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MALI
Peu d’espoir de retrouver les enfants enlevés dans la guerre
Issa Sikiti da Silva

BAMAKO, 25 mars (IPS) - Salif, 14 ans, l’un des fils d’Amina Diallo, est porté disparu depuis août 2012. Elle pense que les islamistes l'ont enlevé pendant qu'il allait au marché dans leur ville natale de Gao, dans le nord du Mali, et l'ont recruté comme enfant soldat.

"Où qu'il soit, il doit savoir que je prie toujours pour qu'il revienne sain et sauf", déclare-t-elle à IPS.

Bien qu'une intervention française ait permis à l'armée malienne de récupérer le nord du Mali en janvier, ce pays d’Afrique de l’ouest reste toujours dans la tourmente avec des centaines de milliers de personnes déplacées à l’intérieur, des enfants portés disparus et enlevés ainsi que des pénuries alimentaires. Le pays avait été sous le contrôle, pendant plus d'un an, des militants islamistes composés d'Al-Qaïda au Maghreb islamique, Ansar Dine et du Mouvement pour l'unicité et le jihad en Afrique de l'ouest.

Diallo et ses quatre autres enfants vivent maintenant dans la maison d'un parent à Bamako après avoir quitté Gao en octobre 2012. Mais malgré les espoirs de Diallo que Salif pourrait revenir, les chances sont peu probables.

Elle a essayé de rechercher son fils porté disparu, seulement pour se faire dire par les autorités locales qu'elles étaient désolées de sa perte, et que l'armée malienne faisait de son mieux pour retrouver là où les enfants ont été emmenés.

La directrice des relations avec les médias de l’agence humanitaire chrétienne 'World Vision', Laura Blank, déclare à IPS que les enfants sont toujours exposés au Mali.

"Les enfants non surveillés sont aussi vulnérables au harcèlement sexuel et à la violence, y compris la possibilité d'être recrutés comme enfants soldats par des groupes armés. Cela continue d'être une préoccupation pour 'World Vision'".

Un rapport de 'Human Rights Watch' (HRW) publié en février indiquait que des enfants âgés de 11 ans ont été placés sur le front rebelle islamiste. Des habitants choqués ont affirmé aux chercheurs de HRW qu'ils ont vu des corps d'enfants soldats allongés dans des mares de sang après les combats. Le Fonds des Nations Unies pour l'enfance (UNICEF) a rapporté qu’au moins 175 enfants ont été utilisés comme soldats dans le conflit en 2012.

Blank indique que son organisation travaille avec des volontaires pour partager des messages précieux sur la protection de l'enfance avec des communautés locales, ce qui aiderait probablement les parents des capacités à mieux protéger leurs enfants.

"Les enfants et leurs familles demeurent vulnérables. Ils ont un accès de plus en plus limité à la nourriture, à l'eau, aux médicaments et à un abri sûr, et sont sujets aux maladies", ajoute Blank.

Il n’a pas été signalé que tous les enfants ont activement pris part aux combats. Certains étaient également utilisés comme porteurs, cuisiniers et espions. D'autres ont été offertes comme esclaves sexuelles aux combattants.

Oumou Camara était impuissante à regarder des hommes lourdement armés, qui ont mené des opérations porte-à-porte dans leur quartier de Gao et lui ont arraché sa jeune fille de 16 ans. Ils recherchaient des filles mineures, des veuves et d’autres femmes célibataires à "marier" aux moudjahidines (combattants de la religion).

"Ils ont amené ma fille loin avec un fusil derrière et ont menacé de nous abattre si quelqu'un dans la maison s’y opposait", raconte à IPS cette mère de sept enfants. "Je ne l'ai jamais revue".

Camara a abandonné tout espoir de retrouver sa fille et n'a pas confiance dans les autorités. "Que peuvent faire les autorités si elles ne pouvaient même pas mener leur propre guerre? Je suis impuissante et ne peux qu'espérer et prier".

Il est impossible d’obtenir des commentaires auprès du gouvernement malien. L'Etat a interdit aux journalistes indépendants d’entrer dans la zone de guerre, et a menacé d'arrêter et de poursuivre toute personne qui publie des "informations sensibles" qui pourraient pousser à une mutinerie sous l'Etat d'urgence actuel.

Mais pendant que des groupes de défense des droits tentent de protéger les enfants vulnérables du Mali, ils sont aussi préoccupés par la crise alimentaire croissante dans le pays.

'Oxfam International' indique que les prix des denrées alimentaires ont flambé, aggravés par une pénurie de céréales sur le marché. Le prix du riz a augmenté de plus de 50 pour cent depuis octobre 2012.

"Beaucoup de commerçants dans la région de Gao se sont déplacés et/ou ont vendu aux villages et communes situés à l’extérieur de la ville leurs stocks restants à Gao", déclare à IPS, Ilaria Allegrozzi, directrice de campagne de 'Oxfam International' au Mali.

En outre, la population dispose de très peu d'argent disponible puisque les systèmes bancaires ont été perturbés par le conflit.

"La plupart des gens dans la région de Gao n’ont plus d'argent, sont endettés, et ont vendu des biens - épuisant leurs stratégies d’adaptation", souligne-t-elle.

Allegrozzi affirme que 'Oxfam International' cherche à fournir une aide alimentaire à au moins 70.000 personnes. Et Blank indique qu’en décembre, 'World Vision' a atteint près de 130.000 personnes à Bamako, Ségou et à Sikasso, dans le sud du Mali.

Dans ce contexte, retrouver des enfants enlevés ou portés disparus se révèlera difficile, puisque le conflit dans la région a déplacé 260.665 personnes à l’intérieur, selon le Bureau des Nations Unies pour la coordination des affaires humanitaires. En outre, il y a 170.313 réfugiés enregistrés dans des pays voisins comme le Niger, la Mauritanie et le Burkina Faso. (FIN/2013)

 

 

 

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