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ETHIOPIE
Construire une meilleure région Somali
William Lloyd-George

JIJIGA, Ethiopie, 4 avr (IPS) - Depuis plus de deux décennies, la région Somali, dans l'est de l'Ethiopie, est dévastée par une insurrection épuisante. Piégée dans une distorsion spatio-temporelle, elle a été oubliée et sous-développée.

Mais au cours de ces dernières années, grâce au renforcement de la sécurité dans la région, un hôtel cinq étoiles, des entreprises éco-touristiques et même un grand abattoir sont en train d’être construits par l'ancienne communauté de la diaspora.

Cela se passe après que le gouvernement régional a encouragé les gens à revenir pour soutenir le développement dans ce pays de la Corne de l'Afrique à travers des campagnes mondiales menées dans des pays comme les Etats-Unis et le Royaume-Uni.

"Pendant des années, je pensais que c'était simplement trop dangereux de revenir", a déclaré à IPS, Zara Wale Abas, qui s'était installée au Danemark. "Lorsque le vice-président de la région est venu et nous a montré le développement en cours, j'ai été vraiment surprise et je voulais y retourner et vérifier cela moi-même".

Pour beaucoup de gens qui se souviennent de Jijiga en tant qu’une région oubliée et déchirée par la guerre, des photos de nouveaux hôpitaux, de nouvelles routes, écoles et de nouveaux ponts - bien que toujours très peu nombreux - ont inspiré beaucoup à faire ce qu'ils estimaient être un pas courageux: rentrer chez eux pour voir le développement eux-mêmes. Au cours de ces deux dernières années, plus de 300 personnes sont rentrées, partiellement et définitivement, pour travailler sur différents projets.

En 2011, Abas est venue à Jijiga et a fini par construire un hôtel éco-touristique, qui, espère-t-elle, attirera la diaspora et des touristes. "C'est peut-être encore juste quelques personnes qui sont rentrées, mais compte tenu de l'insécurité que la région a connue pendant si longtemps, c'est un grand pas pour notre peuple".

Selon Axmed Maxamad Shugri, chef du Bureau gouvernemental régional de la diaspora, qui assiste ceux qui reviennent, la raison principale pour laquelle tant de personnes sont restées loin de la région pendant si longtemps est la désinformation propagée par le Front national de libération de l'Ogaden (FNLO).

"Le FNLO dit à la diaspora que la région Somali est une zone de guerre", a-t-il dit à IPS. "Pendant des années, personne n'a même pensé à revenir, c’est donc vraiment important que les gens commencent à le faire. C'est juste le début et il faut que tout le monde revienne pour aider la région à se développer".

Le FNLO est en grande partie composé des gens de l’Ogaden, un clan somalien qui lutte pour un Etat indépendant dans la région depuis la chute du pouvoir en 1991 du dictateur éthiopien, Mengistu Haile Mariam. Le FNLO est actuellement en négociations de paix avec le gouvernement éthiopien. Mais après qu’il a pris les armes, c’est près de deux décennies d'insurrection sanglante qui ont suivi, avec des civils souvent pris pour cible par les deux parties.

En conséquence, diverses agences humanitaires ont été empêchées de travailler dans la région, où les habitants ont souffert de plusieurs sécheresses dévastatrices. Bon nombre des cinq millions d’habitants, qui vivent dans la région, mènent simplement une vie pastorale, et l'absence de paix et d'eau a sérieusement perturbé leur existence fragile.

Mais une police régionale ou une milice d'Etat, la police Liyu, qui est composée de soldats issus des communautés locales, a réussi à réduire considérablement la force du FNLO au cours des dernières années, selon le gouvernement régional. Face aux critiques des activistes pour des atteintes aux droits humains, les chefs de la Liyu ont déclaré à IPS qu'ils font des efforts pour réformer la force.

Ahmed Haybe Mohamoud, un homme d'affaires qui vivait à Francfort, en Allemagne, au cours des 30 dernières années et qui est rentré récemment, a affirmé à IPS: "Pendant des années, l'insurrection état trop forte (pour que) j’envisage même de revenir et vivre en paix. Mais aujourd’hui, les grandes villes sont protégées et je pense que c'est le bon moment d’investir dans la région et d’aider mon peuple".

Mohamoud a rassemblé les investissements de sa famille élargie, qui a demandé l'asile à travers le monde, et est en train de construire le premier hôtel cinq étoiles de Jijiga.

Le même sentiment a été partagé par un autre investisseur rentré récemment, Jamal Arab. Lui et sa famille ont demandé l'asile dans l'Etat du Minnesota aux Etats-Unis, où il travaillait dans une entreprise de fabrication jusqu'à ces derniers temps.

A Fafan, un village situé à 30 kilomètres de Jijiga, Arab et quatre autres investisseurs sont en train de construire un grand abattoir.

"Cela apportera un revenu décent à beaucoup de gens dans la région", a souligné Arab à IPS. "En plus d'augmenter la quantité de viande achetée et exportée à partir de la région, nous embaucherons également un grand nombre de personnel".

Arab a ajouté que rien n'aurait été possible sans la nouvelle route qui traverse le village, le reliant à Jijiga et aux grandes villes proches de la capitale éthiopienne, Addis-Abeba.

A travers le centre de Jijiga, passe une large autoroute moderne, dotée de grands lampadaires efficaces. Des projets de construction se trouvent un partout le long de la voie, sur toute la longueur de la ville. Des centres commerciaux, des hôtels cinq étoiles et de nouveaux restaurants sont prévus, la construction ayant débuté pour bon nombre.

La ville dispose maintenant d'un nouvel hôpital et d’une université, et les responsables du gouvernement régional affirment que c'est un nouveau départ pour la région.

"Maintenant, vous pouvez voir que nous sommes en plein essor, la région est en sécurité, il est temps que tout le monde revienne, investisse chez lui, et aide son peuple", a déclaré à IPS, Abdullahi Yusuf Werar, le vice-président de la région. (FIN/2013)

 

 

 

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