Inter Press Service News Agency
10:08 GMT    
   Accueil
   Afrique Australe
   Afrique Centrale
   Afrique de l'Est
   Afrique
            de l'Ouest
   Droits de
            l'homme
   Développement
   Environnement
   Population
   Santé
   Education
   Finance
   Politique
   Energie
   Culture
 
 
   ENGLISH
   ESPAÑOL
   FRANÇAIS
   ARABIC
   DEUTSCH
   ITALIANO
   JAPANESE
   NEDERLANDS
   PORTUGUÊS
   SUOMI
   SVENSKA
   SWAHILI
   TÜRKÇE
RSS / SML
PrintSend to a friend

RD CONGO
Le maraîchage remet les déplacés de guerre au travail
Taylor T. Kakala

GOMA, RD Congo, 12 fév (IPS) - Environ 30.000 déplacés de guerre font du maraîchage sur plus de 3.000 hectares depuis juillet 2012, dans le Masisi, au Nord-Kivu, dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC). Ils se nourrissent désormais sans attendre l’aide humanitaire.

Les Nations Unies affirment, dans le Plan d’action humanitaire 2013 de février, que dans le Nord-Kivu, plus de 910.000 personnes sont toujours déplacées, avec un accès réduit aux services de base essentiels et à une sécurité alimentaire très limitée.

Mais au marché de Rubaya, une localité située à 60 kilomètres à l’ouest de Goma, la capitale de la province du Nord-Kivu, rien n’indique que Marceline Dusabe, maraîchère, est une déplacée de guerre. Son étable déborde de choux, de carottes et d’oignons. Autour d’elle, il en est de même pour les autres personnes déplacées qui, depuis leur lieu de refuge, bénéficient d’un Projet d’appui à la sécurité alimentaire.

"Devenu indépendant sur le plan alimentaire, j’ai demandé la permission à ma famille d’accueil de construire ma propre cabane dans la même parcelle. Tout cela grâce à l’argent que j’ai gagné des produits maraîchers", affirme à IPS, Jules Birigimana, le mari de Dusaba, fier d’avoir désormais un toit où il vit dans l’intimité familiale retrouvée.

Ce Projet d’appui à la sécurité alimentaire a ciblé 5.500 ménages déplacés (environ 30.000 personnes), répartis en huit localités dans le sud du territoire de Masisi. Chaque ménage exploite 0,55 hectare sur une superficie totale de 3.025 hectares. Le projet est exécuté par l’ONG Caritas Belgique et financé par l’Union européenne.

Les déplacés y cultivent des légumes comme le chou, des carottes, des oignons et deux types au choix pour des cultures vivrières: haricot, sorgho, maïs, pomme de terre. En outre, chaque ménage a bénéficié d’outils aratoires, de l’information sur les bonnes habitudes alimentaires, mais aussi d’un accompagnement technique.

Dans une région où 80 pour cent des dossiers au parquet sont fonciers, selon la Commission justice et paix du diocèse catholique de Goma, c’est grâce à une concertation entre Caritas Belgique, autorités coutumières et propriétaires terriens, que les déplacés ont eu accès à la terre par un métayage verbal. Ce métayage les autorise donc à exploiter les domaines des propriétaires moyennant uniquement le partage des fruits.

La région de Rubaya est connue pour ses bananeraies. Mais, les dommages causés par un wilt bactérien en 2010 ont conduit à l’introduction d’autres cultures vivrières, notamment celle de pomme de terre. Quant aux cultures maraîchères prévues par le projet, elles sont réservées uniquement aux déplacés de guerre.

Ils ont fait leur première récolte en novembre 2012 après trois mois de culture. En moyenne, chaque ménage a produit 200 kilogrammes d’oignons, 120 kg de choux et 20 kg de carottes, soit au total pour les 5.500 ménages: 1.100 tonnes d’oignons, 660 tonnes de choux et 110 tonnes de carottes ont été produites, indique l’ONG belge.

"Depuis leur première récolte, ces ménages assurent non seulement la disponibilité des aliments, mais ont surtout amélioré leur consommation sur le plan quantitatif que qualitatif", affirme à IPS, George Mugabo, nutritionniste au centre de santé de Rubaya.

Selon une étude menée en décembre par Caritas Belgique sur la base d’un questionnaire du Programme alimentaire mondial, cette première récolte a fait passer la vulnérabilité des 5.500 ménages déplacés de 51 pour cent à 38 pour cent depuis juillet 2012. "L’étude prévoit qu’elle sera à 25 pour cent en novembre 2013", indique Jean-Claude Mubenga, agronome au projet de sécurité alimentaire.

Le revenu des ménages déplacés a augmenté grâce à la rapidité du cycle des cultures maraîchères: trois mois. Il en va de même pour la moitié d’entre eux qui ont cultivé la pomme de terre parmi les deux types des cultures vivrières. Chaque ménage a récolté, en moyenne, 150 kilogrammes.

"Ceux qui viennent de Goma achètent nos produits à 2.000 francs congolais (environ deux dollars) pour 10 kg de choux, à 5.000 FC (cinq dollars) pour 10 kg de carottes ou d’oignons, et à 25.000 FC (25 dollars) pour un sac de 100 kg de pommes de terre", explique Dusabe à IPS. Mais à Goma, le principal débouché pour les produits maraîchers de Rubaya, les revendeurs doublent le prix d’achat, ajoute-t-elle.

Avec la présence des rebelles du M23 dans la région de Kibumba – le principal grenier des produits maraîchers à 25 kilomètres au nord de Goma – la région de Rubaya semble pallier, jusque-là, la situation. "C’est quand même une situation intermédiaire", estime Nafisa Fatuma, une habitante de la capitale du Nord-Kivu.

"L’attente de l’aide humanitaire n’est plus une préoccupation majeure pour ces ménages déplacés. Voilà donc l’essentiel pour moi", se réjouit Albert Ngendo, chef de l’entité administrative de Rubaya.

Avec le projet d’appui à la sécurité alimentaire, les déplacés de la région de Rubaya ne bénéficient plus d’aide alimentaire. Ils se suffisent avec les revenus de leurs activités, confirme-t-il.

Ngendo plaide plutôt pour que les routes de desserte agricole soient réhabilitées afin d’évacuer les produits. Parfois, des camions y sont tellement embourbés, ou carrément renversés qu’il est impossible de les sortir avec les moyens du bord. (FIN/2013)

 

 

 

  Dernières Nouvelles
News in RSS
DEVELOPPEMENT: Nous devons penser autrement à la "sécurité"
AUSTRALIE: Le port de Newcastle bloqué par les Guerriers du changement climatique
IRAN: L’examen d’un document clé à l’AIEA suggère un coup d’Israël
PAKISTAN: Les Ahmadis confrontés à la mort ou à l’exil
ETATS-UNIS: Le budget de la défense peut accroître alors que le public est fatigué de la guerre
OPINION: Il faut l’innovation pour aider les fermes familiales à prospérer
CISJORDANIE: Israël envisage une expulsion massive des Bédouins de la région
ENVIRONNEMENT: Le bambou pourrait être un sauveur face au changement climatique
ETHIOPIE: Le pays montre la voix pour faire prospérer une économie verte
AFRIQUE: Evaluer comment le changement climatique affecte la sécurité alimentaire
More >>