Inter Press Service News Agency
22:33 GMT    
   Accueil
   Afrique Australe
   Afrique Centrale
   Afrique de l'Est
   Afrique
            de l'Ouest
   Droits de
            l'homme
   Développement
   Environnement
   Population
   Santé
   Education
   Finance
   Politique
   Energie
   Culture
 
 
   ENGLISH
   ESPAÑOL
   FRANÇAIS
   ARABIC
   DEUTSCH
   ITALIANO
   JAPANESE
   NEDERLANDS
   PORTUGUÊS
   SUOMI
   SVENSKA
   SWAHILI
   TÜRKÇE
RSS / SML
PrintSend to a friend

RD CONGO
L’accès à l’éducation de base est toujours difficile
Badylon Kawanda Bakiman

KIKWIT, RD Congo, 25 mars (IPS) - Des millions d’enfants en âge scolaire ne fréquentent toujours pas l’école en République démocratique du Congo (RDC) pour diverses raisons malgré la gratuité de l’enseignement primaire dans le pays, décidée par le gouvernement depuis 2010.

«J’ai sept enfants dans ma famille et quatre parmi eux ne vont pas l’école pas parce que je n’ai pas de ressource», déclare Sylvain Ndangila, un parent d’élèves à Kikwit, la capitale de la province du Bandundu (sud-ouest de la RDC). Il affirme à IPS que ses deux enfants qui étudient sont de temps en temps chassés de l’école parce que la 'prime des enseignants' – que paient les élèves - est versée avec du retard.

«Pour les deux, je dois payer 18.500 francs congolais (19,5 dollars) par trimestre. A cela, j’ajoute l’argent du Test national de fin d’études primaires, qui s’élève à 12.000 FC (13,04 dollars). Or le charbon que je vends ne permet pas de faire face aux nombreux problèmes de la famille», ajoute-t-il.

Françoise Tembula, une orpheline de 14 ans, va régulièrement au champ. «Depuis que mes parents sont morts, ma tante ne veut pas que j’aille à l’école, m’obligeant à aller au champ dans la forêt et à me marier», dit-elle à IPS à Kwenge, une localité située à 20 kilomètres de Kikwit.

Dans les provinces du Kasaï-Oriental, Kasaï-Occidental (centre du pays) et du Katanga (sud-est), la recherche de diamant attire les enfants. «A partir de 5 heures du matin, plusieurs dizaines d’enfants de 14 à 16 ans figurent parmi des adultes dans des carrières. Pour eux, aller à l’école ne permet pas de vite avoir de l’argent», explique Julienne Elameji, une journaliste résidant dans le Kasaï-Occidental.

Mais parfois, des enfants meurent asphyxiés sous l’éboulement de la terre pendant qu’ils creusent dans les carrières, ajoute Elameji à IPS.

Dans l’est de la RDC, la guerre envoie également des milliers d’enfants dans la rue. «Depuis la reprise de la guerre entre les rebelles du M23 et les Forces armées de la RDC en avril 2012, des centaines d’enfants ont du mal à aller à l’école», déclare à IPS, Charles Isunga, journaliste à Goma, la capitale de la province du Nord-Kivu.

En RDC, la pauvreté, la guerre, les mariages précoces, la recherche de diamant, la distance entre l’école et le village dans certaines zones rurales, entravent l’accès à l’éducation de base.

Selon une étude de 2011 sur la pauvreté dans le pays, «70 pour cent des ménages vivent en dessous du seuil de pauvreté avec moins d’un dollar par jour, supportant plus de 65 pour cent des dépenses pour la scolarité des enfants».

Plus de sept millions d’enfants de cinq à 17 ans en RDC n’ont pas fréquenté l’école en 2012, selon un rapport de l’UNICEF publié le 1er mars à Kinshasa, la capitale. Le rapport indique que le nombre d’enfants non scolarisés a baissé de 38 pour cent en 2007 à 28,6 pour cent en 2012.

Pour réduire le nombre d’enfants non scolarisés, conformément à la constitution et aux Objectifs du millénaire pour le développement (OMD), le président congolais, Joseph Kabila, avait décrété la gratuité de l’enseignement primaire en 2010 pour les cinq premières années. Seules les villes de Kinshasa et Lubumbashi (capitale provinciale du Katanga) ne sont pas encore concernées par la gratuité.

Les mesures confirmant la gratuité sont «la suppression du minerval (frais de scolarité), de la motivation des enseignants (la prime des enseignants), des frais de fonctionnement, des frais de l’administration de bureau des gestionnaires...», indique Jean-Baptiste Minango, directeur provincial de l’Enseignement primaire, secondaire et professionnel au Bandundu.

Mais malgré ces mesures, «sur le terrain, des problèmes se posent. Il y a par exemple des non payés par l’Etat, de nouveaux enseignants... Il y a aussi des salaires de misère que l’Etat donne (environ 50 dollars)», souligne Jacques Kitwako, directeur d’une école primaire. Et la subvention que donne l’Etat aux écoles – environ 49 dollars par mois – est insignifiante par rapport à leurs charges et besoins, dit-il à IPS.

Pour palier ces difficultés, explique-t-il, des comités de parents, dans des écoles, fixent de nouveaux frais variant entre 5,4 dollars et 21,2 dollars que les élèves doivent payer. «Cet argent est appelé 'don ou leg', même si certains parents l’appellent aussi 'prime d’enseignants'. Tous les élèves de 1ère jusqu’en 6ème primaire le paient», malgré la gratuité, ajoute Kitwako à IPS.

«Le ministre de l’Enseignement primaire, secondaire et professionnel est en discussion avec les associations de parents d’élèves et les syndicats pour trouver des solutions à cela», déclare Lambert Mende, ministre porte-parole du gouvernement congolais. Il ajoute que le gouvernement continuera avec la gratuité de l’école primaire pour permettre à tous les enfants d’aller à l’école.

Arron Katshimo, conseiller chargé de l’éducation dans les provinces au ministère, affirme à IPS: Etant donné que «chaque commune rurale a au moins 30 écoles primaires et que la distance entre une localité et une école est en moyenne deux kilomètres, le gouvernement s’efforcera de réhabiliter et de construire des écoles proches des élèves, surtout en milieu rurale».

«Chaque enfant a droit à l’éducation; le gouvernement doit tout faire pour gagner son pari», estime Joseph Lukubu, coordinateur provincial d’un réseau d’ONG locales. (FIN/2013)

 

 

 

  Dernières Nouvelles
News in RSS
ETATS-UNIS: Les coupures d’eau à Detroit violent les droits humains, selon des activistes
NICARAGUA: Les gens de Mayagna et leur forêt tropicale pourraient disparaître
CHILI: Le pays jure de dissiper l’ombre persistante de la dictature
BRESIL: Carton rouge à l’exploitation des enfants lors de la Coupe du monde
THAÏLANDE: Des organisations religieuses veulent s’impliquer dans la gestion des catastrophes
SWAZILAND: Le mariage, un obstacle au traitement antirétroviral pour les femmes
KENYA: Division des opinions sur la faisabilité de l’introduction de l’option B+
OUGANDA: Les ARV, une pilule amère à avaler pour les enfants
ALLEMAGNE: La nouvelle révolution énergétique continue d'avancer
OUGANDA: Les adolescents ont du mal à révéler leur statut sérologique
More >>