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ZIMBABWE
Ouvrir les robinets, un exercice risqué
Stanley Kwenda

HARARE, 12 fév (IPS) - Pendant trois semaines en janvier, Tavonga Kwidini et son épouse Maria n’avaient pas eu d'eau de robinet dans leur maison à Glen View, l'une des nombreuses banlieues arides de la capitale du Zimbabwe, Harare.

Le couple était juste à bout de patience lorsque de fortes pluies étaient venues comme un cadeau du ciel.

"Nous recueillons maintenant de l'eau de pluie et c'est ce que nous utilisons pour nous laver, boire et tirer la chasse d’eau de nos toilettes", avait déclaré Kwidini à IPS pendant qu’il alignait ses seaux sous le toit de sa maison, en prévision des pluies de janvier.

Telle a été sa vie depuis la deuxième semaine de décembre 2012, qui constituait la dernière fois qu'il avait de l'eau de robinet. Chose étonnante, il continue de recevoir la facture d'eau du conseil municipal qui s’élève en moyenne à environ 80 dollars tous les mois.

"Les problèmes d'eau ne sont pas nouveaux ici - en 2008 certains de mes voisins étaient morts de choléra à cause de ces pénuries, mais le conseil (municipal) ne fait rien pour s'assurer que nous aurons de l'eau de ménage potable", affirme Kwidini.

L’aide de l’ONU toujours nécessaire

Dans le passé, le problème était en grande partie imputé aux pénuries de produits chimiques de traitement de l'eau, mais depuis près d’une demi-décennie cette excuse est inappropriée, puisque le Fonds des Nations Unies pour l'enfance (UNICEF) avait fourni gratuitement ces produits chimiques aux 20 conseils urbains du pays.

Cette assistance des Nations Unies est venue en réponse à l’épidémie de choléra au Zimbabwe en 2008, qui a tué environ 4.000 personnes. Ce n'était qu'en avril 2012, lorsque les autorités locales ont indiqué que la situation était sous contrôle, que l'UNICEF a mis fin à son appui, selon la chargée des communications de l'institution, Micaela Marques de Sousa.

Toutefois, des experts et les habitants du coin conviennent que le statu quo actuel pourrait forcer l'agence humanitaire à repenser sa position, étant donné que l'accès à l'eau potable est l'un des huit Objectifs du millénaire pour le développement (OMD), dont la date butoir de 2015 approche à grands pas.

Jusqu'au retrait du programme d'eau, d'assainissement et d'hygiène (WASH) de l’UNICEF en 2008, la situation s'était améliorée de façon visible, avec un nombre plus grand de personnes dans les 20 centres urbains du Zimbabwe capables d'accéder à l'eau potable et aux services d'assainissement.

Aujourd’hui, il est fréquent de voir beaucoup de personnes dans des zones urbaines du Zimbabwe transporter des seaux et marcher à la recherche de l'eau, un spectacle qui était jusque-là limité aux zones rurales.

"Nous n'avons aucun choix que de nous déplacer d'un endroit à l'autre à la recherche de puits artésiens renfermant de l'eau propre. Ces jours-ci, nous sommes chanceux à cause des pluies, sinon je serais en train de transporter un seau de 20 litres jusqu’à mon lieu de travail afin de ramener de l'eau potable à la maison", a déclaré Kwidini, qui travaille dans un magasin de gros dans Harare centre.

Les habitants cherchent des alternatives

Comme dans le cas de nombreuses crises, les femmes et les enfants assument la part du lion du fardeau.

Les femmes qui ont désormais recours à la lessive dans des plans d'eau souvent utilisés comme zones de déversement par des sociétés industrielles, sont vulnérables à plusieurs problèmes de santé.

Pendant ce temps, les enfants sont forcés dans le rôle de "porteurs d'eau".

"Ma journée commence à cinq heures lorsque je rejoins une queue au puits artésien local pour obtenir l'eau de bain pour mon père, moi-même et pour l’usage domestique", a expliqué à IPS, Thelma, une fille de 14 ans.

Comme beaucoup de ses pairs, Thelma doit rejoindre la longue file tôt, sinon elle sera en retard pour l'école.

Le nombre de puits artésiens en état de fonctionner est insuffisant pour desservir la population urbaine, et quand ils tombent en panne - un événement fréquent - ils sont souvent laissés dans un état de délabrement avancé.

Un puits artésien à 'Tichagarika Shopping Centre' dans la banlieue de Glen View, qui desservait des centaines d'habitants, est tombé en panne en juin 2012 et est resté dormant jusqu'à ce que ses pièces aient été volées.

Le gouvernement a aidé Harare à forer 250 puits artésiens à travers la capitale, mais les habitants disent que la plupart d’entre eux sont soit tombés en panne ou fournissent de l'eau contaminée.

Selon le rapport sur la surveillance des maladies du ministère de la Santé et de la Protection de l'Enfance, environ 50 cas de fièvre typhoïde sont signalés tous les jours à Harare et dans ses villes satellites. Environ 500.000 personnes au Zimbabwe ont souffert de diarrhée en 2012; parmi elles, 460.000 étaient des cas graves et 281 étaient mortels.

Les statistiques d’un groupe de plaidoyer, 'Harare Residents Trust' (HRT), indiquent que seulement 192.000 ménages à Harare, une ville de deux millions d’habitants, sont connectés au réseau d'eau, tandis que le reste dépend des puits artésiens ou de l'eau de pluie.

Pour corser les choses, HRT affirme que la ville perd 60 pour cent de son eau traitée à cause des fuites dans les anciennes infrastructures. Harare a besoin de 1.300 méga-litres d'eau par jour, mais l'approvisionnement actuel par jour varie entre 600 et 700 méga-litres, environ la moitié de la demande. (FIN/2013)

 

 

 

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