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KENYA
Des habitants des bas-quartiers disent "non" à l’argent de sang
Miriam Gathigah

NAIROBI , 23 jan (IPS) - Encore moins de deux mois pour que les Kényans aillent aux urnes pour ce qui s'annonce être les élections générales les plus disputées et polarisées de l'histoire du pays; beaucoup craignent que ce pays d'Afrique de l’est de plus de 40 millions d’habitants n’ait pas connu la dernière des violences électorales.

Tout ceci en dépit du fait que deux hauts politiciens - Uhuru Kenyatta et William Ruto - attendent toujours leur sort à la Cour pénale internationale (CPI) pour crimes contre l'humanité commis pendant et après les élections de 2007-2008.

Les violences postélectorales, qui auraient été provoquées et encouragées par ces deux politiciens, ont fait plus d'un millier de morts, plus de 3.000 blessés et des centaines de milliers de déplacés.

"Pourtant, des politiciens sans scrupules continuent d’étendre leurs tentacules à travers les bas-quartiers tentaculaires du Kenya. Ici (dans les quartiers pauvres), pour un dollar ou deux, même moins, les gens menaceront, blesseront ou même tueront ceux qui expriment des positions politiques contraires", a déclaré à IPS, Peter Muga, un analyste politique à Nairobi, la capitale kényane.

Le chômage et la pauvreté ont laissé des millions d'électeurs dans divers bas-quartiers vulnérables à l'attrait des politiciens qui n'ont aucun scrupule à prendre des mesures extrêmes pour réduire au silence leurs adversaires.

"Mais puisque ces politiciens n'ont pas le courage d’affronter leurs adversaires dans les urnes, ils paient des jeunes dans les quartiers pauvres pour faire leur sale besogne", a ajouté Muga.

Une campagne dit "non"

Afin d’éviter les effets désastreux de la corruption liée aux élections et les violences qui ont alimenté la crise de 2007-2008, les habitants de Mathare, un quartier pauvre tristement célèbre - le deuxième plus grand à Nairobi, et qui abrite quelque 500.000 personnes - ont commencé un mouvement baptisé 'Tia Rwabe Zi' (Dis non à 200 shillings kényans).

"Des politiciens nous donnent 200 ksh (environ deux dollars) pour combattre ceux qui ne les soutiennent pas", a indiqué à IPS, Julia Njoki, un membre fondateur du 'Tia Rwabe Zi'.

"Souvent, les candidats en lice sont issus de tribus différentes. Cette animosité devient rapidement tribale. Pendant que nous parlons, Mathare a déjà été zoné, il y a certaines tribus qui ne peuvent pas vivre ou se présenter pour des postes politiques dans certaines zones", a-t-elle ajouté.

Selon Njoki, ce mouvement est né de la mort et la destruction vécues durant la crise postélectorale de 2007-2008, dont les habitants des bas-quartiers urbains ont le plus souffert.

"Dans ce mouvement, nous disons non à la corruption des électeurs. La plupart d'entre nous sont de jeunes hommes et femmes. Nous sensibilisons également d'autres dans divers quartiers pauvres tels que Kibera", a-t-elle souligné, se référant au vaste quartier pauvre de Nairobi, l’un des plus grands établissements informels d'Afrique.

La pauvreté alimente l’affiliation politique

Mais la campagne s’est engagée dans une tâche gargantuesque et n'aura pas une victoire facile.

Même les souvenirs du chapitre sanglant de 2007-2008 ne dissuaderont pas les citoyens kényans désespérés et appauvris de faire ce qu'ils peuvent pour alléger le fardeau de leurs conditions de vie abjectes.

Lorsque les habitants du vaste bas-quartier tentaculaire de Kibera ont inventé les 'toilettes volantes', bon nombre de Kényans ayant des maisons décentes et des toilettes convenables y ont trouvé de l'humour. Mais pour les habitants des quartiers pauvres eux-mêmes, le fait d’être obligé de déféquer dans des sacs plastiques et d’envoyer le contenu dans l'air par manque d'assainissement approprié et d'élimination des déchets, n'est pas drôle.

De même que le fait d’être obligé d’uriner dans des conteneurs plastiques.

Bien que les divers acteurs aient réagi à la situation des habitants des quartiers pauvres et construit des toilettes, beaucoup de choses n'ont pas changé.

A la tombée de la nuit, les toilettes communes deviennent une zone interdite en raison de l'absence de sécurité. En conséquence, beaucoup d’habitants se réveillent et trouvent des matières fécales dans des sacs plastiques au seuil de leurs portes, laissées derrière par des voisins sous le couvert de l'obscurité.

"Les gens utilisent encore des toilettes volantes parce que l'utilisation des toilettes communes n’est pas gratuite. L'argent va dans l’entretien", a indiqué à IPS, Veronica Wamaitha, une habitante de Kibera.

Dans une bonne journée, les personnes vivant dans ce bas-quartier gagnent environ deux à trois dollars, mais passent souvent toute une semaine sans gagner un seul sou.

"Pourtant, les gens doivent manger", a déclaré à IPS, Rob Wangai, un habitant du quartier pauvre de Mathare. "Rien n'est gratuit dans les bas-quartiers. Nous avons même recouru à l'utilisation de l'électricité illégalement connectée; par conséquent, il est rare qu’une semaine passe sans qu’un incendie ne survienne quelque part".

Dans ce contexte de personnes vivant complètement dans des conditions sordides, des politiciens ont trouvé des solutions à leurs problèmes.

"La population kényane est largement divisée en deux, ceux qui vivent sous le seuil de pauvreté et la classe moyenne. La classe moyenne est assez instruite et ils comprennent le concept de l’auto-dépendance - pas autant chez les pauvres", a expliqué à IPS, Ken Ochiel, un analyste politique à Nairobi.

Il a dit que ceux qui vivent dans la pauvreté continuent de croire que les leaders politiques détiennent la clé pour un avenir meilleur.

"C'est la maladie qui ronge notre société. Les leaders qui ont plus d'argent et qui peuvent corrompre les électeurs sont facilement élus. Mais en vérité, ils n'améliorent pas le niveau de vie des pauvres qui votent pour eux en grand nombre", a expliqué Vesca Kangongo, qui se présente pour le poste de gouverneur de la région de la 'Rift Valley'. (FIN/2013)

 

 

 

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