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MALI
Les pays ouest-africains demandent l'appui financier pour aider leur voisin
Fulgence Zamblé

ABIDJAN, 21 jan (IPS) - Une conférence des donateurs se tiendra le 29 janvier, à Addis-Abeba, au siège de l’Union africaine, afin de mobiliser les ressources financières nécessaires aux opérations des troupes africaines retenues pour aider l’armée malienne à combattre les islamistes et libérer le Nord-Mali.

Au terme d’un sommet extraordinaire qui s’est tenu samedi 19 janvier, à Abidjan, en Côte d’Ivoire, la Communauté économique des Etats d’Afrique de l’ouest (CEDEAO) a appelé l’Organisation des Nations Unies à fournir les derniers appuis pour le déploiement de la force militaire africaine au Mali.

"Il est essentiel que le maximum de pays dans le monde apportent leurs contributions à l’opération au Mali", a déclaré le ministre français des Affaires étrangères, Laurent Fabius, qui participait au sommet, au nom de la France, déjà engagé militairement aux côtés de l’armée malienne. Paris a déployé environ 2.000 soldats pour freiner l’avancer des islamistes vers Bamako, la capitale malienne.

De son côté le chef de l’Etat ivoirien, Alassane Ouattara, président en exercice de la CEDEAO, a appelé à un engagement plus large autour de la France et de l’Afrique par l’augmentation des moyens humains, matériels et financiers. Le coût global de l'opération est estimé à 500 millions de dollars.

Des analystes estiment qu’il était temps que les chefs d’Etat ouest-africains mettent le problème financier sur la table, car l’incertitude régnait sur leurs capacités à financer le déploiement de leurs propres soldats.

"Les choses ont trainé parce que les pays d’Afrique de l’ouest avaient des soucis de financement de leurs troupes. L’ONU avait demandé un plan d’intervention clair à la CEDEAO avant de s’engager. Cela est fait depuis un mois et l’on se demande ce qui bloque encore", souligne à IPS, Damien Kouadio, un politologue basé à Abidjan, la capitale économique ivoirienne.

"Envoyer des soldats au Mali est certainement la chose la plus facile. Seulement, tout le monde s’interrogeait sur celui qui allait la main à la poche pour une mission dont on ignore aussi tout de la facture globale. Voici toute la difficulté", note Kouadio.

Le 17 janvier, une centaine de soldats togolais et nigérians sont arrivés à Bamako. Ils étaient les premiers éléments de la Mission internationale de soutien au Mali (MISMA) à débarquer sur le sol malien. Selon la CEDEAO, 25 soldats béninois avaient quitté Cotonou samedi pour rejoindre 30 autres qui les avaient précédés la veille à Bamako. Et quelque 2.000 autres militaires doivent être déployés d’ici au 26 janvier prochain.

"Sans les moyens financiers attendus, le déploiement des troupes annoncées aura du mal à se poursuivre. Ce qui veut dire que la rencontre d’Addis-Abeba sera très cruciale dans le processus d’intervention de la force africaine au Mali", estime Lamine Kourouma, un autre politologue.

"Si à ce stade, où l’urgence est de mise pour anéantir définitivement les velléités des islamistes, des pays continuent à être indécis, je ne vois plus l’intérêt à accompagner le Mali et la France", ajoute Kourouma. "Autant laisser Bamako et Paris s’occuper de l’affaire car la CEDEAO a perdu assez de temps pour ces nombreux sommets. Elle y a laissé aussi des moyens financiers qui pouvaient servir à autre chose".

"Dans l’intérêt de la stabilité de la sous-région et même du monde, il faudrait bien trouver les moyens pour permettre au Mali de retrouver son intégrité", avait indiqué, à la veille du sommet de la CEDEAO, Charles Diby Koffi, le ministre ivoirien des Affaires étrangères. "L’engrenage de la situation nous interpelle sur la nécessité d’assumer très rapidement notre part de responsabilité".

Huit pays ouest-africains - Nigeria, Togo, Bénin, Sénégal, Niger, Guinée, Ghana et Burkina Faso - ont annoncé leur contribution à la MISMA, qui comprendra quelque 5.800 soldats.

Le Tchad qui ne fait pas partie de la CEDEAO a promis lui seul d’envoyer à terme 2.000 militaires dont 200 sont déjà arrivés à Niamey, au Niger, vendredi. Selon des analystes, ils iront directement au nord du Mali sans passer par Bamako.

La Côte d’Ivoire, le Liberia et la Sierra Leone contribueront à la MISMA, selon le communiqué final du sommet d’Abidjan. Mais, le document ne précise pas s’il s’agira d’une contribution financière, matérielle ou militaire.

Pendant ce temps, sur le terrain des combats, les villes de Konna et de Diabali, dans le centre du Mali, ont été reprises aux islamistes par les troupes franco-maliennes.

Pour leur part, des responsables religieux demandent l’ouverture de couloirs humanitaires pour permettre l’envoi des aides aux populations privées de nourriture et de médicaments depuis le début des combats, le 11 janvier. Environ 400.000 personnes ont fui le nord pour se réfugier au sud depuis 2012, estiment des organisations humanitaires. (FIN/2013)

 

 

 

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