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DROITS
'Les marques de virilité' alimentent les violences basées sur le genre
George Gao

NATIONS UNIES, 6 mars (IPS) - Certains des cas les plus poignants de violences basées sur le genre que Kathryn Bolkovac a rencontrés, alors qu'elle travaillait comme chercheuse des Nations Unies sur les droits de l'Homme en Bosnie, impliquaient un auteur surnommé "le Docteur" par les femmes et les filles dont il abusait.

"C'était la pratique (du 'Docteur') d'insérer des pièces de Deutsche Mark dans le vagin des jeunes filles pendant qu’elles dansaient (dans les clubs de strip-tease)", a-t-elle déclaré à IPS.

Les inégalités entre les sexes étaient si profondément enracinées dans les structures sociales que mêmes des hommes qui travaillaient pour l'ONU participaient au harcèlement sexuel sous des formes diverses.

"Mon collègue chef du Corps expéditionnaire international de la police ... a avoué (aux responsables de l'ONU) et à moi qu'il avait (acheté) une jeune fille dans un bar local à Ilidža qu’il gardait à la maison avec lui comme sa 'compagne'", a indiqué Bolkovac.

Les hommes qui ont travaillé à la Mission des Nations Unies en Bosnie-Herzégovine (MINUBH) accrochaient des photos portant des "descriptions inappropriées des femmes" sur les murs de leurs bureaux, a-t-elle ajouté.

Et les employés de DynCorp - qui sont des contractants militaires privés intégrés à l'ONU - distribuaient des bandes cassettes de viol dans les bases militaires, a-t-elle noté.

Bolkovac a elle-même été aussi victime de harcèlement: "Le chargé du personnel de l'ONU m'a approchée pour se présenter et me dire que j'étais 'mignonne'", a-t-elle dit à IPS.

"(Dans un autre cas), le commandant du contingent m'a invitée à une commémoration du 4 juillet à l'ambassade américaine et m’a demandé quel type de sous-vêtements je portais", a-t-elle affirmé.

Bolkovac a présenté, à la Librairie des Nations Unies début-février, son livre coécrit avec Cari Lynn et intitulé 'The Whistleblower: Sexual Trafficking, Military Contractors and One Woman’s Fight for Justice' (Le dénonciateur: Le trafic sexuel, des contractants militaires et le combat d'une femme pour la justice).

Son histoire a également inspiré un film réalisé par Larysa Kondracki, intitulé "The Whistleblower" (Le dénonciateur), qui a été projeté au siège des Nations Unies en octobre 2011, suite à une demande spéciale du secrétaire général, Ban Ki-moon. Une table ronde avec de hauts responsables de l'ONU sur les violences faites aux femmes et aux filles a suivi.

Le 14 février 2013, Ban a délivré un message en soutien au mouvement 'One Billion Rising', une exclamation d'une journée qui a présenté la solidarité et la force collective des femmes à travers le monde. Le nombre "one billion" (un milliard) se référait à l'estimation qu'une femme sur trois est violée ou battue dans sa vie.

"La pandémie mondiale des violences faites aux femmes et aux filles se développe dans une culture de discrimination et d'impunité", a déclaré Ban. "En restant solidaires, nous pouvons mettre fin aux violences faites aux femmes et aux filles, et construire un monde où tous vivent à l'abri du harcèlement et de la peur".

Mais dans la même journée que 'One Billion Rising', un autre événement avait ébranlé les cadres de genre. Il impliquait un athlète olympique de renommée mondiale, appelé "Blade Runner" (Coureur sur lame), qui a tué sa compagne alors qu'elle était dans la salle de bains.

Recette des violences basées sur le genre

Oscar Pistorius est un athlète sud-africain avec des jambes de course en fibre de carbone. Autrefois considéré comme un modèle pour les jeunes personnes amputées, Pistorius est tombé en disgrâce quand il a été suspecté d’avoir assassiné Reeva Steenkamp le jour de la Saint-Valentin.

Cela s'est produit peu après qu’Anene Booysen, 17 ans, a été collectivement violée et mutilée à mort. Les auteurs ont abandonné son corps sur un chantier de construction non loin de son domicile.

Ces deux événements ont attiré l'attention sur la généralisation des violences basées sur le genre, le thème de la 57ème session de la Commission de la condition de la femme (CSW), qui se déroule au siège de l'ONU du 4 au 15 mars.

Selon un rapport de synthèse intitulé "S'attaquer aux inégalités", les violences basées sur le genre reflètent "les relations inégales de pouvoir entre hommes et femmes, filles et garçons - dans les domaines économique, social (y compris juridique) et politique.

"Les violences basées sur le genre, y compris les sévices psychologiques et sexuels, représentent souvent une expression perverse d'insatisfaction eu égard au pouvoir et à l'estime de soi de la part de l'auteur".

Dean Peacock, co-fondateur et directeur exécutif de 'Sonke Gender Justice Network' (Réseau Sonke pour une justice de genre), a indiqué à IPS: "En Afrique du Sud, comme aux Etats-Unis, il y a une forte association entre la possession d'armes et la virilité".

'Bushmaster Firearms International', la même société qui a produit le fusil semi-automatique de calibre 223 utilisé dans la fusillade survenue dans une école de Newtown, dans le Connecticut, aux Etats-Unis, a organisé une campagne de publicité étiquetant les fusils Bushmaster comme une "Man Card" (une Carte d'homme).

Peacock a expliqué les dangers entourant les notions de masculinité en Afrique du Sud, où une grande partie de la population souffre de chômage structurel à long terme.

"Les hommes sont confrontés à une attente sociale et à la pression sociale de pouvoir subvenir aux besoins de leurs familles – de faire en sorte que leurs enfants puissent aller à l'école, de mettre de la nourriture sur la table - mais ils sont (souvent) incapables de faire cela, ils éprouvent alors un énorme sentiment d'incapacité", a-t-il expliqué.

"Ils intériorisent et s’accusent des problèmes structurels créés par nos politiques économiques et la position (de l’Afrique du Sud) dans l'économie mondiale. Les hommes compensent alors leur incapacité à être à la hauteur de cette pression en s'engageant dans une gamme de pratiques risquées qui leur accordent un certain sentiment momentané soit de fuite ou de pouvoir", a-t-il poursuivi.

Bon nombre consomment de l'alcool pour faire face à leur sentiment d'incapacité. "Il y a aussi une attente sociale générée, en grande partie, par le monde de la publicité selon lequel les hommes doivent boire, et que le fait de boire signifie que l’on est un homme", a déclaré Peacock.

"Donc, si vous (considérez) le lien de l'alcool, des armes, et - peut-être plus important encore - la pression sociale et l’attente que les hommes soient dominants dans leurs rapports avec les femmes (et) disposent de l'autorité ultime dans leurs relations et dans leurs maisons... vous obtenez une recette pour les violences faites aux femmes par les hommes", a-t-il expliqué. (FIN/2013)

 

 

 

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