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ANGOLA-BRESIL
Renforcer les liens sur les infrastructures
Mario Osava

LUANDA, 6 fév (IPS) - Le Brésil s’est tourné vers les grandes infrastructures comme la seule façon de développer son économie et de renforcer son influence politique au niveau mondial, avec l'avantage supplémentaire de favoriser le développement des petites nations. Mais cette stratégie n'est pas sans risques.

L'Angola, qui a été un grand point central des entreprises brésiliennes transnationales de construction, est confronté à des problèmes économiques typiques d'une jeune nation dépendante des recettes provenant des exportations de pétrole et ayant des niveaux élevés de corruption, dans un contexte où la ligne entre les intérêts publics et privés est floue.

Un exemple qui permet d'illustrer ce flou des lignes, c’est la 'Companhia de Bioenergia de Angola' (Société de la bioénergie de l'Angola - BIOCOM), une entreprise locale de biocarburant qui se prépare à produire du sucre, de l'éthanol et de l'électricité pour répondre aux besoins de consommation intérieure.

Pour mettre en œuvre ce projet, qui comprend 32.000 hectares de cultures de canne à sucre et la construction d'une usine industrielle, le géant brésilien, Odebrecht s’est associé avec la Sonangol, la compagnie pétrolière publique du pays et la société angolaise privée 'Damer Ind stria'.

Damer a été fondée en 2007, à la veille de la création de la BIOCOM, par le directeur de la Sonangol à l’époque, Manuel Domingos Vicente, et deux généraux, Manuel Helder Vieira Dias, chef du cabinet militaire de la présidence, et Leopoldino Fragoso, un haut conseiller du président.

Vicente, aujourd’hui vice-président de l'Angola, a des investissements conjoints avec les deux généraux dans l'industrie pétrolière, dans l'immobilier et dans une gamme d'autres domaines. Ce sont les exemples les plus visibles du rôle de l'Etat en tant qu’incubateur pour les opérateurs économiques et la "bourgeoisie nationale" qui y émerge.

Presque tout en Angola dépend du gouvernement. Les terres appartiennent à l'Etat et toutes les entreprises commencent avec une concession du gouvernement pour le lopin de terre ou les installations nécessaires. La 'Sonangol' s’est associée avec d'innombrables entreprises, investissant ses énormes recettes pétrolières.

Le népotisme et le favoritisme du gouvernement ne sont pas un secret, mais ces pratiques trouvent peu d'opposition active dans la société civile mal organisée. "Même Dieu, en cherchant un sauveur pour l'humanité, a choisi son propre fils", c’est ainsi que les Angolais expliquent avec humour la richesse amassée par des responsables gouvernementaux et militaires ainsi que leurs proches.

Rafael Marques de Moraes, un journaliste, dirige une organisation anti-corruption qui met régulièrement en ligne des rapports dénonçant des cas graves de corruption, dont bon nombre sont bien documentés, mais jusqu'à présent, ces rapports n'ont pas réussi à déclencher des scandales publics, comme on pouvait s'y attendre dans n'importe quel autre pays.

Odebrecht évolue dans ce contexte, occupant une position privilégiée en tant que fournisseur et partenaire du gouvernement à cause de son rôle dans la mise en œuvre des travaux stratégiques de production d'énergie, de fourniture d'eau, et de construction de routes, des services dont la population a cruellement besoin.

Après 28 ans d'activité dans le pays, elle est devenue non seulement un leader dans les travaux de construction des infrastructures, mais elle est aussi un investisseur important dans une gamme variée d'industries, engrangent des bénéfices de multi-millions de dollars qui ne sont pas rendus publics.

Emilio Odebrecht, directeur général de ce conglomérat brésilien, visite Luanda chaque année pour rencontrer le président angolais au pouvoir depuis longtemps, José Eduardo dos Santos (en fonction depuis 1979).

Le groupe a renforcé sa visibilité grâce à son implication dans la chaîne de supermarchés 'Nosso Super' - présente dans tout le pays avec 29 magasins et le joyau de la couronne du commerce de Luanda – ainsi que le centre commercial Belas, et à travers sa participation dans le réaménagement urbain de la capitale, qui comprend l’amélioration des bas-quartiers, l'élargissement des boulevards et la construction d'ouvrages d'assainissement de base.

Sa politique de l'emploi et de formation de la main-d'œuvre locale augmente davantage l'influence de l’entreprise dans le secteur de la construction. Bien que cela soit la même stratégie qu’Odebrecht applique dans tous les 35 pays où elle opère, c’est d'une importance particulière en Angola, puisque le manque de travailleurs qualifiés entrave le développement du pays malgré le boom pétrolier.

Odebrecht est actuellement le plus grand employeur privé du pays, avec près de 20.000 membres du personnel embauchés directement. Environ 93 pour cent de sa main-d'œuvre est constituée d'Angolais.

Le premier travail d’Odebrecht en Angola - la centrale hydroélectrique de Capanda – a servi "d’école pour former" un groupe "élite" de techniciens, qui occupent actuellement des postes supérieurs dans le gouvernement et dans les entreprises, affirme Justino Amaro, le premier Angolais à siéger au conseil d'administration d'Odebrecht en Angola.

La formation des travailleurs est un élément essentiel de tout projet mis en œuvre par Odebrecht. Au milieu de 2012, quelque 79.000 Angolais avaient bénéficié des programmes de formation de l'entreprise. Des étudiants recrutés reçoivent une formation spéciale et sont préparés pour occuper des postes supérieurs dans l'entreprise.

Dans les grands projets, Odebrecht offre également une formation technique à la population vivant dans les zones environnantes, préparant tout jeune intéressé - et pas seulement des employés potentiels - pour les travaux de construction. Ces cours techniques sont fournis à travers le programme 'Acreditar' de l’entreprise, qui a jusque-là formé quelque 3.000 travailleurs dans ses trois unités en Angola.

Les actions de responsabilité sociale d’entreprise d'Odebrecht, qui comprennent la fourniture aux communautés pauvres de l'eau courante, des écoles, de l'électricité et des opportunités de loisirs, renforcent l'image de coopération pour le développement projetée par l'entreprise à travers ses activités de construction.

Cela est particulièrement utile en Angola, un pays qui est toujours en construction après 37 ans d’indépendance, et qui vit sous un processus de reconstruction post-conflit. (FIN/2013)

 

 

 

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