Inter Press Service News Agency
11:19 GMT    
   Accueil
   Afrique Australe
   Afrique Centrale
   Afrique de l'Est
   Afrique
            de l'Ouest
   Droits de
            l'homme
   Développement
   Environnement
   Population
   Santé
   Education
   Finance
   Politique
   Energie
   Culture
 
 
   ENGLISH
   ESPAÑOL
   FRANÇAIS
   ARABIC
   DEUTSCH
   ITALIANO
   JAPANESE
   NEDERLANDS
   PORTUGUÊS
   SUOMI
   SVENSKA
   SWAHILI
   TÜRKÇE
RSS / SML
PrintSend to a friend

ILE MAURICE
Sodomiser les femmes pour les punir
Leevy Frivet*

PORT-LOUIS , 4 jan (IPS) - Plusieurs cas de sodomie ont été enregistrés à Maurice en 2012 et c'est souvent la résultante de vengeance à prendre sur certaines femmes. Le personnel de la police, qui comprend beaucoup de femmes, n'a pas été épargné dans ce pays insulaire de l’Afrique australe.

Deux cas ont attiré l'attention: celui d'une femme officière de police sodomisée par son supérieur hiérarchique, un chef inspecteur. L'affaire est devant la justice.

Un autre policier, membre de la 'Special Supporting Unit', unité anti-émeute de l’île Maurice, est également confronté à une allégation de sodomie sur la personne d'une de ses collègues. Pour se défendre, il affirme qu'il y a eu consentement de la femme. Mais, cet argument ne tient pas la route car dans les lois mauriciennes, la sodomie, qu'elle soit voulue ou forcée, est un délit.

En effet, la sodomie, homosexuelle ou non, est prohibée par l'article 250 du Code pénal. Cet article stipule que "toute personne qui est coupable du crime de sodomie ou de zoophilie (amour avec les animaux) peut être condamné à une peine de prison n'excédant pas cinq ans".

La sodomie demeure également à Maurice une forme de violence conjugale. Tabasser son épouse ou sa partenaire et la sodomiser est devenu une pratique courante comme en témoignent plusieurs cas rapportés auprès des autorités de l'île durant ces deux dernières années.

Une femme habitant Port-Louis, la capitale de Maurice, a porté plainte contre son époux. Celui-ci l'aurait sodomisée après une violente dispute. Si elle a eu le courage de porter plainte, d'autres femmes préfèrent se taire par honte ou peur de représailles.

Mais, il n'y a pas que les femmes à subir la sodomie. Des mineurs aussi en sont aussi victimes. De janvier à septembre 2012, il y a eu 151 cas d'abus sexuels sur mineurs rapportés à la police dont 64 cas sur les moins de 16 ans. Parmi le nombre total d'abus sexuels sur mineurs, 16 cas étaient de cas de sodomie sur mineurs, 31 cas étaient des attentats à la pudeur sur enfant de moins de 12 ans et 40 cas concernaient la prostitution infantile.

A Madagascar aussi, la sodomie est interdite par la loi. Mais, bien qu'elle se pratique et affecte les femmes et les enfants, très peu de plaintes sont enregistrées à la police. Les seules plaintes informelles à cet effet proviennent de travailleuses du sexe malgaches.

Pour de modiques sommes, elles consentent à des relations sexuelles avec des touristes mais pas à la sodomie. Or, une fois dans l'intimité, elles se font sodomiser alors qu'elles n'ont jamais donné leur accord pour cette pratique. Mais comme elles ne sont pas prises au sérieux par les autorités, elles préfèrent panser leurs blessures et se taire.

Au Zimbabwe, la sodomie est considérée comme un crime contre l'Etat et pourtant, cela ne semble pas décourager les auteurs de ce crime sexuel qui ciblent en général les lesbiennes car les auteurs n'acceptent pas que des femmes puissent aimer des femmes et veulent leur donner une correction.

En République démocratique du Congo, c'est la catastrophe par rapport à cette pratique. Les conflits frontaliers ont aggravé la situation des femmes congolaises, victimes de viol mais surtout de sodomie. Beaucoup de victimes sont des personnes déplacées par les violences. De nombreuses femmes violées ont été rejetées par leur mari et leur famille.

Certaines femmes, parfois très jeunes, sont tombées enceintes et ont donné naissance à des enfants à l'issue de ces violences sexuelles. Beaucoup ont peur de retourner dans leur village car celles qui ont osé le faire dans la province du Nord-Kivu par exemple, ont subi à nouveau des violences sexuelles, rapportent les Nations Unies.

Hormis Maurice et le Botswana, la plupart des pays susmentionnés sont signataires du Protocole de la SADC sur le genre et le développement qui demande aux Etats membres de réduire de moitié les taux de violences basées sur le genre d'ici à 2015. Il est temps que les autorités s'en souviennent et punissent les auteurs de ces crimes de façon exemplaire pour dissuader les futurs sodomites à commettre l'acte.

*(Leevy Frivet est journaliste à Maurice et a écrit pour 'Gender Links', une ONG de défense des droits des femmes en Afrique australe. Cet article est publié en vertu d’un accord de coopération entre Gender Links et IPS). (FIN/2013)

 

 

 

  Dernières Nouvelles
News in RSS
ETATS-UNIS: Les coupures d’eau à Detroit violent les droits humains, selon des activistes
NICARAGUA: Les gens de Mayagna et leur forêt tropicale pourraient disparaître
CHILI: Le pays jure de dissiper l’ombre persistante de la dictature
BRESIL: Carton rouge à l’exploitation des enfants lors de la Coupe du monde
THAÏLANDE: Des organisations religieuses veulent s’impliquer dans la gestion des catastrophes
SWAZILAND: Le mariage, un obstacle au traitement antirétroviral pour les femmes
KENYA: Division des opinions sur la faisabilité de l’introduction de l’option B+
OUGANDA: Les ARV, une pilule amère à avaler pour les enfants
ALLEMAGNE: La nouvelle révolution énergétique continue d'avancer
OUGANDA: Les adolescents ont du mal à révéler leur statut sérologique
More >>