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GUINEE
Développer la culture du haricot vert comme produit d’exportation
Moustapha Keita

CONAKRY, 28 jan (IPS) - Les paysans profitent des conditions agro-climatiques propices en Guinée pour cultiver le haricot vert dans trois des quatre régions que compte le pays. Le haricot vert représente, aujourd’hui, une filière de diversification des produits agricoles d’exportation.

Selon l’Institut de recherche agronomique de Guinée (IRAG), les premières expériences dans la production du haricot vert remontent à 1988 avec l’appui technique et financier du département de la Loire-Atlantique, en France.

Une étude de l’Agence américaine pour le développement international (USAID), en 2011, estime que la production nationale de haricot vert se situe autour de 100 tonnes par an dont près de 70 pour cent est exportée, principalement vers le marché européen.

La production du haricot vert obéit à un cycle de croissance court.

"Il faut compter en général 45 à 50 jours du semis à la récolte", estime Sékouna Camara, le chef de la station de recherche de Kilissi à Kindia, en Basse-Guinée, dans l’ouest du pays, en bordure de l’océan Atlantique. Il ajoute toutefois que "ce cycle théorique est fortement soumis à l’influence des températures qui varient souvent dans la région".

Le circuit de commercialisation est relativement court: Le haricot vert est produit généralement en zone périurbaine, et vendu sur les grands marchés urbains de Kindia (Basse-Guinée), Kankan (Haute-Guinée), Labé (Moyenne-Guinée) et dans les grands hôtels de Conakry, la capitale. Cependant, les prix varient en fonction de la qualité du produit.

"Le prix bord champ du haricot vert est de 3.000 à 4.000 francs guinéens (moins d’un dollar) le kilogramme. Il est vendu sur le marché national entre 6.000 à 7.000 FG (environ un dollar)", déclare Massandjé Soumahoro, vendeuse de légumes au marché de Madina, à Conakry.

IPS a visité, le 17 janvier, la ferme de la coopérative Limanaya de Kolenté, dans la préfecture de Kindia, à 150 kilomètres de la capitale. Le groupement de paysans exploite une superficie de six hectares sur une terre louée auprès des propriétaires terriens.

"Dans cette exploitation agricole, le rendement moyen était de 5,5 tonnes à l’hectare en 2012, contre un objectif de six à sept tonnes à l’hectare pour 2013", indique Seyni Sylla, chef de la coopérative de Kolenté. "La culture du haricot vert est économiquement rentable. Nous avons gagné 148 millions de FG (environ 21.500 dollars) en 2012 malgré certaines difficultés".

Selon Sylla, ces difficultés sont principalement liées aux défaillances des infrastructures de conditionnement à l’aéroport de Conakry et au manque d’information par rapport aux marchés.

"Le haricot doit rester frais jusque chez le consommateur. La durée maximale - de la récolte au client final - ne doit pas dépasser une semaine", explique à IPS, Abou Soumah, un autre membre de la coopérative, chargé de la vente du produit.

Le Centre de recherche de Foulaya, à Kindia, estime que la Guinée dispose d’un potentiel agro-écologique important favorable au développement de la culture de différents types de haricots demandés sur le marché international. Le centre considère cependant que les quelque 100 tonnes de haricot vert produites sont encore insuffisantes.

Par conséquent, les différents acteurs impliqués dans la filière du haricot vert s’attèlent à améliorer les conditions de sa production.

Le ministre guinéen de l’Agriculture, Marc Yombouno, a procédé, le 5 janvier, au lancement d’une variété de haricot vert fortifié à Dalaba, en Moyenne-Guinée, dans le nord-ouest. "L’introduction de cette nouvelle variété se situe dans la logique du transfert de technologie indispensable à l’amélioration des conditions de production et à l’amélioration des revenus des producteurs", a-t-il déclaré.

Pour sa part, le Club avenir des enfants de Guinée, une organisation non gouvernementale (ONG) basée à Coyah, dans l’est du pays, veut promouvoir la consommation locale en soutenant la production et la commercialisation du haricot vert et d’autres légumes dans la zone.

L’ONG emploie sept personnes qui exploitent une superficie de trois hectares à Coyah. "Nous voulons favoriser la disponibilité du haricot vert qui est un aliment très riche en protéines pour les populations locales. Notre action s’inscrit donc dans une vision d’autosuffisance alimentaire", affirme Almami Camara, le trésorier de l’ONG.

"En raison des coûts de production très bas, de l’ordre de 0,25 dollar par kilogramme, les haricots verts produits en Guinée sont très rentables comparés aux autres pays concurrents" sur le marché international, indique une analyse de l’IRAG à la fin de 2012.

Pour cela, les analystes de l’IRAG estiment que les producteurs guinéens peuvent développer davantage la production du haricot vert pour une grande exportation vers le marché européen.

"Il s’agit pour la Guinée de transformer ces avantages comparatifs en avantages compétitifs pour trouver sa place sur le marché international", souligne le coordinateur scientifique du Centre de recherche de Foulaya à Kindia. (FIN/2013)

 

 

 

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