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KENYA
Des hommes se retournent contre les MGF
Miriam Gathigah

NAIROBI, 14 fév (IPS) - Pour la communauté samburu dans le nord du Kenya, c’était assez mauvais que Julius Lekupe n'ait pas engendré un fils - c'était encore pire que sa fille aînée ait refusé d'être "excisée".

"Les femmes sont comme une propriété ici. Nous les excisons et les marions - certaines ayant l’âge de 10 ans", a déclaré Lekupe à IPS.

Il savait que ce n'était qu'une question de temps avant que sa fille de 16 ans, aussi, ne subisse le rituel contre son gré.

"Elle m'a supplié de la soutenir et de la protéger. C'était une décision difficile à prendre, mais j'ai accepté. Je l'ai envoyée à Nairobi pour y vivre avec un ami", s’est rappelé Lekupe.

Il fait partie d'un nombre croissant d'hommes appartenant à des groupes ethniques qui pratiquent les Mutilations génitales féminines/excision (MGF/E) qui ont commencé à s'élever contre cette pratique désormais illégale dans ce pays d'Afrique de l’est.

Légalement, le vent a tourné au Kenya en 2010, lorsque le parlement a adopté la Loi sur l'interdiction des mutilations génitales féminines, qui stipule que les contrevenants purgent jusqu'à sept ans de prison et peuvent être condamnés à une amende allant jusqu'à 5.800 dollars - une somme énorme dans un pays où le salaire mensuel moyen est de 250 dollars.

La combinaison de la législation nationale et du changement des attitudes au niveau communautaire semble apporter des fruits.

Le 6 février, le Fonds des Nations Unies pour l'enfance (UNICEF) et le Fonds de l’ONU pour la population (UNFPA) ont publié ensemble de nouveaux chiffres qui montrent que les MGF/E deviennent moins répandues sur le continent et en particulier chez la jeune génération de filles.

Dans une déclaration conjointe, ces agences ont cité le Kenya comme un exemple de forte baisse dans la région, affirmant que "les femmes âgées de 45 à 49 ans sont trois fois plus susceptibles d'avoir été excisées que les filles âgées de 15 à 19 ans".

"Ce progrès montre qu'il est possible de mettre fin aux MGF/E", a souligné le directeur exécutif de l'UNICEF, Anthony Lake, ajoutant que "nous pouvons et devons y mettre fin afin d’aider des millions de filles et femmes à mener une vie plus saine".

De plus en plus, les hommes jouent un rôle actif dans l’initiation de ce changement culturel, comme l’indique le rapport 2012 de l'UNFPA intitulé "Accélérer le changement". En plus des pères comme Lekupe, qui souhaitent protéger leurs filles, de jeunes hommes à travers le Kenya s’expriment publiquement pour annoncer leur préférence pour le mariage avec les filles non excisées, selon le rapport - un développement important dans un pays où les MGF continuent d'être une condition préalable au mariage dans certaines communautés.

Qui plus est, plus de deux douzaines de chefs musulmans hommes ont fait des déclarations publiques pour lutter contre les MGF/E en 2011, a souligné l’UNFPA.

"Nous avons été induits en erreur en croyant que les MGF/E sont la pratique du Prophète, et que ses disciples doivent la suivre", a déclaré à IPS, Abdi Omar, un mari et père originaire de Garissa dans le nord du Kenya. "Mais dans tout le nord du Kenya, nous avons des chefs musulmans qui nous disent que ce n'est pas vrai. Pourquoi devrais-je soutenir cette pratique si ce n'est pas celle du prophète?"

Selon Ibrahim Shabo, un activiste contre les MGF/E originaire d’Isiolo - une ville du nord du Kenya où la communauté d’éleveurs est connue pour la pratique des MGF/E - cette position des chefs musulmans est particulièrement importante quand il s'agit d'influencer des Somaliens kényans dans le nord du pays, qui ont un taux de prévalence des MGF/E de 98 pour cent.

A Kapenguria, dans la 'Rift Valley', le conseil local des aînés a rejoint le chœur grandissant contre les MGF/E en faisant une déclaration publique d'abandonner la pratique en 2011.

"Voici une communauté qui est connue dans la pratique des formes extrêmement brutales de MGF/E", a indiqué à IPS, Philipo Lotimari, un leader communautaire dans la ville. Il a poursuivi en décrivant la pratique qui consiste à ouvrir le vagin d'une fille avec la corne d'une vache la première fois qu'elle a des rapports sexuels après son excision.

La position du conseil - constitué uniquement d’hommes - a changé les attitudes, selon Lotimari, en envoyant "un message collectif selon lequel il est bon d’épouser une fille qui n'est pas excisée".

Ses sœurs plus jeunes n'ont pas été excisées, a-t-il ajouté, parce qu'il voulait qu'elles aient une éducation et non qu’elles soient mariées.

Mais ce ne sont pas tous les hommes qui ont des raisons altruistes pour empêcher la pratique.

Omar, un père originaire de Garissa, a dit que les jeunes hommes de sa région sont contre les MGF/E, parce qu'ils estiment qu’eux-mêmes en sont devenus des "victimes".

"Si la fille est excisée de façon serrée, vous ne pouvez ni pénétrer, ni jouir des rapports sexuels. Alors, les mariages prennent fin à cause de cela", a-t-il expliqué.

Dr Salim Ali, un médecin en santé de la reproduction dans le nord du Kenya, a déclaré à IPS: "Le rapport sexuel avec (les femmes qui ont subi une MGF/E) est désagréable et elles le font comme un devoir. Elles atteignent rarement l'orgasme et rendent les relations sexuelles pénibles. Les femmes qui n'ont pas été excisées jouissent des rapports sexuels fréquents - les relations sexuelles avec elles sont agréables". (FIN/2013)

 

 

 

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