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ILE MAURICE
Investir dans l’énergie renouvelable signifie investir dans la vie
Nasseem Ackbarally

PORT-LOUIS, 5 avr (IPS) - Les habitants d'Albion, un petit village à Pointe-aux-Caves, dans l'ouest de l’île Maurice, affirment qu'en s'opposant à la construction d'une nouvelle centrale électrique à charbon près de leurs maisons, ils défendent leur droit constitutionnel à la vie.

"Quelle catastrophe qui arrive à notre région", déclare Ed Laverdure, pendant qu’il est assis sous la véranda d'une boutique à Albion, à moins de deux kilomètres de l'endroit où la 'CT Power (Mauritius) Ltd', la société chargée de construire et d'exploiter la centrale, défriche la terre pour la construction.

Au cours des six derniers mois, les habitants d'Albion et des activistes de l'environnement ont protesté contre la construction d'une centrale électrique à charbon de 100 mégawatts (MW), commandée par le Conseil central de l’électricité (CEB) du pays. Ils ont également demandé à la Cour suprême d'arrêter le projet affirmant qu'il leur causera, ainsi qu’à l'environnement de cette nation insulaire de l'océan Indien, des dommages irréparables. La cour examinera leur dossier le 6 mai.

Le 4 avril, les habitants ont fait ce qu'ils espéraient être un pas important dans l'arrêt de la construction de l'usine. Ils ont présenté, lors d'une audience à huis clos, leurs objections au sujet de la centrale à la Commission nationale de l'énergie, qui a été créée par le gouvernement suite au récent tollé général par rapport à la question.

Cette commission, qui comprend des représentants de haut niveau du gouvernement, des scientifiques du Conseil de recherche de l’île Maurice et de l'Université de Maurice, des écologistes et des syndicalistes, a été invitée par les habitants d'Albion à arrêter le projet et à s'assurer que le gouvernement abandonne l'utilisation des quatre centrales électriques à charbon existantes dans le pays, qui ont été installées au début des années 2000.

"Elles ne doivent pas être autorisées à être rénovées et à disposer de leur utilité élargie avec de nouvelles unités à charbon. Toute nouvelle centrale électrique doit être (construite en utilisant) des sources d'énergie renouvelables", ont indiqué les habitants dans leur requête.

Actuellement, l’île Maurice produit environ 438 MW d’énergie, qui couvre quelque 420.000 ménages et industries de consommation.

Environ 22 pour cent de l'électricité du pays provient de sources renouvelables telles que l'hydroélectricité, l'énergie éolienne et la bagasse. Mais des centrales à combustibles fossiles génèrent environ 50 pour cent de toute l'électricité produite localement, les centrales à charbon représentant 30 pour cent. Selon le CEB, l’île Maurice aura besoin de 100 MW supplémentaires d'électricité d'ici à 2015 pour éviter une pénurie d'énergie dans ce pays de 1,3 million d'habitants.

Vassen Kauppaymuthoo, un ingénieur en environnement, explique à IPS que l'impact de la centrale sur la population sera considérable.

"L'environnement, l'économie et même la vie sociale sur l'île seront touchés", dit-il. "Environ 1.600 tonnes de charbon seront transportées quotidiennement par voie routière depuis le port jusqu’à la centrale, provoquant: des embouteillages et la pollution sur la route, des émissions de cendre, la libération de métaux lourds dans l'air, et la contamination de l'eau souterraine si la cendre n’est pas enterrée dans le sol avec une grande précaution.

"La mer à proximité (sera polluée) et 900 grammes de dioxyde de carbone seront libérés pour chaque kilowatt d'électricité produite. Telles sont quelques-unes des conséquences", ajoute Kauppaymuthoo.

Keshwar Beeharry-Panray, un écologiste et directeur général de l'Organisation pour la protection et la préservation de l'environnement, une ONG pour la préservation de l'environnement, estime que les habitants pourraient être confrontés à de graves risques sanitaires, y compris le développement des maladies respiratoires telles que l'asthme, et les éruptions cutanées.

Beeharry-Panray se demande le type de technologie qui sera utilisé à la nouvelle centrale à charbon.

"Tout le monde sait que la technologie moderne pour réduire la pollution au maximum est très coûteuse. La (CT Power) y investira-t-elle? Pas sûr. Elles (les sociétés d'électricité) disent toujours qu'elles veilleront à la pollution, mais quand il s'agit de la mise en œuvre réelle, rien ne se passe et même les autorités oublient cela", indique-t-il, se demandant si le ministère de l'Environnement et du Développement durable est équipé pour surveiller les activités des sociétés d'électricité qui opèrent.

Le CEB déclare sur son site Internet qu'en raison de la restructuration et de la privatisation, il produit 40 pour cent de l'électricité du pays, le reste étant produit par des sociétés indépendantes.

Mais selon le CEB, l’île Maurice a des sources d'énergie exploitables limitées.

"Si ce nouveau projet n’est pas réalisé, nous aurons à utiliser plus d’essence pour produire de l'électricité. Nous avons besoin de 100 MW d'électricité supplémentaire très rapidement parce que ce qui est le plus important de tout cela, c'est que la population doit avoir son électricité", affirme à IPS, Shiam Thannoo, directeur général du CEB.

Il remarque qu'il y a une limite à l'utilisation de l'énergie renouvelable, puisque les coûts d'investissement élevés constituent le principal obstacle. Cependant, le CEB envisage de construire une centrale éolienne de 20 MW tous les trois ans à partir de 2017, et une centrale solaire de 10 MW tous les trois ans à partir de 2013.

Mais Suttyhudeo Tengur, directeur de l'Association pour la promotion de l'environnement et des consommateurs, une ONG, croit qu’une petite île comme Maurice n'a pas d'autre choix que d'utiliser l'énergie thermique puisque seuls l’essence et le charbon sont disponibles ici, qui "malheureusement polluent l'environnement et affectent notre santé..." (FIN/2013)

 

 

 

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