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LAC MALAWI
Deux millions de gens placent leur espoir dans la médiation
Mabvuto Banda

LILONGWE , 25 mars (IPS) - Plus de deux millions de familles qui dépendent uniquement du lac Malawi pour leurs moyens de subsistance mettent avec inquiétude leurs espoirs dans une médiation prochaine entre le Malawi et la Tanzanie destinée à mettre fin à un différend de longue date sur la propriété du lac.

Cette médiation devrait commencer dans ce mois après que les deux parties ont convenu en décembre 2012 d'engager l'assistance du Forum des anciens chefs d'Etat et de gouvernement, qui est présidé par l'ancien président mozambicain, Joachim Chissano.

"Après plusieurs tentatives pour régler le conflit, nous sommes arrivés à la conclusion que nous avons échoué et que nous avions besoin d'un tiers pour nous aider", a déclaré à IPS, Patrick Kambabe, secrétaire principal au ministère des Affaires étrangères du Malawi.

"En janvier, le Malawi avait soumis sa position après avoir accepté que le Forum nous aide à régler le conflit", a indiqué Kambabe.

Dans une interview accordée aux médias tanzaniens, l'homologue de Kambabe en Tanzanie, John Haule, a confirmé que son pays, aussi, avait accepté d'impliquer les anciens dirigeants et avait soumis sa propre déclaration de principe à Chissano.

"Le forum examine maintenant le document et nous allons ensuite demander une consultation si elle est nécessaire", a estimé Haule.

Il a dit qu'il s'attendait à ce que la question soit réglée en trois mois.

Selon les autorités, environ 1,5 million de Malawiens et 600.000 Tanzaniens dépendent du troisième plus grand lac d'Afrique pour la nourriture, le transport et d’autres besoins quotidiens.

Lorsque IPS a visité le district de Karonga, sur les rives du lac Malawi, les communautés environnantes ont déclaré qu'elles étaient préoccupées par la tension accrue et enthousiastes de voir une résolution.

"J'avais l'habitude de traverser la frontière pour me rendre à Kyela en Tanzanie toutes les deux semaines pour échanger le sucre contre des vêtements, que je vends. Mais aujourd’hui, j'y vais seulement une fois par mois parce que les responsables tanzaniens de l'immigration à la frontière de Songwe sont devenus très sévères et nous maltraitent", a expliqué Joyce Nyirongo, une mère de quatre enfants. Elle avait peur de donner des détails sur les mauvais traitements.

Appelé lac Nyasa en Tanzanie et Lago Niassa au Mozambique, la masse d'eau disputée devrait se trouver sur des réserves riches en en pétrole et en gaz, selon de récents rapports du gouvernement malawien.

Le potentiel minéral a ravivé un différend frontalier entre le Malawi et la Tanzanie, qui reste irrésolu depuis près d'un demi-siècle.

Le conflit a dégénéré en juillet 2012 lorsque le Malawi a accordé des licences d'exploration pétrolière à la compagnie pétrolière 'Surestream Petroleum', basée au Royaume-Uni.

Et en décembre 2012, le Malawi a accordé la deuxième plus grande licence à 'SacOil Holdings Ltd.', basée en Afrique du Sud, une démarche qui a aggravé la crise.

A deux reprises, les deux pays ont tenté de résoudre le conflit diplomatiquement, mais en vain.

Les deux pays espèrent obtenir la meilleure issue qui règlera le différend une fois pour de bon, quand la médiation débutera dans ce mois.

Revendications fondées sur le traité colonial

Le premier président du Malawi, Hastings Kamuzu Banda, était le premier à affirmer que le lac Malawi faisait partie de ce pays d'Afrique australe. Il a basé sa revendication sur l'Accord de 1890 de Heligoland entre la Grande-Bretagne et l'Allemagne, qui stipulait que la frontière entre les deux pays se trouvait le long du côté tanzanien du lac.

Le traité avait été réaffirmé lors du Sommet de l'Organisation de l'unité africaine en 1963 en Ethiopie et avait été accepté à contrecœur par la Tanzanie.

Le ministre des Affaires étrangères du Malawi, Ephraim Chiume, a déclaré à IPS que leur position est basée sur le Traité de 1890 et que l'Union africaine avait confirmé l'accord colonial en 2002 et 2007.

"Le Traité de Helgoland nous a accordé tout le lac et c'est ce qui constitue la base de notre position et la preuve que nous possédons tout le lac", a déclaré Chiume.

La position de la Tanzanie est que le traité avait des lacunes. La Tanzanie est restée ferme sur le fait qu'elle possède la moitié du lac - indiquant que la frontière passe au milieu du lac, à l’exception de la partie qui se trouve au Mozambique.

La position de la Tanzanie est une partition tracée au milieu du lac, réaffirmant que c'est la pratique entre les pays qui se partagent des plans d'eau.

"La Tanzanie a fait recours au droit international, qui indique que les frontières sont généralement au milieu d'un plan d'eau... La Tanzanie devrait donc posséder la moitié du lac", a expliqué à IPS, dans un entretien téléphonique, le ministre tanzanien des Affaires étrangères, Benard Membe.

Membe a affirmé que le traité avait des lacunes parce qu'il a privé les Tanzaniens vivant sur les rives du lac de leur droit à utiliser l'eau et les ressources marines à proximité pour gagner leur vie quotidienne.

Telles sont les positions que Chissano et ses deux collègues, l'ancien président sud-africain, Thabo Mbeki et l'ancien président botswanais, Ketumile Masire auront à considérer. (FIN/2013)

 

 

 

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