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GAMBIE
Boycotter ou participer aux élections
Saikou Jammeh

BANJUL, 4 avr (IPS) - Les Gambiens qui se rendent aux urnes pour les élections locales ce 4 avril, auront moins de candidats parmi lesquels choisir puisque six des sept partis d'opposition boycottent ces scrutins. Mais un parti d'opposition affirme qu'il combattra la répression politique en participant aux élections.

"Chaque fois que nous nous engageons dans les élections, il y a une amélioration, une ou deux (choses changent). Finalement, nous y arriverons et nous les engagerons", a déclaré à IPS, Hamat Bah, leader du Parti de la réconciliation nationale (NRP), le troisième plus grand parti d'opposition dans ce pays d’Afrique de l’ouest.

Le NRP sera le seul parti d'opposition, aux côtés d’une poignée de candidats indépendants, à disputer les élections avec le parti au pouvoir, l'Alliance pour la réorientation patriotique et la construction (APRC), qui a été créé par les chefs militaires qui avaient organisé le coup d'Etat de 1994 qui avait amené le président Yahya Jammeh au pouvoir.

"Laissez-moi vous dire une chose: ce régime n’organisera jamais des élections libres et équitables si nous ne nous battons pas pour cela. Alors, la seule chose à faire, c’est de lutter avec eux pour s’assurer que nous parvenons à ce que nous voulons", a expliqué Bah.

La Gambie a fait l'objet de graves critiques pour son manque de liberté politique puisque Jammeh est actuellement à son quatrième mandat de cinq ans en tant que président.

La Communauté économique des Etats d'Afrique de l’ouest a refusé d'envoyer une mission d'observation en Gambie pour l’élection présidentielle de novembre 2011, affirmant dans un communiqué à l'époque que "l'environnement politique pour les soi-disant élections est considéré par la commission comme n’étant pas favorable pour l’organisation de scrutins libres, équitables et transparents".

Les élections législatives de mars 2012 dans le pays ont été également boycottées par les mêmes six partis de l'opposition en protestant contre ce qu'ils appelaient un "terrain de jeu inégal" pour des élections libres et équitables.

Le NRP occupe maintenant l'un des 48 sièges électifs au parlement, les indépendants détiennent quatre sièges et les 43 autres sont occupés par l'APRC, le parti au pouvoir.

Bah, qui était soutenu par trois autres partis d'opposition lors de l’élection présidentielle de novembre 2011, dans laquelle il avait terminé troisième, a expliqué que participer aux élections ne signifie pas qu'il est d'accord avec l’environnement politique actuel.

"Je soutiens mes collègues à 100 pour cent dans leurs exigences pour la tenue d’élections libres et équitables et pour une atmosphère propice au multipartisme politique. Notre différence se trouve au niveau de la question de la participation et de la non-participation. Mon parti ne croit pas au boycott des élections. Nous estimons que la démocratie est un processus qui doit être nourri, qui doit évoluer", a-t-il indiqué.

Selon Bah, le boycott des élections n’aide pas l’Afrique.

"Par exemple, au Zimbabwe, le Mouvement pour le changement démocratique-Tsvangirai (dirigé par Morgan Tsvangirai) a souffert plus que tout autre parti d'opposition en Afrique, mais ils n'ont jamais cessé (de participer). Et vous le savez, le mois dernier, le peuple zimbabwéen a massivement adopté une nouvelle constitution. Cela a été le résultat d'une lutte qui se poursuit à ce jour".

Toutefois, le NRP n'a pas été en mesure de présenter des candidats pour deux sièges clé de maire – un dans la capitale gambienne, Banjul, et l'autre dans la cité commerciale de Kanifing.

Mais trois candidats indépendants disputeront le siège de maire à Banjul, et un candidat indépendant se présentera pour ce siège à Kanifing. Le parti au pouvoir occupe actuellement les deux sièges. En outre, sur les 114 sièges de conseiller, le NRP disputera seulement 10.

"Nous avons l’intention de présenter autant de candidats que possible, mais malheureusement, en dehors des questions financières, certains candidats étaient intimidés", a affirmé Bah. "C’était donc très difficile d’obtenir le nombre de personnes que nous voulions. Il semble que la plupart des gens ne veulent pas se battre contre le régime, notamment quand il s'agit d’élections".

Buba Touray, un analyste politique, est d’accord avec la philosophie de Bah, et a indiqué qu’un multipartisme dynamique en Gambie demeurerait inaccessible jusqu’à ce que l'opposition participe.

"L'opposition n’a rien compris", a déclaré Touray à IPS. "Des élections, comme les locales et les législatives, sont très importantes pour la construction et l’entretien d'un parti politique dynamique. En ne participant pas à de telles élections, ils ratent une occasion d’atteindre la base et de renforcer (leurs partis) avant les prochaines élections présidentielles".

Touray n'était pas seul dans son point de vue. Un candidat indépendant, l'une des cinq grandes figures de l'opposition du pays qui avaient défié leurs partis et disputé les élections législatives de 2012 en tant qu'indépendants, a accusé les leaders des partis d'opposition d'être égocentriques.

"Quand il y a une élection présidentielle, ils ne parlent jamais de boycott", a-t-il dit à IPS sous le couvert de l'anonymat. "Quand il est temps pour les élections législatives et locales, qui sont des occasions pour nous de faire entendre nos voix, ils disent boycott. C'est injuste".

Le leader du principal parti d'opposition, le Parti démocrate unifié, Ousainou Darboe, a déclaré à IPS que ces accusations étaient injustes.

Il a indiqué que son parti ne participerait pas aux prochaines élections dans ce pays d’Afrique de l’ouest parce que la Commission électorale indépendante (IEC) avait refusé d’appliquer les réformes promises.

"C'est à cause de notre expérience dans les élections présidentielles que nous formulons ces exigences. Lors des élections présidentielles, la commission électorale nous a donné sa parole selon laquelle nos préoccupations seraient une affaire du passé. Mais elle s'est avérée (être) pire. Vous ne pouvez pas nous dire que les garanties dont nous bénéficions maintenant tiendront debout".

"Mon parti n'a pas décidé de ne pas participer aux élections. Au contraire, nous sommes forcés de ne pas participer. Il y a une différence entre prendre la décision de ne pas participer et lorsque vous êtes mis dans une situation dans laquelle vous êtes obligé de ne pas participer", a-t-il souligné. (FIN/2013)

 

 

 

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