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ZIMBABWE
Arrestations, intimidations puis aucune nouvelle
Nyarai Mudimu

HARARE, 22 mars (IPS) - Une tension politique accentuée entre les principaux rivaux du gouvernement d’union du Zimbabwe et des mesures de répression accrues sur la société civile ont suscité la question de savoir si le pays est prêt pour une vraie démocratie quelques jours après le vote de la population pour adopter une nouvelle constitution.

Un peu plus de trois millions de Zimbabwéens ont voté le 16 mars pour approuver le projet de constitution, qui ouvre la voie à des élections vers la fin de cette année, alors que 179.489 l'ont rejeté. Il y avait 56.627 bulletins nuls.

Cependant, le jour du référendum, Beatrice Mtetwa, une éminente avocate locale des droits de l’Homme, a été arrêtée pour avoir soi-disant entravé le cours de la justice. Elle aurait demandé à la police de lui montrer un mandat de perquisition quand les policiers sont descendus dans les bureaux du personnel de soutien du Premier ministre, Morgan Tsvangirai, le 17 mars. Quatre membres du personnel ont également été arrêtés.

"La répression du gouvernement sur les individus et les organisations qui soutiennent la démocratie... démontre clairement qu'il y a des forces qui ne sont pas encore prêtes à accueillir le système démocratique qui viendra avec la nouvelle constitution", a déclaré à IPS, Nixon Nyikadzino, un activiste des droits humains de 'Crisis in Zimbabwe Coalition' (Coalition pour la crise au Zimbabwe), un regroupement de plus de 350 organisations civiles dans le pays travaillant ensemble pour opérer un changement démocratique.

Le parti du président Robert Mugabe, l’Union nationale africaine du Zimbabwe-Front patriotique (ZANU-PF), et le parti d’opposition, le Mouvement pour le changement démocratique dirigé par Morgan Tsvangirai (MDC-T), ont conclu un Accord politique global (APG) pour un gouvernement de partage du pouvoir en 2008 après que des violences politiques ont entaché l'élection. Mugabe est au pouvoir depuis 33 ans et son règne a été en proie à des allégations de corruption, d’abus de pouvoir, d’intimidations politiques et de violations des droits de l'Homme.

Le projet de constitution que les Zimbabwéens viennent de voter limite le président à seulement deux mandats de cinq ans, mais il comporte aussi des dispositions claires qui exigent que les forces de sécurité soient politiquement neutres et n’interfèrent pas dans les processus électoraux.

Mtetwa et ses co-accusés sont confrontés aux chefs d’accusation de s’être fait passer pour la police, de possession de produits à des fins criminelles, de violer la Loi sur les secrets officiels et d’avoir entravé le cours de la justice. Cette loi est vague et dit que toute question que l'Etat peut prétendre être "préjudiciable à la sécurité et aux intérêts du Zimbabwe" la viole, mais elle ne définit pas ce que signifient les "intérêts".

Ils sont également accusés d'avoir illégalement compilé des fiches de renseignements sur des hauts responsables du gouvernement, y compris des membres de la ZANU-PF, qui sont considérés comme corrompus.

Le 20 mars, il a été refusé à Mtetwa et ses co-accusés la libération sous caution au Tribunal de première instance d’Harare. Ceci malgré une décision prise le 18 mars par la Haute cour du Zimbabwe qui avait ordonné à la police de libérer Mtetwa. La police a défié l'ordonnance puis elle a été gardée en détention préventive et a comparu cette semaine devant le tribunal de première instance.

La décision a été condamnée par des activistes dans le pays.

"Nous ne comprenons pas comment un tribunal inférieur a annulé l’ordonnance d’une cour supérieure. La Haute cour a ordonné qu'elle soit libérée, mais la police a défié cela. Maintenant un tribunal inférieur vient de défier l'ordonnance encore. Comment le tribunal est arrivé à cette décision constitue toujours une surprise pour nous. Nous examinons encore la décision", a indiqué à IPS, Kumbirai Mafunda, le porte-parole des Avocats du Zimbabwe pour les droits de l'Homme.

Nyikadzino a dit qu'il n'était pas surpris par la décision du tribunal de refuser la libération sous caution aux cinq accusés.

"C'est leur style: pour vous maintenir sous leur garde aussi longtemps qu'ils le peuvent, parce qu'ils savent qu'ils n'ont pas une affaire. Je connais des cas où la police a dû recourir à l'évocation de l'article 121 du Code pénal (Codification et réforme), qui l’autorise à détenir des suspects pendant des périodes plus longues avant qu’ils ne comparaissent devant un tribunal", a-t-il dit. En janvier l'organisation internationale de défense des droits humains 'Human Rights Watch' (HRW) a déclaré que le système judiciaire demeurait toujours "extrêmement partisan" envers la ZANU-PF.

Nyikadzino a ajouté que la tension entre la ZANU-PF et le MDC-T insinuait que le gouvernement d’union n'était pas prêt à embrasser la démocratie.

Cependant, la police a insisté que ces arrestations sont légitimes. La porte-parole de la Police nationale, la commissaire adjointe Charity Charamba, a déclaré à IPS que les co-accusés de Mtetwa n'étaient pas membres du personnel du cabinet du Premier ministre.

"Ces quatre personnes ne sont pas des fonctionnaires. Vous devez être un fonctionnaire avant d'être considéré comme membre du personnel du cabinet du Premier ministre. Ces gens travaillent pour une organisation non gouvernementale, le 'Institute of Democratic Alliance in Zimbabwe' (Institut de l'alliance démocratique au Zimbabwe). Ils n'avaient pas le droit de prétendre travailler au cabinet du Premier ministre", a-t-elle indiqué.

Mais HRW a critiqué le gouvernement dans une déclaration faite le 19 mars, et a énuméré un certain nombre "d’abus politiquement motivés contre des activistes de la société civile et des organisations".

Le porte-parole de la ZANU-PF, Rugare Gumbo, a bafoué et rejeté les accusations de répression de la société civile.

"Nous savons que ce sensationnalisme est un stratagème du (Premier ministre) Tsvangirai et ses acolytes pour faire pression pour un sommet de la SADC (Communauté de développement d’Afrique australe) avant que nous n’organisions nos élections générales. Laissez la police et les tribunaux faire leur travail. Nous sommes plus conscients de leurs (MDC-T) machinations", a affirmé Gumbo à IPS.

Tsvangirai a prévenu ses partisans de s'attendre à d’autres violences de la part de la ZANU-PF.

"L'histoire a rapporté que lorsqu’un changement est sur le point de se produire, il y a certains éléments qui sont déterminés à le détourner. En 2000, nous avions rejeté le projet de constitution, et quelques semaines plus tard, il y a eu des occupations des terres et des violences généralisées. En 2008, lorsque nous avons signé l'APG, combien de personnes ont-elles été arrêtées?", a-t-il déclaré lors d'une conférence de presse à Harare le 19 mars. (FIN/2013)

 

 

 

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