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MALI
Les Etats-Unis préparent un appui à l’intervention militaire française
Carey L. Biron

WASHINGTON, 15 jan (IPS) - Le secrétaire américain à la Défense, Leon Panetta, a salué les frappes aériennes surprises de la France contre les rebelles islamistes dans le nord du Mali, qui ont commencé le 11 janvier et se sont poursuivies durant le week-end.

Panetta a ajouté que le gouvernement américain prépare des plans pour une assistance dans les opérations en cours dont des intellectuels et des travailleurs des droits humains craignent qu’elles se poursuivent pendant une longue période.

"Je félicite la France pour avoir pris les mesures dont elle dispose, et nous avons promis... de fournir toute assistance que nous pouvons pour essayer de l’aider dans cet effort", a déclaré Panetta lundi aux journalistes.

"Nous avons la responsabilité d’assurer que Al-Qaïda n'installe pas une base pour des opérations en Afrique du nord et au Mali", a-t-il ajouté. "L'effort, c’est d'essayer de faire ce qui est nécessaire pour stopper les avancées [des rebelles] et de tenter de sécuriser certaines des villes clé du Mali".

Le vendredi 11 janvier, le gouvernement français a autorisé les frappes aériennes et envoyé 550 soldats français au Mali, où depuis 10 mois, la vaste partie nord du pays est sous le contrôle d'une combinaison d’islamistes, de nationalistes touaregs et de gangs criminels. En mars 2012, le gouvernement affaibli de Bamako est tombé sous un coup d'Etat militaire, créant un vide de pouvoir dans le sud.

Depuis ce temps, la communauté internationale débat de la manière de procéder. Alors que la France, l’ancienne puissance coloniale du Mali, faisait pression pour une option militaire, d'autres tels que les Etats-Unis et les Nations Unies étaient plus prudents.

Toutefois, en décembre 2012, Washington et Paris ont coparrainé une résolution de l'ONU qui autorise une opération militaire conduite par la Communauté économique des Etats d’Afrique de l'ouest (CEDEAO), pour laquelle les Etats-Unis ont fourni une formation. (La loi interdit à Washington d’entraîner l'armée malienne tant que des élections démocratiques ne sont pas organisées).

Cependant, on n’espérait pas que la force de la CEDEAO soit prête à entrer au Mali jusqu'à l'automne au plus tôt. Pendant ce temps, les islamistes qui seraient liés à Al-Qaïda ont continué à avancer contre l'armée malienne. Les actions françaises durant le week-end visaient à stopper les tentatives des rebelles de prendre la ville de Konna, dans le centre, une stratégie avec laquelle Washington semble être d'accord.

"Il était clair pour la France et pour nous tous qu’on ne pouvait pas permettre que cela continue", a indiqué Panetta lundi. "C'est la raison pour laquelle la France s’est engagée, et c'est la raison pour laquelle nous leur offrons une coopération dans cet effort".

Bien que Panetta ait refusé de donner des détails de la nouvelle assistance américaine, il a déclaré qu'il y aurait "quelque soutien logistique" et "un appui dans les renseignements", ainsi que "certains domaines de transport aérien".

Le Royaume-Uni et le Canada ont déclaré tous deux qu'ils enverraient des avions pour aider dans la mission au Mali. L'Union européenne a affirmé lundi qu'elle n’enverrait aucune mission de combat en Afrique du nord, bien qu’elle ait publiquement soutenu la décision française.

Déjà une crise

Bien que la décision de la France semble avoir surpris les observateurs, les frappes seraient reçues avec un soulagement prudent par beaucoup de Maliens.

Le président par intérim du Mali, Dioncounda Traoré, n’a fait que plaider pour une intervention. Et Oumou Sall Seck, la première femme élue maire dans le nord du Mali, avait averti dans un article d'opinion publié à la fin de décembre 2012: "Reprendre immédiatement le nord du Mali aux extrémistes violents doit devenir une priorité. Et cela ne peut pas se faire sans l’aide internationale, en particulier de puissances clé comme l'Amérique et la France".

Cependant, avec l'action internationale en cours maintenant, la portée exacte de la mission n'est pas claire. "Je suis très surprise de voir que les choses sont allées si vite, étant donné qu'il n'y avait pas eu de mouvement et juste beaucoup de discussions depuis un certain temps", a indiqué à IPS, Susanna Wing, une professeur à 'Haverford College' qui a largement écrit sur le Mali.

"Les Français opèrent clairement dans l'espoir d'une débâcle, mais cela n'est pas susceptible de se produire rapidement. Je m’inquiète que cela puisse continuer encore et encore et aboutir à une véritable catastrophe civile. Il est important de rappeler qu'il existe déjà une crise humanitaire au Mali, avec quelque 400.000 réfugiés ayant fui (le pays)".

Les groupes humanitaires tirent la sonnette d'alarme, avec Médecins sans frontières et 'Amnesty International' demandant lundi aux forces internationales de protéger les civils et les infrastructures sanitaires.

Alors que des rumeurs circulaient lundi indiquant une implication américaine plus grande dans cette situation en évolution rapide au Mali, Wing affirme qu’une telle implication paraît peu probable.

"Un appui dans les renseignements, la formation des troupes – ce qui semble raisonnable, mais je serais très surprise s'il y avait quelque chose d'autre que cela", déclare-t-elle. "Depuis la Somalie, tout le monde sait que les Etats-Unis ne vont plus envoyer des troupes sur le terrain de sitôt".

Une mémoire plus récente guidant bon nombre d’acteurs internationaux, y compris les Etats-Unis, peut être celle de la Libye. L'intervention de 2011 et la sortie à la fois d’armes et de combattants que cela a entraînée sont largement considérées comme ayant conduit directement à la flambée subséquente de violences au Mali. (FIN/2013)

 

 

 

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