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ZIMBABWE
Les chemins de fer en voie de disparition
Jeffrey Moyo

HARARE, 28 mars (IPS) - Le système de transport ferroviaire du Zimbabwe peut être en voie de disparition si le gouvernement ne prend pas des mesures drastiques pour résoudre la série de défis opérationnels qui ont rendu les services de train de banlieue et de marchandises rares dans le pays.

"Les services ferroviaires sont certainement en crise parce qu'ils doivent continuer à payer environ 7.000 personnes - dont la plupart ont peu de chance de rapporter en réalité des recettes pour le système. Ces services constituent un fardeau pour l'économie", a déclaré à IPS, John Robertson, un éminent économiste de l’entreprise 'Robertson Economic Information Services' à Harare, la capitale du Zimbabwe.

Richard Laiton, un économiste indépendant, a ajouté qu'il y a une possibilité que cela pourrait signifier la fin du système de chemin de fer dans ce pays d'Afrique australe. "C’est regrettable que le système de transport ferroviaire devienne dormant et passif et puisse être, pour la première fois dans l'histoire, progressivement supprimé au Zimbabwe", a-t-il indiqué à IPS.

Selon les statistiques de la 'National Railways of Zimbabwe' (Société nationale des chemins de fer du Zimbabwe - NRZ), juste avant 2012, il y avait quotidiennement 120.000 banlieusards qui prenaient le train à travers le pays. Ce nombre a depuis lors chuté de 20 pour cent, un chiffre qui, selon les responsables de la NRZ, continue de baisser.

"Nous avions l'habitude d'avoir régulièrement des trains de banlieue, mais aujourd’hui ils sont rarement disponibles et les opérateurs (de minibus taxi) nous dépouillent tous les jours de notre argent durement gagné", a expliqué à IPS, Dickson Chirambwi, un banlieusard originaire de Budiriro, une banlieue à forte densité d’Harare.

Les récentes augmentations du prix du carburant n’ont pas beaucoup amélioré la situation. Le 11 mars, le ministre des Finances, Tendai Biti, a annoncé une augmentation de 20 et 25 pour cent des contributions indirectes, respectivement sur le diesel et l'essence, comme un moyen de réunir de l'argent pour les élections prévues au Zimbabwe vers la fin de cette année. Actuellement, un litre de carburant coûte entre 1,53 dollar pour le diesel et 1,59 dollar pour l'essence.

Localement, les minibus taxis prennent entre 0,50 dollar par voyage aller-retour de la ville, des tarifs qui doublent souvent aux heures de pointe puisque les opérateurs de taxis profitent des banlieusards désespérés qui ont peu ou pas de transport alternatif. Ce montant est élevé par rapport au prix de 0,20 dollar que les trains de banlieue prennent par voyage aller-retour de la ville.

Mais ces services des trains de banlieue sont maintenant rares. S'adressant à IPS sous couvert d'anonymat, de hauts responsables de la NRZ à Harare ont déclaré que les nombreux wagons et locomotives du chemin de fer étaient maintenant en panne, entraînant la difficulté de la société à maintenir la plupart de ses travailleurs.

Des travailleurs mécontents de la NRZ manifestent sans cesse pour une augmentation des salaires et les opérations sur le chemin de fer sont souvent perturbées à cause de cela. De récentes manifestations au sujet des salaires ont vu la NRZ annuler sa ligne de Bindura et Chinhoyi.

Dabuka est un train de banlieue qui a sa gare de triage à Gweru, dans le centre du Zimbabwe, et est censé être l'épicentre du réseau ferroviaire du pays, connectant les trains entre Harare et Bulawayo et reliant le pays au Mozambique, à l'Afrique du Sud, au Botswana et à la Namibie. Mais cette gare est maintenant déserte à cause du nombre réduit de banlieusards qui prennent le train et des trains de marchandises qui empruntent la voie d’évitement.

Robertson a déclaré qu’un financement important était nécessaire pour rétablir les services ferroviaires.

"Nous avons aussi besoin de rétablir la stabilité dans bon nombre de sections du chemin de fer après des années de négligence et nous devons quasiment reconstruire les systèmes électroniques de contrôle du trafic et de signalisation. La plupart des compétences techniques les plus importantes ont été perdues au cours des années de déclin, alors celles-ci aussi doivent être remplacées. Tout cela s'ajoute à un défi très grand et très cher", a-t-il expliqué.

Le Zimbabwe se remet toujours d'une crise économique. Entre 2003 et 2009, le pays avait l'un des pires taux d'hyperinflation au monde et son inflation d’année en année a été rapportée comme étant 231 pour cent. Les prix des produits doublaient dans le pays tous les jours et la Banque centrale du Zimbabwe a été contrainte d'émettre un billet de 100 trillions de dollars zimbabwéens.

Kipson Gundani, un économiste à la Chambre nationale du commerce du Zimbabwe, a déclaré à IPS que la NRZ, appartenant à l'Etat, devrait être autorisée à opérer sur une base commerciale.

"La NRZ a souffert à cause d'une décennie de crise économique et n'a pas une intention lucrative, entraînant l'indexation des tarifs qui ne sont pas axés sur la rentabilité", a indiqué Gundani.

Prosper Chitambara, un économiste du développement à l'Institut de recherche sur le travail et le développement économique du Zimbabwe, a déclaré à IPS que la NRZ avait besoin d’une recapitalisation pour être sauvée, mais le gouvernement a indiqué qu'il n'avait pas de fonds.

La NRZ a besoin d’une recapitalisation comprise entre 300 et 400 millions de dollars pour l’amélioration et la réhabilitation des infrastructures, mais cette année, le gouvernement ne lui a alloué que 7,4 millions de dollars. Biti avait affirmé que la réhabilitation et l’entretien des infrastructures de la NRZ dépassaient les capacités budgétaires du gouvernement.

Les opérateurs économiques ont dit qu'ils ont été également touchés par la diminution des services de transport ferroviaire.

"Les affaires étaient habituellement plus viables pour moi à l'époque où j'avais l'habitude de transporter mes pneus pour les revendre en utilisant les trains de marchandises depuis l'Afrique du Sud, mais aujourd’hui, je dois débourser plus d'argent pour louer de gros camions parce que les trains de marchandises ne sont plus fiables", a indiqué à IPS, Brighton Mugadzi, un homme d'affaires local. (FIN/2013)

 

 

 

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