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LIBERIA
Des maisons démolies alors que les dirigeants du monde se réunissent
Wade C. L. Williams

MONROVIA, 1 fév (IPS) - Fatou Nernee fouille les débris de sa maison, qui a été rasée par des bulldozers appartenant à 'Monrovia City Corporation' (Compagnie de la municipalité de Monrovia). Elle recherche quelque chose à garder comme précieux souvenir d'un endroit qu’elle a appelé maison pendant plus de 20 ans.

Nernee et beaucoup d'autres personnes ont été laissées sans-abri à cause d'une décision actuelle prise par le gouvernement en prélude à la réunion du Panel de haut niveau (HLP) des Nations Unies sur l’Agenda de développement post-2015, cette semaine à Monrovia, la capitale du Libéria.

"Ils ont cassé ma maison hier (30 janvier). La police a arrêté mon frère et l'a emmené au commissariat", a déclaré Nernee à IPS.

Le secrétaire général des Nations Unies, Ban Ki-Moon, a nommé le Premier ministre britannique, David Cameron, la présidente libérienne, Ellen Johnson Sirleaf, et le président indonésien, Susilo Bambang Yudhoyono, comme co-présidents d’un panel de haut niveau pour le conseiller sur l’agenda de développement mondial après 2015, la date d'expiration des objectifs du millénaire pour le développement.

La rencontre de Monrovia est la troisième de quatre réunions du HLP, dont la première s’est tenue à lieu à New York en septembre 2012. Le HLP trouvera des moyens pour établir et entretenir un large consensus politique sur l’agenda de développement post-2015 autour de trois thèmes - la croissance économique, l'équité sociale et la durabilité de l’environnement.

La démolition de ces maisons se fait parce que Sirleaf a choisi l'hôtel privé cinq-étoiles 'Royal Grand', qui appartient à l’homme d'affaires libanais, Ezzat Aïd, comme le lieu de la réunion.

La maire de la ville de Monrovia, Mary Brohof, a défendu ces démolitions.

"Nous voulons faire de cette ville la plus verte et la plus propre en Afrique de l'ouest", a-t-elle dit lors d'une conférence de presse.

Mais Nernee et d’autres habitants des plus d'une douzaine de maisons et d’entreprises démolies sur la '24th Street' (24ème rue), qui se trouve à environ 10 pâtés de maisons loin de l'hôtel 'Royal Grand', affirment que le gouvernement a détruit leurs maisons et rendu leur vie plus difficile.

"Ce n'est pas facile de trouver une place à louer dans cette ville. Cela a rendu beaucoup de gens sans-abri. Nos affaires étaient dans la maison quand ils ont démoli les bâtiments", a-t-elle souligné.

La réunion du HLP se déroule dans un pays qui est l'incarnation des défis de développement dans le monde. Les infrastructures et les institutions politiques au Libéria se sont effondrées durant les deux guerres civiles dans le pays, qui ont eu lieu de 1989 à 1996 et de 1999 à 2003 et ont été classées parmi les plus sanglantes en Afrique.

Cette nation d’Afrique de l’ouest se trouve aux premiers stades de reconstruction et n'a pas d'électricité, et l'accès à l'énergie bon marché continue d'être un problème. On estime que jusqu’à 85 pour cent des quelque 4,2 millions d’habitants du pays sont au chômage, selon le Programme des Nations Unies pour le développement.

Toutefois, le Bureau des statistiques du gouvernement estime le taux actuel d'emploi vulnérable au Libéria à 77,9 pour cent. L'emploi vulnérable est un indicateur qui inclut les gens qui s’auto-emploient et font des emplois non viables, essentiellement des travaux subalternes.

Sirleaf affirme que son gouvernement a fait d’énormes progrès depuis qu'elle a pris le pouvoir en 2006.

Bien que le gouvernement continue d'annoncer des progrès dans la fourniture des soins de santé, des défis restent toujours.

L'ONU a indiqué que le nombre de femmes qui meurent de complications liées à la grossesse et à l'accouchement a presque diminué de moitié en 20 ans, mais que le Libéria continue d'avoir l'un des taux les plus élevés de mortalité maternelle au monde avec un taux de 994 pour 100.000 naissances vivantes.

"Le Libéria est une fois encore considéré comme un vrai ami pour beaucoup, un bon voisin dans notre région, un contributeur fiable pour la paix et la sécurité internationales, et une destination en amélioration pour les investisseurs. Aujourd'hui, notre République est plus sûre, plus forte et meilleure", a déclaré Sirleaf aux législateurs le 28 janvier, le jour de son discours sur l’état de la nation.

Ceux qui sont frustrés par la lenteur des progrès dans le pays organisaient des manifestations publiques pendant que Sirleaf faisait son discours sur l’état de la nation.

"Nous sommes venus informer les invités que tout n'est pas bien au Libéria. Ce gouvernement a été en mesure de rendre beaucoup de nos gens sans-abri et sans emploi", a indiqué Julius T. Dweh Jessen III, l'un des manifestants.

Ma Mary Frederick, une veuve de 74 ans dont le mari a été tué pendant la guerre civile, se tenait debout sous le soleil brûlant avec une affiche qu'elle ne pouvait pas lire, protestant pour le paiement des avantages militaires de son mari défunt.

"J'ai vu le premier vote, le deuxième vote, mais je ne peux rien obtenir du gouvernement", a-t-elle affirmé, se référant aux deux élections démocratiques organisées dans le pays depuis que Sirleaf est devenue la première présidente du pays post-guerre en 2006. "Toute la journée, nous restons debout sous le soleil et la police nous bat. Je n'ai rien; mes petits-enfants ne peuvent pas aller à l'école", a-t-elle dit.

"Nous nous asseyons à la maison sans rien de bon à manger et ils ont empiré les choses en cassant la maison dans laquelle je vivais. Maintenant, nous dormons au dehors".

Ces deux images contradictoires d'une réunion des dirigeants du monde dans un hôtel cinq-étoiles au centre-ville de Monrovia alors qu’à des pâtés de maisons plus loin, les habitants dénoncent la démolition de leurs maisons, soulèvent des questions sur le but et la substance de la rencontre ainsi que les implications qu’elle aura pour ce pays post-guerre, a déclaré à IPS, Janjay Gbarkpe, un étudiant activiste. (FIN/2013)

 

 

 

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