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DROITS
"Drone", un gros mot dans le lexique de l’ONU
Thalif Deen

NATIONS UNIES, 7 fév (IPS) - Le "drone", l'une des armes meurtrières éminemment controversées déployées par les Etats-Unis dans leur guerre contre le terrorisme, est évidemment un gros mot dans le lexique des Nations Unies.

Ainsi, lorsque le sous-secrétaire général aux Opérations de maintien de la paix, Hervé Ladsous, a été interrogé sur les plans de l'ONU d’utiliser des drones en République démocratique du Congo (RDC), il a soulevé des objections.

"Je n’utiliserais pas le mot drones" a-t-il déclaré aux journalistes mercredi, optant pour un euphémisme militaire: "véhicules aériens sans pilote" (UAV).

Ladsous a dit que les Nations Unies envisagent d'utiliser "des UAV non armés" uniquement à des fins de surveillance - mais avec l’autorisation expresse du gouvernement de la RDC et des pays voisins.

"Nous verrons comment cette expérience marche", a-t-il indiqué, ajoutant que les Nations Unies seront "ouvertes" pour le partage de toute information quelconque qu’elles recueillent avec les organismes régionaux en Afrique, en plus des commandants des forces de l’ONU sur le terrain.

Le "feu vert" pour l'utilisation de drones non armés en RDC - un pays aux prises avec une insurrection violente - a été donné par les 15 membres du Conseil de sécurité en novembre 2012, et vise à surveiller le mouvement des groupes armés par la Mission des Nations Unies pour la stabilisation en RDC (MONUSCO) forte de 17.500 soldats.

Mais certains diplomates de l'ONU craignent que les drones de l'organisation ne puissent être finalement armés, si et quand le conflit en RDC vire au pire.

Les drones utilisés par les Etats-Unis sont bien armés et ont entraîné le meurtre à la fois de terroristes présumés et de civils dans des pays tels que l'Afghanistan, le Pakistan, la Somalie et le Yémen.

Selon des rapports publiés, plus de 40 pays, soit déploient ou fabriquent des drones.

Larry Dickerson, un analyste des systèmes de défense à 'Forecast International', une société de recherche sur le marketing de la défense américaine, a déclaré à IPS qu’en plus des Etats-Unis, il existe une très longue liste de pays qui fabriquent ces UAV.

Ces pays comprennent le Royaume-Uni, Israël, la France, l'Allemagne, la Pologne, la République tchèque, le Canada, la Grèce, la Bulgarie, l'Espagne, l'Italie, la Russie, la Chine, la Corée du Sud, l'Autriche, l'Inde, l'Afrique du Sud, le Japon et Singapour.

Ben Emmerson, un avocat britannique et rapporteur spécial de l'ONU pour droits de l’Homme et lutte contre le terrorisme, est en train de préparer un rapport d'enquête sur l'utilisation des drones.

Il se concentre sur 25 frappes de drones, en particulier en Afghanistan, au Pakistan, au Yémen, en Somalie et dans les territoires palestiniens (par des drones israéliens), où ces attaques auraient entraîné la mort de civils.

Le rapport devrait être présenté à l’Assemblée générale en octobre ou novembre prochain.

Le secrétaire général, Ban Ki-moon, a déjà exprimé son "inquiétude" par rapport à l'utilisation de drones armés pour des meurtres ciblés, "puisqu’elle soulève des questions par rapport au respect du principe fondamental de la distinction entre combattants et non-combattants".

Le porte-parole adjoint de l’ONU, Farhan Haq, a indiqué en janvier que les attaques de drones auraient également fait "d’importantes victimes, soulevant des questions par rapport à la capacité à assurer la conformité totale avec le principe de proportionnalité".

Il a déclaré que le secrétaire général avait demandé aux Etats membres concernés de faire preuve de transparence au sujet des circonstances dans lesquelles les drones sont utilisés, et des moyens par lesquels ils assurent que les attaques de drones respectent le droit international.

Selon 'Amnesty International', il y a eu plus de 300 attaques de drones au Pakistan seul au cours de ces dernières années, qui ont tué des civils ainsi que des militants présumés.

Répondant à un rapport selon lequel l'administration du président Barack Obama finalisait des directives pour des "assassinats ciblés" par des drones, Susan Lee, directrice du programme d'Amnesty pour les Amériques, a affirmé sans ambages: "Il existe déjà un règlement pour ces questions: on l’appelle le droit international".

Toute politique sur des soi-disant assassinats ciblés adoptée par le gouvernement américain, a-t-elle souligné, devrait être non seulement pleinement divulguée, mais elle doit également se conformer au droit international.

A ce jour, les justifications publiquement données par de hauts responsables de l'administration Obama ont seulement montré que la politique du gouvernement américain semble permettre des exécutions extrajudiciaires en violation du droit international, a ajouté Lee.

Interrogé pour savoir en quoi la Chine et la Russie sont derrière dans le déploiement de drones dans des situations de conflit, Dickerson a déclaré à IPS que les deux pays augmentent leurs stocks d’UAV, "mais restent loin derrière les Etats-Unis en termes de nombre dépêchés sur le terrain et de sophistication de ces systèmes".

"Aucun n’a l'expérience des champs de bataille dans le fonctionnement des UAV que l'armée américaine a acquise au cours des 10 dernières années", a-t-il ajouté. (FIN/2013)

 

 

 

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