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CONGO
Des résultats de la lutte anti-SIDA menacés par la fin des financements
Arsène Séverin

BRAZZAVILLE, 12 fév (IPS) - Christine Loumboussi, une mère séropositive de 26 ans, se dit heureuse de la prise en charge, par le programme d’Elimination de la transmission de la mère à l’enfant (ETME), de son enfant de deux ans, né séronégatif, au Congo-Brazzaville.

"J’ai bénéficié gratuitement des soins et du lait artificiel pour mon bébé", témoigne-t-elle.

De son côté, Irène* reconnaît que c’est grâce au dépistage volontaire à l’unité mobile, qu’elle a su sa séropositivité et a pu protéger le bébé qu’elle portait déjà. "C’est grâce au programme ETME que moi et ma fille de trois ans sommes en vie et bien portantes", déclare-t-elle à IPS.

A la fin de ses cours dans un collège de Brazzaville, la capitale congolaise, Jean* se presse de rentrer pour la prise des antirétroviraux. "Cela fait deux ans que je suis sélectionné pour la prise de ces médicaments, je ne paie aucun franc", affirme cet enseignant séropositif.

Plusieurs actions ont été menées dans ce pays d’Afrique centrale pour réduire, de 4,2 pour cent en 2007 à 3,1 pour cent en 2012, le taux de prévalence du VIH/SIDA. Grâce à une unité mobile de dépistage volontaire acquise en 2009 - avec une contribution globale des populations de 215.000 dollars -, des centaines de personnes ont connu leur sérologie.

En 2007, à peine 14 Centres de santé intégrés (CSI) proposaient le dépistage aux femmes enceintes. Aujourd’hui, 124 CSI fournissent ce service.

"Nous constatons que la séropositivité n’a pas seulement baissé, mais continue de baisser. Les femmes enceintes sont systématiquement dépistées, et à la naissance, les enfants malades sont pris en charge", se réjouit Marie-Franck Puruenhce, secrétaire exécutive du Conseil national de lutte contre le SIDA.

Au niveau des femmes enceintes, le taux de prévalence a aussi baissé, passant de 3,4 pour cent en 2008 à 2,8 pour cent en 2012.

Mahamat Goadi Louani, chargé du Projet de lutte contre le VIH/SIDA et de santé au bureau de la Banque mondiale à Brazzaville, explique à IPS que plusieurs actions novatrices comme "le dépistage volontaire, la prise en charge syndromique, la prévention de la transmission de la mère à l’enfant, et la prise en charge globale des personnes vivant avec le VIH peuvent justifier ces succès".

Goadi Louani ajoute que les élèves et les étudiants ont bénéficié de 600.000 manuels scolaires sur le SIDA, tout comme 6.260 militaires et policiers ont été informés sur cette maladie en 2012.

Alors qu’en 2004, quelque 500 orphelins du SIDA seulement étaient pris en charge au Congo, aujourd’hui, grâce aux financements de la Banque mondiale, 12.193 autres ont été pris en compte.

Pour la première fois, indique le gouvernement, le Congo a organisé en 2012 une enquête de séroprévalence sur des groupes à risque composés de professionnels du sexe et de prisonniers. Mais, les résultats de cette enquête ne sont pas encore disponibles, selon le ministère de la Santé.

En juin 2011, le Congo avait promulgué une loi protégeant les droits des personnes vivant avec le VIH.

Le Congo avait réalisé ces actions avec ses fonds propres et ceux de ses partenaires. Dans le cadre du Programme national de développement sanitaire (2008-2012), le gouvernement a financé, à parts égales avec la Banque mondiale, un projet de 20 millions de dollars.

La Banque mondiale a réalisé au Congo, entre 2004 et 2012, des projets de l’ordre de 25 millions de dollars. Le Fonds mondial contre le SIDA, le paludisme et la tuberculose a accordé au pays plus de 35 millions de dollars en 2011.

Mais, tous ces financements sont arrivés à terme à la fin-décembre 2012, selon les accords passés entre le Congo et ses partenaires. Donc, de nombreux bénéficiaires craignent ne plus être gracieusement pris en charge.

Michel Bitemo, conseiller au bureau ONUSIDA à Brazzaville, estime que "pour que le Congo maintienne cette tendance, il faut plus d’efforts dans le sens des financements", indiquant qu’à peine 12 pour cent de personnes connaissent leur sérologie dans le pays.

"Sans cette gratuité, ma fille et moi ne vivrions plus longtemps", s’alarme Loumboussi qui a bénéficié en 2010 d’un microcrédit de 120 dollars pour subvenir à ses besoins de mère séropositive.

Jean Lucien Atondou, responsable de l’association 'Congo plus' déclare: "Maintenant que le Congo brasse beaucoup de milliards de son pétrole, il n’y a pas de raison qu’il ne soutienne pas financièrement les succès déjà enregistrés". Le Congo dispose cette année d’un budget de 8,2 millions de dollars. Il n’investit encore que neuf pour cent dans la santé.

Le gouvernement a annoncé en décembre 2012 la création d’un Fonds national de lutte contre le SIDA qui sera alimenté par le trésor public, les sociétés privées pétrolières, forestières et minières. "Le gouvernement reste le principal pourvoyeur de fonds. Maintenant, il faut que d’autres partenaires apportent leurs contributions", déclare Puruenhce.

Mais, certains patients ne croient pas à la volonté politique des autorités de créer rapidement ce fonds.

*Noms d'emprunt pour protéger l’identité de ces personnes. (FIN/2013)

 

 

 

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