liberté, mais la procédure suit son cours parce que le juge d’instruction n’a pas encore fini son travail d’instruction", dit-il.

"N’empêche, la coïncidence est heureuse et porteuse d’espoir. Maintenant, il reste à dénouer l’énigme des attaques contre l’armée, qui semblent ne rien à voir avec le contexte politique actuel", souligne à IPS, Damien Kouadio, politologue à Abidjan. "Qui sont ceux qui attaquent et que veulent-ils? Il faut que l’Etat apporte enfin une réponse pour la quiétude", suggère-t-il.

En effet, sept individus ont été arrêtés le 23 décembre au camp de gendarmerie d’Agban (centre d’Abidjan), le plus grand de Côte d’Ivoire. Selon les autorités militaires, ils voulaient attaquer ce site.

Cet événement survient 48 heures après deux attaques contre un camp de gendarmerie à Yopougon (ouest d’Abidjan) et un corridor dans l’est du pays. Le bilan officiel indique un mort et un blessé dans les rangs de l’armée.

Ces attaques surviennent après plusieurs semaines d’accalmie et la nuit même de la récente libération des prisonniers pro-Gbagbo. Elles sont généralement attribuées, par le pouvoir, aux proches de l’ancien régime, mais ces accusations sont rejetées par le FPI. (FIN/2012)

 

 

 

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