Inter Press Service News Agency
05:34 GMT    
   Accueil
   Afrique Australe
   Afrique Centrale
   Afrique de l'Est
   Afrique
            de l'Ouest
   Droits de
            l'homme
   Développement
   Environnement
   Population
   Santé
   Education
   Finance
   Politique
   Energie
   Culture
 
 
   ENGLISH
   ESPAÑOL
   FRANÇAIS
   ARABIC
   DEUTSCH
   ITALIANO
   JAPANESE
   NEDERLANDS
   PORTUGUÊS
   SUOMI
   SVENSKA
   SWAHILI
   TÜRKÇE
RSS / SML
PrintSend to a friend

ZAMBIE
De l’électricité pour tous sauf les déplacés du barrage de Kariba
Baboki Kayawe

LUSITU, Zambie, 29 mars (IPS) - Les populations indigènes qui ont été déplacées de la vallée du Zambèze, il y a près de six décennies, à cause de la construction du barrage de Kariba, affirment qu'elles n'ont pas profité du développement que leur départ a permis.

La construction du barrage hydroélectrique de Kariba était censée ouvrir la voie à un avenir radieux pour les populations de Zambie et du Zimbabwe qui ont abandonné leurs terres pour sa réalisation.

Malheureusement, cet avenir était pour d’autres et non les personnes déplacées et leurs descendants. La plupart des villages dans lesquels quelque 57.000 personnes originaires des deux pays d'Afrique australe ont été délocalisées ne sont pas encore électrifiés.

Samson Nyowani, 69 ans, avait 15 ans lorsqu’il avait été déplacé de sa maison à Chipepu, où se trouve maintenant le barrage de Kariba, jusqu’au village de Sitikwi dans le district de Lusitu, en Zambie, à quelque 60 kilomètres plus loin. Le village de Sitikwi, déclare Nyowani, n'a toujours pas d'électricité, et le sol est infertile.

"Nous n'avons pas d’énergie ici à Sitikwi, et les écoles ainsi que le centre de santé ne sont pas électrifiés, ce qui est une situation triste après ce qu’on nous a fait subir au cours de la délocalisation de masse", raconte-t-il à IPS.

"Ils, le gouvernement colonial (britannique), avaient promis de fournir de l'électricité dans nos maisons et nous avions exigé cela, bien que nos fermes soient en chaume", indique Nyowani.

Bien qu'il soit un adolescent à l’époque, il raconte l'histoire comme si elle s'était produite ce matin. Ce vieil homme espère au moins que le gouvernement actuel fera quelque chose par rapport à la situation.

Cependant, le gouvernement démocratique actuel n'a pas promis la même chose.

Hope Mpundu, la directrice administrative de district par intérim à l’Unité de gestion et d'atténuation des catastrophes à Siyavonga, affirme qu'ils sont conscients des défis auxquels les communautés des personnes déplacées sont confrontées. Elle ajoute que le gouvernement leur fournit de l'aide alimentaire et les soutient avec des projets d'irrigation.

"Davantage de choses auraient pu être faites pour elles en tant que personnes qui vivaient dans cette région avant d'être délocalisées, mais elles ont été poussées dans des zones qui ne sont pas assez bonnes", dit-elle à IPS, admettant que la région dans laquelle elles ont été déplacées est plus sèche que là où elles vivaient.

La production de cultures de subsistance est difficile pour les 3.000 personnes qui se sont installées à Sitikwi parce que la terre est marginale. La région est également très chaude, ce qui se traduit par de faibles récoltes de maïs et de certains légumes indigènes.

"Les rendements sont très faibles et suffisent seulement pour nourrir nos familles d'une saison agricole à l'autre, ce qui signifie que lorsque les pluies de l’année suivante sont faibles, les gens souffrent de la faim", souligne Nyowani.

