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CONGO
Les populations saluent les réalisations chinoises
Arsène Séverin

BRAZZAVILLE, 5 avr (IPS) - Le président chinois Xi Jinping a accordé, lors de sa visite fin-mars à Brazzaville, un don de plus de 11 millions de dollars au Congo pour la réalisation de nouveaux projets, à partir de 2013, dont la construction d'un port minéralier et de 200 logements sociaux.

Ce financement couvre aussi la poursuite des travaux d’un barrage hydroélectrique de 19 mégawatts à Liouesso, dans le nord-ouest du pays, dont la construction avait été lancée en 2012.

Le président Jinping a également annoncé un autre financement de 62 millions de dollars pour la construction d’un port fluvial à Oyo, dans le nord du Congo, un pays pétrolier d’Afrique centrale.

Mais les ouvrages déjà réalisés par la Chine semblent être bien appréciés par les populations qui profitent de leurs retombées socioéconomiques.

Grâce à la route bitumée Pointe-Noire - Dolisie, 160 kilomètres, construite en 2012 par les Chinois, Antoine Ngoro, producteur agricole, écoule désormais rapidement ses produits à Pointe-Noire, la capitale économique du Congo-Brazzaville, dans le sud du pays.

Deux heures et demie suffisent pour relier les deux villes. "Avant, on restait cinq à six jours dans un bourbier, et toute la cargaison de bananes pourrissait sous nos yeux", se souvient Ngoro.

Cette route a été entièrement financée par la Chine à hauteur de 750 millions de dollars, suite à un accord-cadre de coopération signé en juin 2006 avec le Congo. Cet accord a également permis la réalisation, en 2012, d’une autre route de 126 km, entre Owando et Makoua-Mambili, dans le nord, avec 53 millions de dollars.

"On ne pouvait pas voyager avec un colis frais, car tout s’abîmait. Aujourd’hui, une seule journée suffit pour arriver à Brazzaville", témoigne à IPS, Jérôme Okassou, commerçant résidant à Boundji (nord du pays).

Ces routes, comme d’autres, permettent aux populations d’évacuer leurs produits à temps vers les centres de consommation. "Je fais deux voyages par jour entre Pounga et Pointe-Noire pour vendre mes tomates. Ce que je gagne aujourd'hui, en une journée, représente mes économies de trois mois avant", affirme Georges Mavoungou, un autre producteur agricole.

La mise en service, en 2011, du barrage hydroélectrique d’Imboulou, de 120 mégawatts, a apporté le courant dans plusieurs petits villages du Congo. La Chine a apporté 85 pour cent des 280 millions de dollars nécessaires à la réalisation de cet ouvrage.

"Les paysans ont changé d’activités et leur mode de vie ici; ils fabriquent des boissons glacées et les rues sont éclairées par des lampadaires", constate Aloïse Obambi, sous-préfet de Ngo, dans le centre du pays.

"C’est grâce à Imboulou que nous avons le courant depuis 2012 à Gamboma (centre). Notre ville est créée il y a 100 ans, mais jamais nous n’avions eu le courant électrique ici. On peut donc dire merci aux Chinois", se réjouit Alfred Mboussa, habitant de cette ville.

En 1978 déjà, les Chinois avaient construit à Moukoukoulou, dans le sud ouest du pays, un barrage hydroélectrique de 72 Mégawatts.

La Chine a investi 290 millions de dollars dans la construction d’une usine d’eau à Brazzaville qui sera achevée en décembre 2013, selon les autorités. Elles estiment que cet ouvrage pourra réduire jusqu’à 80 pour cent les pénuries d’eau dans la capitale congolaise, peuplée d’environ 1,2 million d’habitants.

"Depuis plusieurs semaines, l’eau ne coule plus du robinet. Nous souffrons et nous attendons cette nouvelle usine", affirme Suzanne Ekambi, une habitante de Brazzaville.

Actuellement, 27 médecins chinois séjournent au Congo dans le cadre d’une mission médicale. Plusieurs hôpitaux dans le pays sont aussi construits par les Chinois, comme celui de Mfilou que vient d’inaugurer le président chinois, lors de sa visite à Brazzaville. La Chine a financé sa construction à hauteur de 10 millions de dollars.

Par ailleurs, l’aéroport Maya-Maya de Brazzaville est en cours de reconstruction et de modernisation par les Chinois, grâce à un financement de 115 millions de dollars, selon le gouvernement congolais.

Malgré ces réalisations, plusieurs Congolais dénoncent les bas salaires dans les chantiers chinois qui emploieraient un grand nombre d’ouvriers venus de Chine. Sur la route Pointe-Noire - Brazzaville, on compte 1.800 travailleurs chinois sur un total de 6.000 ouvriers.

"Nous ne savons pas combien ils gagnent, mais je crois qu’ils sont mieux payés que nous qui percevons entre 30.000 et 75.000 francs CFA (entre 60 et 150 dollars)", se plaint Eudes Moukimou, un ouvrier congolais sur un chantier de construction à Brazzaville.

L’économiste Julien Ndoudi estime que les entreprises chinoises doivent favoriser l’emploi au Congo. "Les Chinois sont trop nombreux sur ces chantiers, alors que plus de 40 pour cent de jeunes Congolais ploient sous le chômage", dit-il à IPS.

Selon le Bureau économique de l’ambassade de Chine à Brazzaville, 18 entreprises chinoises sont installées au Congo. Mais, le bureau ne donne pas le nombre exact des travailleurs chinois.

En outre, plusieurs critiques affirment que l’argent apporté par la Chine dans le développement du Congo constituera une dette colossale à rembourser plus tard.

Pourtant, Gilbert Biassala, professeur d’économie à l’Université de Brazzaville, affirme que le pays est suffisamment averti. "Le Congo était super-endetté, mais grâce à l’initiative PPTE (Pays pauvres très endettés), tout est annulé; et il ne peut plus aller emprunter à des taux prohibitifs".

"Il doit chercher des partenaires qui lui prêtent de l’argent à des taux concessionnels, et la Chine le fait à des taux bonifiés, quasiment à zéro pour cent", ajoute-t-il. (FIN/2013)

 

 

 

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