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POLITIQUE
Des millions de Kényans ont voté dans une élection historique
Miriam Gathigah

NAIROBI, 5 mars (IPS) - Le lundi 4 mars, Betty Amollo était l'un des millions de Kényans qui étaient massivement sortis pour voter lors des premières élections générales organisées dans le pays depuis que le scrutin contesté de 2007 avait fait près de 1.200 morts et déplacé 600.000 personnes dans les violences interethniques qui ont suivi.

Bien que les bureaux de vote aient officiellement ouvert à six heures lundi matin, les électeurs faisaient déjà la queue deux heures avant le début du scrutin. Amollo était l'un d'entre eux.

"J'étais dans la queue à quatre heures du matin, mais je n'ai voté qu’à 11 heures. Il y a eu quelques problèmes techniques avec le système d'enregistrement biométrique des électeurs, qui tombait en panne de temps en temps", a déclaré Amollo à IPS.

Les bruits stridents de vuvuzelas (des trompettes plastiques) retentissaient dans les centres urbains de ce pays d'Afrique de l’est puisque des électeurs enthousiastes réveillaient les autres Kényans de leur sommeil tôt le lundi. Pratiquement, tous les commerces à travers le pays sont restés fermés, sauf quelques restaurants qui sont restés ouverts pour servir les électeurs.

De longues files d'électeurs inscrits serpentaient les rues généralement très fréquentées de Nairobi, la capitale. Beaucoup ont dû attendre patiemment des heures puisque le système d'enregistrement biométrique des électeurs, qui identifie les électeurs inscrits par une empreinte digitale fiable et la technologie du visage, connaissait des problèmes techniques dans certaines régions.

"Les longues files d'attente me rappellent les élections générales de 2002 lorsque nous avions voté en majorité pour le changement. Avec une majorité écrasante, nous avions évincé le régime présidentiel de 24 ans de Moï", a indiqué Amollo, qui a voté à Kibera, à Nairobi. Elle faisait allusion au règne largement dictatorial de l'ancien président, Daniel Arap Moï, de 1978 à 2002.

Si les files des électeurs sont quelque chose sur lequel l’on doit se baser, il est clair que les Kényans votent pour assurer une victoire décisive dans ces élections, selon Peter Otondo, un analyste politique.

"Sur la base des longues files d'attente observées aujourd'hui (lundi), il est évident que les Kényans cherchent une victoire décisive pour éviter une répétition du passé (où tout le monde n'avait pas voté)", a-t-il expliqué à IPS.

Au total quatre millions d'électeurs inscrits n’étaient pas allés voter lors des scrutins de 2007, avait déclaré l’ancienne Commission électorale du Kenya à l'époque.

Selon les règles électorales de 2007, le candidat ayant obtenu le plus grand nombre de voix était déclaré président.

"En 2007, les résultats contestés du scrutin présidentiel ont été largement imputés aux électeurs absents puisque la marge (de victoire) était trop faible", a affirmé Otondo.

En 2007, l'actuel Premier ministre, Raila Odinga, s’était présenté à l’élection présidentielle et a été battu par l’actuel président sortant Mwai Kibaki par seulement deux pour cent des voix.

Mais les règles ont changé pour ces élections. Pour qu'un(e) candidat(e) soit déclaré(e) président(e), il/elle doit obtenir 50 pour cent plus une voix sur tous les votes exprimés. En outre, ce/cette candidat(e) doit également gagner 25 pour cent des voix dans la majorité des comtés du Kenya.

Dans ces élections, Odinga est également candidat à la présidentielle et son rival principal actuel est le vice-Premier ministre, Uhuru Kenyatta, un homme recherché par la Cour pénale internationale pour crimes de guerre. Kenyatta, un Kikuyu, a été accusé de financer des attaques de représailles contre les communautés Kalenjin et Luo.

Lundi, la Commission électorale indépendante et de délimitation (IEBC) du pays a prolongé le vote au-delà de 17 heures dans les régions qui ont connu des problèmes techniques avec les nouveaux systèmes d'enregistrement biométrique des électeurs.

Le scrutin a été prolongé dans la province de la Côte, où le Conseil républicain de Mombasa (MRC), un groupe sécessionniste, aurait intimidé des électeurs. Des membres présumés du MRC ont tué neuf personnes dans des incidents séparés dans la région, y compris des policiers et un chef de bureau au centre de dépouillement de Chumani, dans la circonscription électorale de Kilifi Nord, le 3 mars, selon le chef de la police de la province de la Côte, Adoli Aggrey.

Mais ces incidents isolés n'ont pas empêché les gens de voter. Et à la fin du scrutin lundi, l’IEBC a estimé que 70 pour cent des 14 millions d'électeurs inscrits dans le pays sont allés voter, ajoutant que ce taux pourrait être plus élevé puisque beaucoup de bureaux de vote avaient prolongé leurs horaires.

Joyce Nyambura, une électrice inscrite dans le comté de Kiambu, dans la province du Centre, était optimiste que les Kényans non seulement voteraient dans le calme, mais également accepteraient le résultat du scrutin.

Nyambura avait perdu son étal dans le marché de Mombasa, dans la province de la Côte en 2007, au plus fort des violences postélectorales. Depuis ce temps, elle a emménagé dans la province du Centre, où elle a du mal à refaire sa vie.

"J’ai échappé à la mort et à une blessure à la colonne vertébrale après que j’ai trébuché et que je suis tombée (pendant les émeutes), et j’ai été piétinée par des gens fuyant pour sauver leur vie", a-t-elle affirmé à IPS.

Mais elle a déclaré qu'elle avait le sentiment que ces élections seraient apaisées parce que "les Kényans ont appris dans la douleur, nous avions tous perdu la dernière fois".

Cette fois-ci, les Kényans ne sont pas enthousiastes à provoquer des violences, selon Jennifer Riria, la présidente de Tuvuke, une initiative pour un processus électoral paisible et juste au Kenya.

"L'éducation civique a porté ses fruits, et les Kényans ambrassent une approche pacifique des élections. Il y a une prise de conscience plus grande que les élections ne sont qu’un événement, et qu’il existe une vie au-delà", a-t-elle expliqué à IPS. (FIN/2013)

 

 

 

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