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MEXIQUE
"Nous ne combattons pas la pauvreté ici, nous améliorons la qualité de vie"
Emilio Godoy

SINANCHÉ, Mexique , 4 avr (IPS) - Les habitants de San Crisanto, un petit village niché dans un cadre idyllique dans l'Etat du Yucatán, dans le sud-est du Mexique, ont appris que la valorisation et la protection des ressources naturelles peuvent générer des emplois et des revenus.

L’initiative de San Crisanto, qui combine l'écotourisme et d'autres activités économiques, est un modèle pour d’autres communautés situées le long de la côte des Caraïbes du Mexique, qui est riche en biodiversité, mais exposée à des aléas climatiques imprévisibles.

Les visiteurs de San Crisanto peuvent faire des tournées en bateau, nager dans les eaux cristallines des "cenotes" ou dolines, rester dans des "éco-cabanes" respectueuses de l'environnement, et acheter des objets d'art et des bonbons à base de noix de coco localement fabriqués. En 2012, la communauté a accueilli 12.000 visiteurs, bien qu’elle ait la capacité de 50.000 par an, selon les habitants.

En outre, "nous travaillons beaucoup sur l'éducation. La majorité des gens sont très conscients de l'importance de l’entretien des ressources naturelles. Nous devons prendre soin d'elles à cause des changements climatiques, pour les protéger contre les ouragans", a déclaré Reyes Cetz, 44 ans, l'un des 35 propriétaires terriens enregistrés dans l’ejido ou village communautaire de San Crisanto.

Il n'existe pas encore de preuves scientifiques irréfutables selon lesquelles les ouragans extrêmement puissants et destructeurs de ces dernières années sont causés par les changements climatiques. Mais il est très probable que le réchauffement atmosphérique ait eu un impact sur l'intensité et la fréquence des événements météorologiques extrêmes.

En 1995, les ouragans Opale et Roxanne ont dévasté les forêts de mangroves de San Crisanto, situé à 1.400 km au sud-est de Mexico City. D'abord, les habitants se sont organisés pour réparer les dégâts. Puis ils se sont mis à renforcer l'écosystème contre les menaces futures en nettoyant les canaux à travers les mangroves, pour permettre à l'eau d’y couler librement.

"Les forêts de mangrove ont récupéré rapidement, parce que les courants d'eau leur ont apporté des éléments nutritifs. Plus il y a de forêts de mangrove, plus il existe des oiseaux, poissons et des crocodiles", a souligné José Loria, 56 ans, le directeur des opérations de "ejido", qui a créé la Fondation San Crisanto en 2001.

Le système "ejido" remonte aux Aztèques, et a été rétabli au Mexique dans les années 1930. Il est basé sur la propriété collective et l'exploitation des terres publiques. L’ejido de San Crisanto a été créé par un groupe d'agriculteurs qui ont demandé des terres auprès du gouvernement de l'Etat pour la culture de noix de coco en 1957, bien que sa création n'ait été autorisée qu'en 1973.

La communauté possède conjointement 850 hectares de forêts de mangrove et 100 hectares de cocoteraies. En plus de l'écotourisme, ils utilisent ces ressources communautaires pour l'agriculture, la production artisanale et l'extraction du sel.

Aujourd'hui, ils gagnent leur vie en "vendant le paysage", a affirmé Loria à Tierramérica. "Nous avons créé une société pour utiliser les ressources. Nous ne luttons pas contre la pauvreté ici, nous améliorons la qualité de vie".

Le revenu moyen de chaque "ejidatorio" ou propriétaire terrien communal est de 6.000 dollars par an, gagné à partir de l'écotourisme, de l'extraction du sel, et des paiements pour des services environnementaux comme le reboisement et la protection des forêts de mangrove. Ces diverses activités fournissent des emplois à 300 personnes.

"Au cours de ces derniers mois - entre février et mai - nous nous concentrons sur l'extraction du sel et la préparation de la saison touristique", a indiqué Cetz à Tierramérica. Cette année, ils ont déjà produit 250 tonnes de sel, que l'ejido vend à 39 dollars la tonne.

Depuis 2001, la communauté a restauré 11.300 mètres de canaux dans les forêts de mangrove et 45 "cenotes" alimentés par des sources d'eau souterraines. Bien que ces efforts aient réduit le risque d'inondation, ils ont également entraîné la croissance des populations des espèces endémiques.

La zone située autour de San Crisanto, où vivent 570 habitants, est exposée aux ouragans et aux vagues de tempête causées par une augmentation du niveau de la mer, ce qui signifie qu'il y a ici un besoin urgent de s'adapter aux variations climatiques.

Mais l'Etat du Yucatán, très vulnérable à ces problèmes et largement étudié par des scientifiques, n'a toujours pas élaboré un plan pour faire face aux changements climatiques.

Le Mexique perd 10.000 hectares de forêts de mangrove par an. Il y a actuellement plus de 770.000 hectares de ces écosystèmes côtiers dans le pays, selon la Commission nationale pour la connaissance et l'utilisation de la biodiversité (CONABIO).

Si le rythme actuel de destruction se poursuit, d'ici à 2025 Yucatán aura perdu près de 30 pour cent des forêts de mangrove qu'il avait en 2010, selon les projections de l'Institut national d'écologie et de lutte contre les changements climatiques.

Les forêts de mangrove, constituées de nombreuses espèces d'arbres adaptés aux sols marécageux et salins, offrent un habitat à une gamme variée d’animaux, servent comme un filtre naturel de l'eau, et protègent les zones côtières contre les vagues de tempête, les ouragans et l'érosion. Pendant qu’ils poussent, ces arbres absorbent de grandes quantités de dioxyde de carbone.

Leur destruction à Yucatán est en grande partie la conséquence de l'urbanisation et du développement du tourisme, en particulier l'hôtellerie. D'autres menaces comprennent des polluants provenant des engrais, pesticides et des eaux usées qui sont déversées dans les mangroves par les rivières et les ruisseaux.

Dans cette région, "il y a deux éléments fondamentaux" qui doivent être protégés: les barrières côtières fournies par les récifs coralliens et les forêts de mangrove, a souligné Lorenzo Rosenzweig, directeur exécutif du Fonds mexicain pour la préservation de la nature, une organisation non gouvernementale.

"La meilleure façon de protéger les côtes, c’est de protéger les mangroves", a-t-il déclaré à Tierramérica.

* Cet article a été initialement publié par des journaux d’Amérique latine qui font partie du réseau Tierramérica. (FIN/2013)

 

 

 

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