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ZIMBABWE
Voter changera la vie des femmes
Nyarai Mudimu

MOUNT DARWIN, Zimbabwe , 15 mars (IPS) - "Dix raisons pour lesquelles les femmes doivent voter 'oui' pour le projet de constitution...", dit le jingle de la campagne radio de la Commission parlementaire de rédaction de la constitution (COPAC).

Cette musique se joue sur les ondes dans le magasin d'un épicier au poste-frontière de Mukumbura, un centre commercial à la frontière nord-est du Zimbabwe avec le Mozambique.

Le Zimbabwe organise un référendum le 16 mars pour savoir s'il faut adopter le projet de constitution qui a mis près de quatre ans pour être rédigé et a englouti 50 millions de dollars des fonds des donateurs injectés dans l'économie de ce pays appauvri.

La COPAC est le comité parlementaire constitutionnel responsable de la rédaction du projet de constitution, et en prélude au référendum, elle a été chargée d'informer les Zimbabwéens sur le projet et de les encourager à voter.

Mais le jingle radio est presque noyé par le bruit du juke-box d’une brasserie voisine.

Ironie du sort, le message du jingle est apparemment destiné aux femmes du centre commercial du poste-frontière, mais elles semblent être occupées à vaquer à leurs occupations quotidiennes – vendant des fruits et des légumes, presque indifférentes à un processus que les politiciens locaux ont décrit comme un changeur de jeu dans l'histoire politique de ce pays d’Afrique australe.

Maria Nyamasoka, 48 ans, désintéressée, raconte à IPS qu'elle ne se soucie pas du projet de constitution.

"Rien ne changera pour moi. Peut-être pour vous les gens de Harare. C'est peut-être pourquoi vous avez fait tout ce voyage pour venir ici parler de ce projet. Lors des dernières élections, ma ferme a été brûlée et j’ai échappé de justesse à un viol de la part de certains jeunes de parti. Je n'ai vraiment pas envie de parler de cela... Je ne veux rien avoir à faire avec la politique", déclare-t-elle.

Despite attempts by Copac and political parties to push supporters for a "Yes" vote this weekend, some say they are unaware of the referendum or the draft constitution that they have been asked to vote on. Sithembile Mpofu, a Bulawayo housewife, is one of them.

Malgré les efforts de la COPAC et des partis politiques visant à pousser les partisans à voter "oui" ce week-end, certains disent qu'ils ne sont pas au courant du référendum ou du projet de constitution pour lequel on leur a demandé de voter. Sithembile Mpofu, une ménagère à Bulawayo, est l'un d'entre eux.

"C'est peut-être parce que je ne regarde pas la ZTV", indique Mpofu à IPS, en référence à la chaîne de télévision nationale où les programmes ont été, ces dernières semaines, dominés par des campagnes demandant aux électeurs inscrits de cocher "oui" sur les bulletins de vote du référendum.

"Je ne peux pas aller voter pour quelque chose que je ne connais pas, même si je vote "non", je serais malhonnête", dit-elle.

Mais malgré le manque d'intérêt de la part de certains, cinq millions d'électeurs inscrits dans le pays ont une occasion de changer la vie des femmes de cette nation. Les femmes représentent la majorité, environ 53 pour cent des quelque 12,6 millions d'habitants du pays. La 'Women’s Coalition' (Coalition des femmes), un groupement d'organisations non gouvernementales (ONG) de défense des droits des femmes, fait campagne pour l'approbation du projet de constitution.

"Les femmes ont lutté dur pour faire adopter près de 75 pour cent de nos exigences dans le projet. Certainement la vie des femmes ne sera plus jamais la même en vertu de cette nouvelle constitution, si elle est adoptée", affirme Slyvia Chirawu, une coordinatrice nationale à l'ONG 'Women and Law in Southern Africa' (Femmes et droit en Afrique australe), et membre de la Coalition des femmes.

Chirawu dit que les femmes ont particulièrement souffert de l'article 23 de la constitution actuelle, qui les prive des mêmes droits que les hommes concernant la garde de leurs enfants mineurs.

"Conformément à l'article 23, une femme ne peut pas demander un passeport pour son enfant sans le consentement du père... (une femme) ne peut pas obtenir l’acte de naissance de son enfant en l'absence du père... Mais les hommes peuvent faire toutes ces choses en l'absence de la mère de l'enfant", souligne Chirawu.

Dans le projet de constitution, les femmes peuvent désormais demander à la fois les passeports et les actes de naissance pour leurs enfants sans le consentement du père.

Jessie Majome, vice-ministre de la Justice et des Affaires parlementaires, membre de la COPAC, explique à IPS que selon la constitution actuelle, les filles peuvent se marier à l’âge de 16 ans, alors que les garçons peuvent légalement faire de même à 18 ans.

"Ce que cela signifiait, c’est que les filles ont dû abandonner l'école pour se marier, tandis que les garçons poursuivaient leur éducation. Les garçons devaient attendre pour atteindre l'âge légal de la majorité, créant un avantage injuste contre les femmes. Mais selon ce nouveau projet, les garçons et les filles seront autorisés à se marier quand ils atteindront l'âge légal de la majorité", explique Majome.

Le projet de constitution assurera également aux femmes un soulagement par rapport à certaines pratiques culturelles nuisibles qui étaient considérées comme admissibles.

Des filles mineures ont été mariées à des hommes plus âgés, alors que des veuves ont été forcées de devenir les "épouses" des parents hommes de leurs maris décédés.

"Bien que la constitution (actuelle) ait été récemment amendée pour interdire certaines pratiques culturelles nuisibles, le présent projet en réalité interdit et rend inconstitutionnel le fait que le droit coutumier l’emporte sur le droit commun. Les femmes avaient été désavantagées quand il s'agissait d'héritage, puisqu’elles ne pouvaient pas hériter des biens de la famille. Les veuves avaient également perdu leurs biens suite au décès de leurs conjoints", souligne Majome.

Jane Chiriga, une chercheuse sur les genres, estime le projet est "un triomphe pour les femmes".

"Il y a un effort délibéré de corriger les défauts et les lacunes de la constitution actuelle. Ce qui reste, je pense, c’est d'aligner cela avec les lois du pays", ajoute Chiriga.

*Avec un reportage complémentaire de Ignatius Banda à Bulawayo. (FIN/2013)

 

 

 

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