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AFRIQUE DU SUD
Abandon des armes nucléaires – Les leçons du pays
Une analyse de John Fraser

JOHANNESBURG , 18 jan (IPS) - Il n’y a pas beaucoup de belles choses à dire sur le régime d'apartheid en Afrique du Sud. Il était raciste, violent dans la répression brutale de bon nombre de ses propres citoyens, et était méprisé à travers le monde.

Cependant, dans les derniers jours de l'apartheid, les autorités sud-africaines ont pris une mesure qui a eu de grandes implications pour le pays et pour le continent africain: le pays a abandonné son programme d'armes nucléaires.

"La première étape a consisté au démantèlement des six installations nucléaires achevées (et une partiellement montée) d'Afrique du Sud", a indiqué Greg Mills, qui dirige la Fondation Brenthurst, basée à Johannesburg, un organisme de recherches qui agit comme conseiller auprès des gouvernements africains.

"Une décision à cet effet a été prise par le président d’alors F.W. de Klerk en février 1990, peu après la libération de Nelson Mandela et la non interdiction du Congrès national africain (ANC), du Congrès panafricain et du Parti communiste sud-africain".

L'Afrique du Sud a adhéré au Traité de non-prolifération (TNP) le 10 juillet 1991. Sept semaines plus tard, le 16 septembre, le pays a signé un Accord de garanties généralisées avec l'Agence internationale d'énergie atomique (AIEA), autorisant de fréquentes inspections de ses installations par l'AIEA.

"Les autorités sud-africaines ont pleinement coopéré avec l'AIEA durant tout le processus de vérification, et ont été félicitées par le directeur général d’alors de l'agence en 1992, Dr Hans Blix, pour avoir fourni aux inspecteurs un accès illimité et des données au-delà de celles requises par l’Accord de garanties", a ajouté Mills.

"La seconde étape a consisté à l’abandon, par l’Afrique du Sud, du programme de missiles balistiques, qui a débuté en 1992 et a duré environ 18 mois".

"Ce processus a abouti à son admission au Régime de contrôle de la technologie des missiles (MTCR) en septembre 1995, après la vérification de la destruction du dernier de ses engins missiles.

"La troisième étape a consisté à mettre fin au programme de guerre biologique et chimique d’Afrique du Sud".

Mills a conclu que l'Afrique du Sud "occupe ainsi une position unique dans le monde en tant que premier pays à avoir volontairement démantelé son armement nucléaire".

"L'expérience (sud-africaine) souligne l'importance de la création d’un environnement propice dans lequel les régimes peuvent être amenés à se sentir suffisamment confiants pour se désarmer et rester sur cette voie".

Bien que les actions des dirigeants sud-africains d’apartheid soient certainement dignes d'éloges - pour une fois - il y a un peu de suspicion entourant leurs motivations.

Ont-ils démantelé les armes nucléaires du pays parce qu'ils croyaient en la vision d'une Afrique sans armes nucléaires?

Ou leur motivation était-elle plus cynique? Réalisant que le règne noir était inévitable, ont-ils démantelé les armes nucléaires d’Afrique du Sud pour les garder hors de la portée de Nelson Mandela et de son administration ANC?

Terence McNamee, une collègue de Mills et directrice adjointe de la Fondation Brenthurst, a écrit dans le journal 'Star' de Johannesburg que le pays qui a démantelé les armes nucléaires "n'était pas l’Afrique du Sud (de l'actuel président Jacob) Zuma, mais un autre pays, un paria international, heureusement disparu aujourd'hui".

"Zuma croit sans doute, comme la plupart de ses collègues aînés qui étaient actifs au cours de la transition vers la démocratie, que les gens qui ont construit l'arsenal nucléaire d'Afrique du Sud - le régime d'apartheid – l’ont détruit parce qu'ils ne voulaient pas que l'ANC mette la main là-dessus".

Il a noté que de Klerk avait attendu jusqu'en mars 1993 pour parler au monde du démantèlement des armes nucléaires d’Afrique du Sud, et jusqu'à ce moment, "personne, pas même Nelson Mandela, n’avait été informé que le programme avait été aboli (encore moins qu'il avait même existé)".

Bien que les armes nucléaires n'aient plus une place en Afrique du Sud, ou sur le continent africain, il y a une espérance croissante que l'énergie nucléaire sera nécessaire pour aider à fournir une part plus grande d’une énergie mixte sur le continent.

"L'énergie nucléaire pourrait aider à répondre au retard énergétique extraordinaire des pays africains, où le continent produit environ les niveaux de l'Espagne, bien qu’ayant 20 fois la population (de ce pays)", a déclaré à IPS Mills.

"Mais les inquiétudes au sujet de l'utilisation de l'énergie nucléaire en Afrique vont au cœur de la raison pour laquelle il y a ce retard dans le premier cas: la gouvernance".

Jeremy Sampson, un expert de la définition des marquages et président exécutif de 'Interbrand Sampson', un cabinet-conseils dans la définition de marques, basé à Johannesburg, note qu’en termes d'image, la décision sud-africaine d'abandonner son programme d'armes nucléaires a renforcé son autorité morale sur la question de la non-prolifération.

"Les deux dernières décennies ont vu une augmentation spectaculaire de l'importance des questions de marque et de réputation", a-t-il indiqué à IPS.

"Cela ne s'applique plus simplement aux entreprises, aux produits et aux services, mais embrasse aujourd'hui des personnes, même des pays". (FIN/2013)

 

 

 

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