Frank Mudimba, un porte-parole de 'Basilwizi Trust', une organisation non gouvernementale de lobby pour que des réparations soient payées à ceux qui ont été déplacés, affirme que le gouvernement zambien a initié le Programme de développement de la vallée de Gwembe, qui cible les communautés affectées par la construction du barrage.

Il déclare à IPS que des centres de santé, projets d'irrigation, et des barrages ont été construits et que les maisons des chefs ont été électrifiées. Toutefois, indique-t-il, le financement du programme a cessé au temps du président Frederick Chiluba. "Cela a stoppé l'expansion, mais tout ce qui était installé au moment où le programme se déroulait marche toujours, (et est) géré par les communautés". Il ajoute que le gouvernement zimbabwéen n’avait pas entrepris un tel programme.

Comme Nyowani, beaucoup d’autres habitants de Sitikwi sont impatients de voir de l'électricité dans leur village. Le vice-chef de la région, Langson Mulungu, n'est pas content qu'ils n'aient pas réussi à bénéficier de la délocalisation pour faire place à la grande centrale hydroélectrique.

"Je ne suis pas content qu'ils ne nous aient pas donné de l'électricité ici, et aient électrifié plutôt d’autres villages voisins. En outre, les promesses de systèmes d'irrigation ne sont pas encore tenues", affirme Mulungu.

Madame Siankusule n'avait que huit ans quand ses parents ont été déplacés de Chipepu à Lusitu. On lui a dit qu’à Chipepu, les habitants irriguaient leurs cultures et, en plus des sols fertiles, les récoltes étaient bonnes.

Aujourd’hui, ils doivent faire face aux sécheresses. "Je me souviens de la sécheresse de 1995, lorsque la communauté avait souffert et l'aide alimentaire était apportée", raconte-t-elle à IPS.

Elle vend habituellement des poulets et parfois des tomates pour joindre les deux bouts.

Elle est d'accord avec Mulungu et Nyowani que leur village devrait être électrifié. Siankusule estime que la priorité devrait être accordée aux écoles parce que l’électricité est inestimable dans ces établissements.

Elizabeth Karonga, chargée des relations publiques et des communications pour l’Autorité de gestion du fleuve Zambèze (ZRA), déclare à IPS que le gouvernement de l'époque coloniale était plus préoccupé par le bien-être des animaux sauvages que des populations indigènes. "L’Opération Noé" a été lancée pour déplacer physiquement les animaux de la zone qui allait être inondée par les eaux du barrage.

Elle indique que les autorités n'ont pas pris des dispositions pour les 57.000 personnes déplacées du côté zambien et du côté zimbabwéen. A part certains des hommes qui ont été engagés comme ouvriers dans la construction du barrage, les habitants n'ont pas bénéficié du projet.

"Même si la ZRA n'existait pas à l'époque, nous avons réalisé que la délocalisation a été faite au hasard puisque aucune disposition n'avait été prise pour s’assurer que ces gens, qui dépendaient de l'eau pour la survie, s’étaient adaptés à un nouveau moyen de subsistance", explique Karonga.

*Avec un reportage complémentaire de Ish Mafundikwa à Harare. (FIN/2013)

 

 

 

  Dernières Nouvelles
News in RSS
ETATS-UNIS: Les coupures d’eau à Detroit violent les droits humains, selon des activistes
NICARAGUA: Les gens de Mayagna et leur forêt tropicale pourraient disparaître
CHILI: Le pays jure de dissiper l’ombre persistante de la dictature
BRESIL: Carton rouge à l’exploitation des enfants lors de la Coupe du monde
THAÏLANDE: Des organisations religieuses veulent s’impliquer dans la gestion des catastrophes
SWAZILAND: Le mariage, un obstacle au traitement antirétroviral pour les femmes
KENYA: Division des opinions sur la faisabilité de l’introduction de l’option B+
OUGANDA: Les ARV, une pilule amère à avaler pour les enfants
ALLEMAGNE: La nouvelle révolution énergétique continue d'avancer
OUGANDA: Les adolescents ont du mal à révéler leur statut sérologique
More >>