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ENVIRONNEMENT
La transparence pourrait renforcer les politiques sur la sécheresse
Isolda Agazzi

GENEVE , 15 mars (IPS) - Des scientifiques réunis à Genève pour la première Rencontre de haut niveau sur les politiques nationales en matière de sécheresse (HMNDP), en plus de 30 ans, ont identifié la collecte et le partage des données comme certains des principaux défis à la prévention efficace de la sécheresse.

Des objectifs clairs et une forte volonté politique sont indispensables au développement des politiques au niveau national, affirment-t-ils.

Conjointement organisée par la Convention des Nations Unies sur la lutte contre la désertification (UNCCD), l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) et l'Organisation météorologique mondiale (OMM), la réunion du 11 au 15 mars à Genève est un effort visant à ouvrir un dialogue international sur les politiques nationales.

Malgré les différences évidentes, en particulier entre le Nord et le Sud, mais aussi au sein et entre des pays spécifiques, certains obstacles sont les mêmes dans toutes les régions, à commencer par la nécessité de promouvoir une meilleure collecte des données et la diffusion des informations.

Comme l’a déclaré à IPS en marge de la conférence, Cesar Morales, coordinateur d'un projet entrepris par la Commission économique de l’ONU pour l'Amérique latine et les Caraïbes (CEPALC) visant à estimer le coût de l'inaction avant et durant une sécheresse, "le problème est non seulement la collecte des données, mais aussi le partage des informations".

Il affirme qu'en Amérique latine, mais aussi dans d’autres endroits, le problème est exacerbé par le fait que certaines institutions refusent de rendre l'information et la recherche gratuitement disponibles à la société civile, au public ou aux autres organisations.

"Présentement, nous préparons un rapport pour le gouvernement du Costa Rica et l’organisation nationale météorologique veut que nous payions pour leurs données", a-t-il déploré, ajoutant que dans la communauté scientifique, où tout le monde rivalise pour les mêmes fonds limités, personne ne veut partager ses informations.

"C'est un système qui vient des Etats-Unis. Introduire certains mécanismes de marché dans la recherche scientifique peut être bon, tant que cela ne devient pas extrême", a-t-il souligné.

En réponse à ce problème, les scientifiques latino-américains à la conférence ont proposé une politique de transparence sur les données et la création de systèmes nationaux d'informations liées à la sécheresse.

En Argentine, le Conseil national de la recherche scientifique et technique (CONICET), la principale agence nationale pour la promotion de la science et de la technologie, exige que les recherches menées par ses propres ressources soient offertes gratuitement à tous les utilisateurs.

Les scientifiques venus d'Amérique latine ont également attiré l'attention sur les industries extractives, qui sont non seulement de grands consommateurs de ressources en eau, aggravant ainsi la pénurie d'eau et la sécheresse, mais contribuent également à la diminution de la sagesse traditionnelle sur la gestion de l'eau.

Les experts ont mis en lumière le modèle actuel de développement de la sylviculture qui est pratiqué et promu à travers le continent - en particulier l'abattage des forêts naturelles pour faire place à des monocultures des espèces à croissance rapide dépendantes de l'eau telles que l'eucalyptus - comme un obstacle aux stratégies de prévention de la sécheresse.

L'exploitation minière est un autre problème majeur dans certaines régions du Pérou, de la Bolivie, du Chili et de l'Argentine. "Les premières communautés indiennes vivent dans les vallées... où elles (utilisent) juste assez d'eau pour produire des vivres. Mais les activités minières dans la région visent à capter toute l'eau pour fabriquer des produits à valeur marchande plus élevée", a déclaré Morales à IPS.

L'expulsion des communautés indiennes de leurs terres contribue à la perte des connaissances traditionnelles sur la façon de gérer la pénurie d'eau et atténuer les effets du changement climatique. Les anciens peuples du Pérou, par exemple, transportaient l'eau dans des canaux spéciaux conçus pour éviter des pertes et ils avaient des techniques agricoles appropriées, en harmonie avec les ressources disponibles.

Par exemple, "cette année a été déclarée l’année du quinoa", a souligné Morales. "Récemment, cette plante avait presque disparu, mais elle est soudainement devenue très populaire pour ses protéines de haute qualité. Elle pousse presque partout et tout le monde veut la cultiver puisqu’elle constitue une très bonne affaire pour l'exportation.

"Mais cette plante ne peut pas être cultivée seule et en extension. Elle a besoin d'être produite avec d'autres cultures pour préserver la biodiversité et la fertilité des sols". Mais l'agro-industrie favorise principalement les monocultures par rapport aux pratiques agricoles holistiques et naturelles, et constitue un facteur majeur de sécheresse.

Les experts présents à la conférence estiment qu'une façon de développer un système plus efficace de collecte et de diffusion des informations est d'avoir une approche holistique et multisectorielle à la sécheresse.

"La sécheresse est une question de développement, pas seulement environnementale. Investir dans la planification de la sécheresse peut augmenter le produit intérieur brut (PIB)", a indiqué à IPS, Bai-Maas Taal, secrétaire exécutif du Conseil des ministres africains chargés de l'Eau.

"Mais le problème est que les coûts de la sécheresse sont seulement 'des calculs au pifomètre'. Seuls les principaux impacts sont évalués, tandis que ceux du plus long terme sur des activités, comme l'agriculture, sont négligés", a-t-il ajouté. (FIN/2013)

 

 

 

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